De la noblesse et de l’aristocratie

L’aristocratie est une manière de gouverner, comme la monarchie qui est le pouvoir d’un seul qu’il soit Roi, une monarchie royale, ou non, élu, un tyran (le terme vient d’un dictateur élu pour un temps dans une République hellénique), ou autre…
La noblesse c’est autre chose, c’est d’abord une qualité, malheureusement pas héréditaire. C’est aussi un titre ou une distinction héritée, le plus souvent de père en fils aîné (agnatique) qui peut offrir un pouvoir ou une charge, lui aussi héréditaire. C’est là que la noblesse se confond avec l’aristocratie. Elle oblige alors à une éducation, surtout morale, à la hauteur de la charge. Elle devrait en tout cas !
L’aristocratie nobiliaire française est très variée et différente, puisqu’elle peut être née de l’Ancien régime, de l’Empire et dans une certaine mesure de la République. Si tous les Français (de sang) descendent bien de leur premier Roy Clovis, ils n’existent plus de descendants agnatiques de celui-ci. Un français sur deux est fils de Saint Louis, il n’y a donc rien d’extraordinaire, mais un seul est son descendant agnatique. Ce serait aujourd’hui Louis de Bourbon dit Louis XX.
Il reste une centaine de familles de noblesse d’épée, chevaleresque ou féodale, qui fut en partie corrompue par Louis XIV. Il fera marier ses bâtards, qu’il aura eu dans l’adultère, à la plus haute noblesse (de cour). Ce n’est pas le modèle de Saint Louis, de Louis VIII, et de quelques autres…
Nous avons retrouvé encore cette dernière dans la fronde, et pire encore dans le schisme protestant qui n’aurait jamais eu voix au chapitre sans elle, flattée par le déterminisme protestant que l’on retrouvera dans le Jansénisme : servir et jouir plutôt que de servir humblement et obéir justement. Ces gens rentraient dans les églises à cheval pour les mettre à sac, ils ont inspiré les révolutionnaires. De qui détiennent-ils leur rang, sinon de Dieu et du Roy ?
Heureusement qu’une autre partie de la noblesse a combattu cette terrible hérésie, fidèle à l’Église et au roi. L’hérésie protestante en France, de François 1er, un roi qui s’allia aux Mahométans après avoir encouragé le protestantisme chez Nous, avant de rencontrer sur la porte de sa chambre les exigences délirantes de cette engeance capricieuse, fixées par un poignard sur la porte de sa chambre ! À Henri IV, protestant par sa mère qui interdisait et soumettait au martyre la vraie Religion catholique sur ses Terres. Il est naturel que son intronisation posât une impossibilité à la Ligue Catholique. À qui devons-nous obéir d’abord, sinon au Christ et Son Église malgré sa dimension humaine si imparfaite ?
Heureusement que Louis XIV mettra un terme à cette chienlit qui constituait un État dans L’ÉTAT. Ils se vengeront avec les autres États confédérés et les traîtres qui se nommer ont patriotes durant leur Révolution ! Ils tueront le Père de la Nation avant de vouloir s’émanciper du Père Créateur, violant méthodiquement les Dix Commandements dès le départ de leur folie.
Pour les révolutionnaires, citons par exemple Talleyrand issu de la haute noblesse, évêque par sa naissance, ce qui témoigne de la corruption gallicane de l’Église en France alors. Élu dans le collège du clergé lors des États Généraux, comme il aurait pu l’être de celui de la noblesse. Ces deux Ordres refusaient la juste réforme fiscale Calone voulue par Louis XVI, visant à étendre l’impôt au clergé et à la noblesse, noblesse déjà à l’époque issue majoritairement de l’argent, par la robe, par le commerce, par la banque… Et ayant infiltré le Clergé. Ces messieurs voulaient échapper à l’impôt et aspiraient à l’ascenseur social, à la carrière. Magistrats, charge héréditaire et entreprise chèrement payée, leurs jugements avaient trop souvent un prix, celui du plus offrant et non celui de l’honneur, de la Justice et de la Vérité. Un « syndicat de la magistrature » du crime. Que restait-t-il de la réforme inquisitoriale de Saint Louis ?
Talleyrand, favorable à la Constitution Civile du Clergé (ce qui ne lui interdit pas d’assister au couronnement de Charles X ensuite), propose la réquisition des biens de l’Église, mettant en grave difficulté les plus pauvres qui bénéficiaient des communs, de la charité, de l’éducation, de la médecine du clergé. Il avait tous les vices et les 16 quartiers de haute noblesse ! De la merde dans un bas de soie, disait de lui Napoléon Bonaparte.
Heureusement qu’une autre partie de la noblesse (de Province) a bien voulu défendre l’Église et les petites gens venus les chercher.
Je connais quelques descendants agnatiques de la noblesse d’épée, dont les origines sont millénaires, je les trouve touchants et je les aime comme on aime des témoins admirables de Nous. Souvent acquis, et même conquis par la République, malgré la violation systématique des Dix Commandements, ils sont généralement Conciliaires ; leur maigre fortune passe dans l’entretien d’un château lorsqu’ils ont pu le conserver. D’autres sont des usurpateurs, et ils sont nombreux. Ils ne sont par exemple pas descendants agnatiques mais sont appuyés dans leur titre par la République ! Parfois le titre a été « relevé » auprès du Conseil d’État de la République, en fait acheté, c’est le cas d’un ancien Président de la Ve République.
En tout cas la particule oblige, et même bricolée, elle fait son effet sur ceux qui la portent comme sur ceux qui l’admirent, elle grandit même ; certains patronymes complètement fantasques rivalisent de poésie et de mensonges, le meilleur du marketing ! Peu importe que la particule désignât au départ les branches cadettes, donc non agnatiques, de la noblesse (guerrière).
Aujourd’hui, nous subissons une aristocratie républicaine qui tient tout, et dont la particularité est qu’elle est dénuée de toute noblesse. Au contraire, son ignominie est une garantie d’appartenance.
Nicolas ZAHAR
Laisser un commentaire
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.