Coronavirus : « Nous allons distribuer 100.000 masques en prison », annonce Nicole Belloubet

INTERVIEW Nicole Belloubet, la ministre de la Justice, dévoile pour « 20 Minutes » les mesures mises en place dans les prisons pour éviter la propagation du coronavirus

640x410_paris-14-avril-2019-nicole-belloubet-ministre-justice-visite-prison-sante-parisParis, le 14 avril 2019. Nicole Belloubet, la ministre de la Justice, visite la prison de la Santé, à Paris. — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

  • En raison de l’épidémie du coronavirus et du risque de propagation, les parloirs vont être suspendus à partir de ce mercredi dans les prisons de France.
  • Pour éviter un risque de mutinerie dans les établissements, Nicole Belloubet appelle les détenus « à la responsabilité ».
  • Pour rassurer les personnels, elle annonce également la distribution de 100.000 masques dans les jours à venir.

C’est devenu un rituel. Tous les soirs, Nicole Belloubet, la ministre de la Justice, participe à une réunion en visioconférence avec les responsables de l’administration pénitentiaire. Le but ? Faire le point sur la propagation de l’épidémie de coronavirus derrière les barreaux. « Selon le dernier bilan, nous dénombrons un cas positif chez un détenu de la prison de Fresnes (Val-de-Marne). Et trois cas parmi le personnel de l’établissement : deux infirmières et la directrice des ressources humaines », révèle-t-elle ce mardi à 20 Minutes.

Alors qu’Emmanuel Macron a annoncé, lundi soir, le confinement de tous les Français, la garde des Sceaux a accepté de répondre aux questions de 20 Minutes pour dévoiler comment les mesures mises en place dans les prisons afin de limiter les risques de propagation pour les 70.000 détenus français…

Pour éviter que le coronavirus ne se propage dans les prisons, vous avez donc décidé de suspendre les parloirs familiaux…

Je n’ai pas interdit les parloirs. Mais, au regard des mesures de restriction, les familles seront dans l’impossibilité d’y accéder. Ils vont donc être suspendus pendant une période provisoire. C’est une conséquence des mesures annoncées, lundi soir, par le président de la République.

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A l’annonce de cette mesure, ce mardi, des dizaines de détenus de la maison d’arrêt de Grasse (Alpes-Maritimes) ont tenté de se mutiner…

Il y a eu des mouvements, en effet. Mais, au moment où je vous parle, c’est terminé. Tous les détenus sont retournés en cellule. C’est pour cela que nous devons donner des explications extrêmement claires aux détenus et aux personnels sur la situation actuelle. Pour éviter ce genre de mouvement.

Quelles explications ?

Il faut faire preuve de pédagogie, avoir les bonnes explications, indiquer que ces mesures sont temporaires. J’en appelle à la responsabilité des détenus. Il faut que chacun comprenne que la priorité est de gérer l’épidémie.

Dix détenus ont perdu la vie dans des mutineries en Italie après l’arrêt des parloirs. Des prisonniers se sont échappés au Brésil. Avez-vous peur que la situation ne dégénère aussi dans les prisons françaises ?

Je n’ai pas peur, parce que cela fait plusieurs semaines que nous avons pris des mesures progressives. Tout cela ne se fait pas du jour au lendemain.

Lire la suite : 20 Minutes

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« Quand les décisionnaires achètent une fois de plus la paix sociale…parce qu’il est évident que le public auquel nous faisons face restera à plus d’1m….???? et il ne faudrait surtout pas faire peur avec un masque en tissu !!!

⚠️ Le ras-le-bol est plus que générale, la colère est palpable, la tension à son maximum et notre emploi sera une fois de plus extrêmement sollicitée. ⚠️ »

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