Contrôles routiers : « Un toutes les 37 minutes »… Les gendarmes confrontés à une forte augmentation des refus d’obtempérer

Les refus d’obtempérer en zone gendarmerie ont augmenté de 19 % en 2021. Leur nombre est passé de 11.488 en 2018 à 13.690 l’an passé, indique le rapport annuel de l’inspection générale de la gendarmerie nationale.

L’article de 20 Minutes ici

Source : Police & Réalités

Contrôles routiers : « Un toutes les 37 minutes »… Les gendarmes confrontés à une augmentation des refus d’obtempérer

SECURITÉ Les refus d’obtempérer en zone gendarmerie ont augmenté de 19 % en 2021. Leur nombre est passé de 11.488 en 2018 à 13.690 l’an passé, indique le rapport annuel de l’inspection générale de la gendarmerie nationale

  • L’usage des armes à feu par les gendarmes pour immobiliser des véhicules a augmenté entre 2020 et 2021, puisqu’il concerne désormais 17 % des 88 faits pour lesquels les militaires ont tiré l’an passé (contre 9 % en 2020).
  • Par ailleurs, l’IGGN avait été saisie en 2021 de 59 nouvelles enquêtes judiciaires, un chiffre en légère baisse par rapport à l’année précédente. En tout, 111 enquêtes sur des affaires impliquant des gendarmes ont été menées l’année dernière.
  • Enfin, un magistrat a été nommé n° 2 de l’IGGN à compter de septembre prochain. Il s’agit du juge Jean-Michel Gentil, actuellement vice-président chargé de l’instruction au tribunal judiciaire de Paris, connu du grand public pour avoir mis en examen Nicolas Sarkozy en 2013.

Les refus d’obtempérer en zone gendarmerie ont augmenté de 19 % en 2021. Leur nombre est passé de 11.488 en 2018 à 13.690 l’an passé. « Un toutes les 37 minutes », s’inquiète le général Alain Pidoux, qui dirige l’inspection générale de la gendarmerie nationale depuis deux ans. Absence de permis, conduite en état d’ébriété… Les raisons qui amènent les conducteurs à ne pas se soumettre à un contrôle de forces et à de l’ordre et à prendre la fuite sont multiples. Plusieurs gendarmes ont été blessés mais aucun n’a été tué l’an dernier dans ce type de situation, tandis qu’en 2020, une jeune militaire était décédée après avoir été percutée sur un barrage routier, dans le Lot-et-Garonne, à Port-Sainte-Marie.

Conséquences : l’usage des armes à feu par les gendarmes pour immobiliser des véhicules a augmenté entre 2020 et 2021, puisqu’il concerne désormais 17 % des 88 faits pour lesquels les militaires ont tiré l’an passé (contre 9 % en 2020), soit une quinzaine de tirs. Le général Pidoux, qui présentait ce mercredi le rapport annuel de l’IGGN, a loué la « grande maîtrise » des personnels confrontés à ce genre de situation périlleuse. « Tout réside dans la formation, dans l’accompagnement, dans la préparation de ces contrôles », assure l’officier. Les gendarmes, dit-il, « ne doivent pas se mettre en difficulté ». « L’objectif n’est pas spécialement d’arrêter la voiture tout de suite, mais de pouvoir la jalonner sur un parcours, puis de la stopper pour enfin la contrôler et savoir pourquoi cette personne a souhaité se soustraire à un contrôle de la gendarmerie. »

Des « moyens électroniques » pour arrêter les voitures ?

Par comparaison, du côté de la police nationale, le recours à l’arme dans ce type de cas s’est stabilisé depuis trois ans autour de 150 tirs annuels. Ces tirs constituent « toujours la majorité des tirs opérationnels (60 %) » des policiers, notait l’IGPN, la police des polices, dans son rapport annuel. Les « bœufs carottes » soulignaient pourtant que le résultat de l’usage de l’arme à feu n’était pas « toujours probant, les mis en cause parvenant, le plus souvent, à prendre la fuite ».

Lors des contrôles routiers, les gendarmes peuvent utiliser des herses pour empêcher les contrevenants de leur échapper. « Demain, peut-être que nous aurons des moyens électroniques qui nous permettront d’intercepter des véhicules plus facilement, espère le général Pidoux. Nous devons y réfléchir, peut-être avec les gens qui construisent ces voitures. On parle de voitures qui se conduisent toutes seules. Mais peut-être qu’on doit réfléchir aussi sur d’autres modalités pour arrêter les voitures. »

Un magistrat nommé n° 2 de l’IGGN

Par ailleurs, l’officier a indiqué que l’IGGN avait été saisie en 2021 de 59 nouvelles enquêtes judiciaires, un chiffre en légère baisse par rapport à l’année précédente. En tout, 111 enquêtes sur des affaires impliquant des gendarmes ont été menées l’année dernière, et 57 affaires ont été clôturées. Les nouvelles enquêtes judiciaires ont concerné en grande majorité des faits de violence avec ou sans arme imputés à des gendarmes. Du côté des signalements de particuliers, 987 ont été déposés en 2021, dont un quart pour des refus de prise de plainte. L’IGGN a par ailleurs mené 41 enquêtes administratives, contre 35 en 2020, soit une augmentation de 17 %, dont une majorité a concerné le harcèlement moral au travail.

Alors que l’IGPN, la « police des polices » fait l’objet de critiques, accusée notamment de manquer d’indépendance dans les dossiers de violences policières, une magistrate, Agnès Thibault-Lecuivre a été nommée mercredi à sa tête. Côté gendarmerie, le général Pidoux a annoncé l’arrivée, en septembre prochain, du juge Jean-Michel Gentil comme numéro 2 de l’IGGN. « C’est un magistrat très expérimenté », note le général Pidoux au sujet du magistrat, actuellement vice-président chargé de l’instruction au tribunal judiciaire de Paris, connu du grand public pour avoir mis en examen Nicolas Sarkozy en 2013. « C’est bien d’avoir des regards croisés », assure l’officier avant de conclure de conclure : « J’ai besoin de ce regard extérieur, de cette expertise que Jean-Michel Gentil va apporter. Et je me réjouis de l’avoir dans l’équipe. »

Source : 20 Minutes

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