Chronique d’un 2 mai annoncé

Chronique d’un 2 mai annoncé

Dans un pays purement imaginaire, disons à l’ouest de l’Europe, des élections présidentielles approchent. Elles sont programmées par le plus grand des hasards – bien entendu  pour que le deuxième tour, soit le 2 mai tombe le lendemain du premier mai. On aurait pu avancer ou retarder d’une semaine les deux tours mais non….

Et oui le hasard fait bien les choses car, si la Loi de ce pays interdit formellement tout acte de propagande et toute manifestation politique durant le jour qui précède le scrutin, il est évident, et cela a totalement échappé à tout le monde (hum..hum..) qu’il sera impossible d’interdire la traditionnelle fête du 1er mai et surtout ses défilés…

Alors dans ce pays imaginaire et bien voyons comment cela va se passer :

Le candidat, largement en tête et donné gagnant par les sondages, ne plaisant pas mais alors pas du tout à l’oligarchie en place à Bruxelles ( définition d’oligarchie selon le Larousse : Régime politique où l’autorité est entre les mains de quelques personnes ou familles puissantes ) il convient donc de réagir fermement pour empêcher que cela advienne.

Le 1er mai au matin d’immenses colonnes de manifestants dans toutes la France, rameutées pas le service dit public médiatique et les valets de l’oligarchie, au nom de la défense de la démocratie – la défense de la démocratie ne consistant donc pas à respecter le choix des électeurs mais à respecter le choix de l’oligarchie, vont défiler dans toutes les rues du pays, mobilisant un maximum de policiers et de gendarmes. Comme à l’habitude, les réseaux Black-Blocks venus de toutes l’Europe seront de la partie, encouragés comme de coutume à œuvrer dans la tranquillité durant un certain laps de temps, le temps que des vitrines soient pillées, des magasins incendiés, des voitures brulées, quelques femmes violées, quelques adolescents égorgés etc.

Au cas où ça ne dégénèrerait pas assez vite, quelques coups de feu seraient tirés par on ne sait qui sur on ne sait quoi mais il en résulterait des blessés – salauds de flics, ils ont ouvert le feu !

L’après midi les manifestants apprenant que la police a (aurait ?) tiré – faits non avérés mais largement diffusés en boucle, commencent à investir les préfectures, des commissariats sont attaqués avec des mortiers, quelques voitures enflammées jetées contre des gendarmeries, les pompiers surpassés par des débuts d’incendies partout dans les banlieues qui se soulèvent comme si la France avait gagné le Mondial, bref le grand désordre à côté duquel l’opération Maïdan ressemblerait plutôt à une partie entre amis de bonne compagnie.

Les forces de l’ordre totalement dépassées, des manifestant tués par balles, des gendarmes au sol idem, le président sortant ( et bientôt sorti ?) à 20 h, mine grave de circonstance, prenant la parole à la télévision, c’est à dire les seules chaines d’informations aux ordre dudit président, les autres et surtout la maudite chaine située entre la 13eme et la 15eme étant réduite au silence depuis plusieurs mois sous les coup d’un organisme de censure totalement indépendant puisque mis en place par ce président, lequel déclare qu’en raison des évènements, organisés sans aucun doute « on a les preuves » par « une puissance étrangère », suivez mon regard vers le lever du soleil, après consultation de présidente de l’assemblée nationale sortant de chez son coiffeur et celui du sénat quittant la table d’un restaurant étoilé, déclare l’état d’urgence, suspend les élections, fait arrêter quelques meneurs « au service d’une puissance étrangère » et mettre en résidence surveillée le ou la candidate à deux doigts du pouvoir au motif qu’il ou elle s’apprêtait à prendre le pouvoir par tricherie électorale.

L’oligarchie se répand dans les médias européens et mondiaux pour dire que la démocratie est enfin sauvée – ouf on l‘a échappé belle ! Et pour clôturer l’affaire que les élections sont suspendues à l’ukrainienne, tant présidentielles que législatives et seront programmées à une date ultérieure, le temps de reprendre en mains le pays et faire comprendre aux électeurs que la partie est terminée et qu’il faut laisser l’oligarchie faire ce qui est bon pour les banques qui la composent.

Bon, tout ceci est imaginaire et ne pourrait se concevoir que dans un esprit complotiste d’extrême droite, nationaliste, fasciste, raciste, pétainiste etc. n’en jetez plus on connaît la musique.

P Mulsant

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