Censure 2.0 : la CGT délaisse les usines pour traquer Dieudonné aux portes de Metz
Nouvel épisode dans la traque du dernier trublion de la scène française. L’humoriste Dieudonné M’Bala M’Bala, programmé samedi aux abords de Metz, se heurte à l’opposition d’un syndicat qui semble avoir égaré ses priorités entre deux revendications salariales.

Alors que les smicards peinent à joindre les deux bouts, l’Union départementale de la CGT de la Moselle a trouvé un nouveau combat : empêcher Dieudonné de monter sur scène.
L’Union départementale de la CGT de la Moselle a sollicité hier la main ferme du préfet pour faire avorter un spectacle de Dieudonné. Motif invoqué : un « risque de troubles à l’ordre public » et le casier judiciaire de l’artiste. Le syndicat s’inquiète, officiellement, de la cohésion sociale. On se prend à rêver d’un avenir où la centrale de Montreuil consacrerait autant d’énergie à la défense des salariés qu’à la chasse aux humoristes indésirables.
La géométrie variable de la liberté d’expression
Comme à son habitude, l’artiste a choisi la discrétion pour son « Best Of ». Le lieu de la représentation, tenu secret, ne sera dévoilé que quelques heures avant le lever de rideau aux spectateurs munis de leur sésame. Une stratégie de survie dans un paysage où les préfectures rivalisent de zèle liberticide. En à peine deux mois, on a décompté des annulations en chaîne : Meurthe-et-Moselle, Oise, Calvados, Eure, Seine-Maritime, Ardèche, et ce vendredi même à Reims. Le motif est un disque rayé : « risque avéré de discours contraires à la dignité humaine ». Une formule commode pour justifier la censure sans avoir à argumenter sur le fond.
Le même jour, la CGT organise une marche « contre le racisme et pour la solidarité entre les peuples » et surtout contre la droite (nous sommes en période électorale). L’arrivée du cortège, béni par la préfecture, est prévue à hauteur du tribunal judiciaire. : « Les manifestants […] veilleront à ne pas entraver la circulation des piétons et des transports en commun évoluant sur les trottoirs et la voie Mettis », annonce le syndicat. Voilà une manifestation bien faite pour ne pas troubler l’ordre établi.
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Les nouveaux croisés de la morale
Que la CGT, dont l’ADN fut la lutte des classes, se mue en gardienne de la moralité publique a de quoi laisser pantois. Dans son courrier au représentant de l’État, elle brandit les condamnations de l’humoriste comme un crucifix devant un vampire, oubliant au passage que la justice a déjà parlé et que l’homme a payé sa dette. Les associations locales, toujours promptes à monter au créneau, renchérissent en chœur. On a du mal à y voir l’application de cette belle déclaration : « Pour la CGT, défendre les libertés syndicales, la liberté de la presse et la liberté d’expression, c’est défendre ensemble les contre-pouvoirs démocratiques. »
Reste à connaître l’arbitrage du préfet de la Moselle. Cédera-t-il à la pression d’un syndicat qui a fait de l’anti-Dieudonné son nouveau combat ? Ou rappellera-t-il, à ses risques et périls, que l’interdiction préventive est une arme à double tranchant ? D’ici là, les billets s’arrachent et les fidèles patientent, prêts à braver le froid et l’opprobre.
par Yoann
Source : Le Média en 4-4-2
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