Camionneurs canadiens : Trudeau a-t-il fabriqué ses extrémistes ? La justice face à l’arbitraire

Auteur(s) France-Soir Publié le 18 juillet 2026 – 09:23

Unsplash

Février 2022, des milliers de camionneurs bloquent Ottawa pour exiger la fin des obligations vaccinales. Justin Trudeau les qualifie de « petite minorité marginale aux opinions inacceptables » et accuse l’opposition de soutenir des gens « qui brandissent des croix gammées ». Le 14 février, il invoque la Loi sur les mesures d’urgence. Une première dans l’histoire moderne du pays. Comptes bancaires gelés sans mandat d’un juge, arrestations massives, saisies.

Quatre ans plus tard, l’édifice politique s’effondre pièce par pièce

Le premier coup de canif est venu des révélations du média américain Public, fondé par le journaliste Michael Shellenberger. Selon une enquête basée sur des documents obtenus via la loi canadienne d’accès à l’information, la menace « d’extrémisme violent de droite » — pilier politique de l’invocation de la loi — reposait sur des analyses de renseignement fortement contestées en interne. Pire, ces notes alarmistes ont été diffusées par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) aux partenaires des « Five Eyes », l’alliance de surveillance regroupant les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Canada. Interrogés sur ces documents, le gouvernement Trudeau et la GRC ont refusé de répondre, tandis que la police néo-zélandaise s’est réfugiée derrière le secret des enquêtes.

Le deuxième coup, le plus dur, est venu de la justice. Le 23 janvier 2024, le juge fédéral Richard Mosley a conclu qu’il n’existait « aucune urgence nationale » au sens de la loi pour justifier un tel recours, et que le gel des comptes bancaires violait directement la Charte canadienne des droits et libertés. Le détail le plus accablant de l’enquête publique reste l’aveu de David Vigneault, alors directeur du renseignement canadien (SCRS) qui a reconnu que le convoi ne répondait pas à la définition légale d’une menace pour la sécurité nationale. Il avait pourtant soutenu l’invocation de la loi.

Ottawa a immédiatement fait appel de cette gifle monumentale. Mais quelle que soit l’issue finale de cette bataille judiciaire qui s’étire dans les tribunaux, le mal est fait et le précédent reste historique.

Un gouvernement occidental a criminalisé une contestation sociale, l’a privée de ses moyens de subsistance de manière inconstitutionnelle, puis a exporté un récit sécuritaire surévalué chez ses alliés, et personne n’a encore démissionné, personne n’a été poursuivi, ni même inquiété. 

Source : France Soir

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *