Au Guatemala, les paysans ressortent d’anciennes recettes pour éviter les pesticides
Auteur(s) A.M Publié le 03 juillet 2026 – 12:20

DR – Unsplash
Ail, piment, cannelle… Dans les montagnes du Guatemala, des agriculteurs réduisent leur dépendance aux produits chimiques grâce à des recettes végétales héritées des savoirs mayas. Une réponse simple, locale et peu coûteuse à l’agriculture industrielle.
Dans les hautes terres de l’ouest du Guatemala, des paysans pulvérisent sur leurs cultures des mélanges faits maison, préparés avec des plantes locales, pour tenir les insectes à distance. À Sololá, Huehuetenango ou Chiquimula, environ soixante communautés travaillent avec l’organisation World Neighbors pour remettre en circulation des pratiques agricoles anciennes, enrichies par l’agroécologie moderne, selon une enquête publiée par Mongabay.
Les paysans mélangent observation, transmission familiale et essais sur leurs parcelles pour remettre au goût du jour ces biopesticides. Des plantes fortes, amères ou odorantes repoussent les ravageurs. Le chichicaste, la flor de muerto, l’ail, le piment ou la cannelle deviennent alors des alliés agricoles. Dans certains cas, ces préparations peuvent réduire les infestations jusqu’à 90 % lorsqu’elles sont appliquées régulièrement.
Ce retour aux savoirs mayas répond aussi à une contrainte contemporaine : les pesticides industriels coûtent cher, en plus d’abîmer les sols, contaminer l’eau et exposer les familles agricoles à des risques sanitaires. La FAO s’est d’ailleurs rendue au Guatemala en 2024 pour documenter les effets de l’usage des pesticides dans les communautés autochtones et travailler à des politiques de protection de la santé et de l’environnement. D’après les fiches pays du Programme des Nations unies pour l’environnement, environ 25 % du territoire guatémaltèque est surexploité, notamment à cause de l’expansion agricole sur des terres peu adaptées, de la déforestation et de pratiques non durables.
Les paysans guatémaltèques réapprennent donc d’anciennes méthodes. La milpa, culture associant notamment maïs, haricot et courge, repose sur une complémentarité fine : le maïs sert de tuteur, le haricot fixe l’azote, la courge couvre le sol et limite les herbes indésirables. Une espèce de conversation entre plantes, similaire à la permaculture.
Les biopesticides gagnent du terrain dans le monde entier, portés par la demande en agriculture biologique, la résistance croissante des ravageurs aux molécules chimiques et les restrictions réglementaires. Une synthèse publiée dans Pest Management Science estime que ces solutions représentent déjà environ 10 % du marché mondial des pesticides. Selon Fortune Business Insights, le marché mondial des biopesticides pourrait passer de 9,91 milliards de dollars en 2025 à 40,61 milliards en 2034.
Source : France Soir
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