Assassinat du père Olivier Maire : “l’aide aux plus démunis était dans son ADN”

Un prêtre a été assassiné en Vendée ce lundi 9 août.
Estelle Ruiz / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Ce lundi 9 août, le prêtre Olivier Maire a été retrouvé mort dans les locaux de la communauté des frères missionnaires Montfortain à Saint-Laurent-sur-Sèvre, en Vendée. Ceux qui l’ont connu évoquent auprès de « Marianne » un homme plein d’abnégation et de gentillesse qui a beaucoup fait pour la communauté religieuse.

« Nous étions en pèlerinage à Lourdes il y a quatre ans. Alors que les brancardiers étaient réunis, l’un d’entre eux se lève et dit qu’il n’a rien à faire ici parce qu’il n’est pas croyant. Le père Olivier Maire lui a demandé les raisons de sa présence, il a répondu vouloir s’occuper des malades. Le prêtre a alors conclu : “votre place est donc avec nous, car la priorité, ce sont les malades et les pauvres” ». Pour Jean-Claude Bourdin, 80 ans et ancien conseiller en ressources humaines auprès du père Maire, cette anecdote décrit bien l’abnégation du prêtre, membre de la congrégation des Montfortains.

Une abnégation qui l’aura peut-être mené à sa perte. Ce lundi 9 août, Emmanuel Abayisenga, un réfugié rwandais arrivé en France en 2012 s’est accusé de l’assassinat du père Maire. Le suspect était déjà mis en cause dans l’incendie de la cathédrale de Nantes, qu’il a avoué en juillet 2020. Il était incarcéré jusqu’au 31 mai dernier avant d’être remis en liberté sous contrôle judiciaire. C’est Olivier Maire qui l’a recueilli dans la communauté des prêtres missionnaires Montfortains à Saint-Laurent-sur-Sèvre, en Vendée.

« Très serviable »

« Nous sommes tous choqués », confie à Marianne, René Paul, prêtre montfortain dans la communauté du Calvaire à Pontchâteau, en Loire-Atlantique, et qui a connu le père Olivier Maire en Haïti. « Il était déjà présent lors de mon ordination au Cap-Haïtien, en 1983, se souvient-il. J’ai le souvenir d’un homme accueillant, gentil et très serviable. »

Des qualificatifs qui reviennent dans la bouche de toutes les personnes interrogées par Marianne. À la communauté des Sœurs de la Sagesse, rattachée aux Montfortains, on pleure « un prêtre estimé et une perte énorme pour la congrégation ». Jean-Claude Bourdin, qui l’a connu pendant trente ans, raconte : « Dès qu’on avait un souci avec une personne, il allait toujours voir ce qu’elle avait fait de bien, et pas le problème que l’on pouvait avoir, il accueillait toujours les marginaux dans sa congrégation. »

Missionnaire en Afrique

Né en 1960 dans le Jura, Olivier Maire commence ses études dans la biologie végétale avant de faire son noviciat à Pontchâteau puis de monter à Paris pour poursuivre ses études chez les jésuites. « Par la suite, il s’est spécialisé en théologie et en mariologie [spécialisation théologique concernant la Vierge Marie] » relate André Launay, responsable de la communauté du Vieux-Bourg au Marillais, en Maine-et-Loire.

Le religieux a ensuite bourlingué. « Entre 1994 et 2000, il est devenu missionnaire en Afrique, plus précisément en Ouganda, et s’est occupé d’accueillir les novices africains », détaille un des prêtres qui l’a bien connu là-bas. Ses états de service l’amènent alors jusqu’à la maison-mère, à Rome « où il était conseiller du supérieur de la congrégation des Montfortains », rappelle son ami depuis trente ans, Jean-Claude Bourdin.

« Il a peut-être été victime de sa gentillesse »

« Il était conscient de ne pas tout connaître et savait s’entourer de laïcs, il était très ouvert et très moderne », précise encore Jean-Claude Bourdin. Ultime consécration, il avait été nommé supérieur provincial de la congrégation pour les pays francophones et anglophones il y a plus de dix ans. « Lors du séisme en Haïti il organisait une conférence avec les séminaristes locaux, il a failli y rester », glisse son ancien conseiller en ressources humaines.

Pour lui, le parcours du père Maire témoigne de son dévouement. « Il était dans la droite ligne du père de Montfort [fondateur de la congrégation des Montfortains] qui remonte à Louis XIV, et qui consiste justement à venir en aide aux plus démunis », explique Jean-Claude Bourdin. Pour lui, c’est bien ce qui l’aurait poussé à recueillir son assassin présumé, malgré l’incendie criminel de la cathédrale de Nantes : « C’est dans son ADN. » L’un des prêtres avec qui Marianne a pu échanger conclut : « Je sais qu’il était très serviable, il a peut-être été victime de sa gentillesse ».

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Par Vincent Geny

Source : Marianne

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