Spoofing : « utilisé par les entreprises » et détourné par les escrocs, c’est quoi ce logiciel qui permet de vous faire croire que les gendarmes vous appellent ?

Le « spoofing » permet aux escrocs de modifier le numéro affiché sur le téléphone de leur victime, notamment pour usurper celui d’une administration ou des forces de l’ordre. DDM

De plus en plus d’escrocs parviennent à faire apparaître un numéro officiel sur le téléphone de leurs victimes grâce à des logiciels spécialisés. Une technique qui permet notamment d’usurper les coordonnées des forces de l’ordre. Mais comment ces outils fonctionnent-ils ? On vous explique.

Faire apparaître le numéro d’une gendarmerie ou d’un commissariat sans jamais appeler depuis leurs locaux est désormais possible grâce à des logiciels spécialisés. Cette technique, appelée « spoofing » ou usurpation de numéro, est notamment utilisée par des escrocs pour donner davantage de crédibilité à leurs appels et mieux manipuler leurs victimes.

D’après le site du gouvernement Service-Public.fr, le logiciel permet « d’afficher un faux numéro sur l’écran du destinataire lors d’un appel ou d’un SMS. » Pour y parvenir, l’outil intervient sur l’identifiant de l’appelant, une information transmise par le réseau téléphonique et utilisée par le téléphone du destinataire pour déterminer quel numéro doit apparaître sur son écran.

Le fraudeur peut ainsi renseigner les coordonnées qu’il souhaite présenter à la personne contactée. Celles-ci peuvent correspondre à un numéro qui existe réellement, y compris celui d’une administration ou des forces de l’ordre.

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Une fonction légale à l’origine

Aussi surprenant que cela puisse paraître, la possibilité de modifier le numéro présenté lors d’un appel n’a rien de nouveau. L’Arcep, chargé de réguler les communications électroniques, explique que ce type de logiciel est notamment utilisé dans les installations téléphoniques des entreprises. Une société peut, par exemple, faire apparaître le numéro de son standard lorsqu’un salarié appelle un client depuis sa ligne directe, afin de ne pas dévoiler ses propres coordonnées.

L’organisme précise que ce fonctionnement reposait historiquement sur un principe de confiance : les entreprises étaient supposées ne présenter que des numéros dont elles avaient l’usage. Une règle tacite qui a montré ses limites avec l’essor des fraudes. Pour y mettre fin, les opérateurs ont depuis renforcé leurs contrôles et doivent désormais vérifier que celui qui passe l’appel est bien autorisé à afficher le numéro utilisé. Depuis janvier 2026, un mobile français non authentifié lors d’un appel provenant de l’étranger doit, lui, apparaître en numéro masqué.

Source : La Dépêche

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