Anthrax: L’affaire “classée”

  • Par
  • Laura ADDA

Affaire bientôt classée pour les attaques à l’anthrax menées fin 2001 aux Etats-Unis. Huit ans après, l’enquête a pris une tournure différente de celle attendue. Alors que le contenu des courriers laissaient penser à Al-Qaïda, l’auteur s’est avéré être un biologiste, employé par l’armée américaine pour faire des recherches sur un vaccin contre l’anthrax. Sur le point d’être inculpé, l’homme s’est suicidé.

Huit ans après les attaques à l’anthrax menées fin 2001 aux Etats-Unis, l’enquête est sur le point d’être classée. L’auteur des lettres contaminées par des spores d’anthrax qui avaient fait cinq morts peu après les attentats du 11 septembre a été “trouvé”, ou presque. Le biologiste Bruce Ivins, employé par l’armée américaine pour des recherches sur un vaccin contre l’anthrax (ou maladie du charbon), était sur le point d’être inculpé lorsqu’il s’est suicidé la semaine dernière, à l’âge de 62 ans.

Peu avant les attaques, Ivins avait envoyé un courriel mettant en garde contre la possession de tels germes et de gaz sarin par les “terroristes de Ben Laden“. Selon le biologiste, les terroristes avaient “décrété la mort de tous les Juifs et de tous les Américains“. Les enquêteurs du FBI ont alors rapprochéle contenu de ce courriel avec les messages retrouvés dans les lettres infectées: “Nous avons l’anthrax? Mort à l’Amérique? Mort à Israël“, pouvait-on lire.

Paranoïa

Le biologiste travaillait au laboratoire de recherche de Fort Detrick dans le Maryland. Dans les mois précédant ces envois, le scientifique s’était confié à des collègues à propos de ses craintes quant à sa propre santé mentale et son incapacité à se contrôler, selon Thomas Dellafera, enquêteur des services postaux américains ayant coopéré à l’enquête du FBI. Là encore, un lien a été établi avec le contenu des lettres: les documents publiés après la mort d’Ivins dressent le portrait d’un homme en proie à des crises de paranoïa et soumis à une forte pression lié au projet sur lequel il travaillait. Selon les mêmes documents, l’homme détenait à son domicile un récipient contenant des spores d’anthrax purifié, identiques à celles retrouvées dans les enveloppes de 2001. Et pour finir, Dellafera ajoute qu’Ivins n’avait pas pu fournir d’explication plausible au fait qu’il soit resté travailler très tard à l’époque de l’envoi des lettres.

Autant de preuves pour les enquêteurs pour considérer Bruce Ivins comme l’auteur de ces assassinats. Si l’un des avocats du biologiste, Paul Kemp, a déclaré que son client était innocent et qu’un procès l’aurait démontré, la justice américaine, et notamment le procureur du District de Colombia Jeffrey Taylor, a toutefois estimé que l’homme était “le seul responsable des attaques“. Sept ans d’enquête auront mené sur de fausses pistes. Parmi elles, un autre chercheur de Fort Detrick, Steven Hatfill, autour duquel l’attention a été concentrée pendant plusieurs années. Ce dernier, qui n’a jamais été inculpé, a reçu une enveloppe de 5,85 millions de dollars du gouvernement américain pour qu’il renonce à sa plainte contre le département de la Justice. Un moyen décidément efficace pour classer l’affaire.

Source: leJDD.fr

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