À Gauriac, la commune arrache ses vignes pour un verger qui épargne l’école des pesticides
Auteur(s) France-Soir Publié le 14 juillet 2026 – 17:30

DR – Unsplash
En 2023, la commune de Gauriac (Gironde) a racheté 1,7 hectare de vigne collée à la cour de son école, pour 44 000 euros. Trois ans plus tard, 180 arbres fruitiers ont remplacé les ceps, et des bénévoles y répandent une litière forestière fermentée plutôt que des pesticides. L’opération vise à soustraire les élèves à une exposition chimique documentée de longue date dans le Blayais.
Selon un article d’Epoch Times, la municipalité de Gauriac, village d’environ 850 habitants niché dans le vignoble du Blayais, a acquis cette parcelle en 2023, avec le soutien financier du département et de l’État. Le détail du chantier et les témoignages recueillis sur place proviennent d’une enquête plus large menée par le média Vert, publiée début juillet.
Le maire de l’époque, Raymond Rodriguez, professeur de sciences de la vie et de la terre, répondait à un appel à projet départemental sur les paysages résilients. Il y voyait surtout un moyen d’isoler la cour de récréation d’une vigne cultivée en agriculture conventionnelle. Une préoccupation nourrie par le souvenir du scandale de Villeneuve, à quelques kilomètres de là. Le 5 mai 2014, une vingtaine d’enfants et leur institutrice avaient été pris de malaises après un épandage de pesticides par deux domaines voisins.
Sept bénévoles ont procédé à l’arrachage des ceps avant de planter le jeune verger. Ils épandent aujourd’hui une préparation à base de feuilles mortes et de végétaux fermentés, censée relancer l’activité bactérienne et fongique d’un sol éprouvé par des décennies de traitements phytosanitaires. Des fossés de rétention, appelés noues, ont aussi été creusés pour favoriser l’infiltration des eaux de pluie. En 2021, des relevés atmosphériques réalisés par l’association Générations futures avaient déjà révélé la présence de folpel, un fongicide classé cancérogène possible, et de lindane, un insecticide interdit depuis 1998. Le syndicat de rivière du Moron, qui accompagne la commune, a de son côté détecté des métaux lourds et du DDT dans la terre, un pesticide pourtant proscrit depuis 1972.
Vanessa Broc, présidente de l’association des parents d’élèves, se félicite que le projet permette d’« éviter d’avoir tous ces rejets autour de l’école ». Localement, la question reste sensible : la crise viticole a déjà vidé de nombreuses parcelles voisines de leurs vignes, sans que la reconversion agroécologique de Gauriac fasse pour l’instant école ailleurs dans le Blayais.
D’après une enquête publiée par Le Monde le 18 décembre 2025, 112 établissements scolaires de Gironde figurent parmi les 500 écoles les plus exposées aux pesticides en France, un chiffre qui replace le geste de Gauriac dans un paysage régional où il demeure, pour l’instant, l’exception.
Source : France Soir
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