À Brest, le Département va acquérir un hôtel pour l’accueil des mineurs étrangers [Exclusif]

Le Département du Finistère va acquérir prochainement cet hôtel brestois pour héberger les mineurs non accompagnés. (Le Télégramme/Jean-Luc Padellec)

En charge de la protection de l’Enfance, le département du Finistère va acquérir un hôtel à Brest pour l’accueil des Mineurs non accompagnés (MNA). Le lieu sera dédié à l’accueil des jeunes migrants en attente d’évaluation de leur minorité.

Au centre-ville de Brest, dans la rue Victor Hugo qui plonge vers la rade, l’hôtel Bellevue accueille ses clients comme si de rien n’était. Dans quelques mois, pourtant, l’établissement baissera le rideau, le gérant ayant décidé de partir à la retraite. Mais les 26 chambres ne resteront pas inoccupées très longtemps.

En quête d’une solution pérenne pour la mise à l’abri des mineurs non accompagnés (MNA), le Département du Finistère a sauté sur l’opportunité. En aménageant deux lits par chambre, la capacité sera portée à 52 places pour l’accueil des jeunes migrants en attente d’évaluation de leur minorité. La délibération sera soumise à la commission permanente de l’assemblée départementale de lundi prochain. Le montant global de l’opération est de 1,50 M€.

Une obligation, mais aussi une source d’économie

Le département du Finistère serait l’un des premiers en France à agir ainsi. Mais certainement pas le dernier. Car la solution de l’hébergement dans des hôtels classiques, qui avait été permise de façon dérogatoire pour faire face à la poussée migratoire de ces dernières années, sera bientôt bannie. Le suivi socio-éducatif n’y était pas optimal et les jeunes, souvent livrés à eux-mêmes. En investissant dans cet hôtel, « on anticipe une exigence réglementaire issue de la loi Taquet du 7 février 2022 qui entrera en vigueur le début 2024 », éclaire Maël de Calan.

En quête d’une solution pérenne pour la mise à l’abri des mineurs non accompagnés (MNA), le Département du Finistère a sauté sur l’opportunité. En aménageant deux lits par chambre, la capacité sera portée à 52 places pour l’accueil des jeunes migrants en attente d’évaluation de leur minorité. La délibération sera soumise à la commission permanente de l’assemblée départementale de lundi prochain. Le montant global de l’opération est de 1,50 M€.

Le second argument est financier. « On aurait dû s’engager dans cette voie il y a longtemps », appuie le président du département du Finistère, qui a tôt fait de sortir la calculette. « Le coût annuel de la prise en charge du logement d’un mineur non accompagné dans un hôtel, se chiffre entre 12 000 € et 14 000 €. Pour 52 jeunes, la somme dépasse les 700 000 € chaque année. En deux ans, on aura remboursé l’investissement, sans dégrader la qualité du service public rendu ».

Réduire les délais d’évaluation de la minorité

C’est même tout l’inverse qui est attendu. Car l’hébergement dans un même lieu, géré en régie directe par le service dédié de l’Aide sociale à l’Enfance, va grandement faciliter l’encadrement socio-éducatif des jeunes accueillis. « Ils seront suivis par des éducateurs et ne seront pas livrés à eux-mêmes. On va mettre en place un vrai parcours scolaire et sportif, et augmenter très fortement l’intensité du suivi. On sera particulièrement attentifs sur ce point, il en va aussi de la quiétude des riverains ». Ce suivi rapproché est demandé par l’opposition départementale, le socialiste Kevin Faure jugeant par ailleurs cet achat pertinent « sur le plan économique ».

Après une baisse pendant la pandémie, le flux des mineurs étrangers isolés remonte légèrement dans le Finistère. En moyenne, cette année, 167 MNA y sont hébergés quotidiennement en hôtel. Si d’autres acquisitions dans le département ne sont pas exclues, Maël de Calan fixe un enjeu prioritaire, celui d’être plus rapide sur l’évaluation de la minorité. « Le département par le passé a été très mauvais, avec des délais d’instruction qui pouvaient monter jusqu’à 12 mois », pointe le président qui ambitionne « de passer à terme sous les deux mois, comme c’est déjà le cas dans certains départements ». En écartant les fraudeurs qui mentent sur leur âge, ce sera autant de places en moins qui seront nécessaires.

Source : Le Télégramme

Source : Fdesouche

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