La paix plutôt que les armes, la Bulgarie réélit Iotova et prend ses distances avec la ligne de Bruxelles
Auteur(s) France-Soir Publié le 02 novembre 2026 – 22:56

Iliana Iotova
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La Bulgarie vient d’ajouter son nom à la liste des pays européens qui, par le biais de ses électeurs, adressent un message clair à Bruxelles, en réélisant dimanche 1ᵉʳ novembre Iliana Iotova, partisane affichée du dialogue avec Moscou. Selon les résultats quasi définitifs relayés par la RTS, la présidente sortante l’emporte avec 57,58 % des voix, loin devant Andreï Guiourov, ancien Premier ministre par intérim soutenu par l’opposition pro-occidentale, qui plafonne à 39,47 %.
Ancienne eurodéputée et vice-présidente de Roumen Radev pendant neuf ans, Iliana Iotova occupe la présidence depuis janvier, après la démission de ce dernier, devenu Premier ministre au printemps avec une majorité absolue. Sur l’Ukraine, sa ligne tranche nettement avec celle de la Commission, puisqu’elle s’oppose à la poursuite de l’aide militaire à Kiev et réclame des négociations entre Moscou et Kiev.
Elle se garde pourtant de toute rupture spectaculaire, prônant “un État fort au sein d’une Europe forte” et une diplomatie indépendante fondée sur l’intérêt national, sans remettre en cause l’appartenance du pays à l’Union et à l’Otan. Le symbole n’en reste pas moins fort pour un État membre dont la présidence, essentiellement représentative, dispose tout de même d’un droit de veto sur les lois votées par le Parlement.
Ce vote traduit d’abord la lassitude d’un pays épuisé par huit élections législatives depuis 2021 et toujours classé comme le plus pauvre de l’Union, où la candidate a promis de s’attaquer à la misère qui frappe une partie de la population. La défiance s’est d’ailleurs lue dans les urnes dès le premier tour, avec à peine 22 % de votants, la plus forte abstention depuis la première présidentielle organisée après la chute du communisme.
Ses adversaires y voient surtout une campagne habile, un analyste cité par France 24 estimant que “la corde sensible de la peur de la guerre a été exploitée” pour remobiliser l’électorat du camp présidentiel. Ursula von der Leyen s’est empressée de féliciter la nouvelle élue, mais à Sofia comme ailleurs, la peur de la guerre et le coût de la vie pèsent désormais plus lourd dans les urnes que les injonctions venues de Bruxelles.
Source : France Soir
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