927 morts de la rue en 2025, ces Français partis sans un nom ni un proche
Auteur(s) France-Soir Publié le 02 novembre 2026 – 16:49

Ils étaient au moins 927 à mourir sans « chez-soi » en France en 2025, selon le quatorzième rapport “Dénombrer et décrire” publié le 29 octobre par le collectif Les Morts de la Rue. Le chiffre recule à peine par rapport aux 938 décès de 2024, et le collectif refuse d’y voir une embellie, rappelant qu’il ne s’agit que d’un “plancher” fondé sur des décès authentifiés par des actes officiels.
Sur treize ans, le nombre de morts recensés a été multiplié par 2,2, et le collectif comptabilise au total 1 041 décès liés au sans-abrisme une fois ajoutés ceux qui ont fini leurs jours dans un logement après un passage par la rue.
Ces femmes et ces hommes meurent en moyenne à 49 ans, soit, d’après L’Express, “trente ans d’écart avec la population générale”, un fossé qui en dit long sur l’usure des corps livrés au trottoir. Vingt d’entre eux avaient moins de quinze ans, rappelle Le Média, qui a suivi les bénévoles chargés de retrouver l’identité de ces défunts avant leur enterrement.
La solitude ne s’arrête pas toujours avec la vie, puisque pour 357 de ces personnes, le collectif n’a même pas pu établir si elles dormaient dehors ou dans une structure d’hébergement. Un décès sur trois survient dans l’espace public, et les morts liées au froid atteignent leur plus haut niveau depuis 2012, dans un pays qui reconduit pourtant chaque hiver ses plans d’urgence. Quand la cause du décès est connue, ces morts se révèlent souvent violentes, très loin de l’image d’une fin paisible entourée des siens.
Pour ne pas les laisser partir en anonymes, le collectif mobilise maraudes, centres d’hébergement, riverains et commerçants afin de reconstituer un nom et une histoire, lus ensuite par des bénévoles le jour des obsèques. Sa présidente, Chrystel Estela, explique au Média qu’il est “très important même pour une personne sans domicile d’avoir une identité au moment de son décès”, une évidence qu’il faut pourtant encore défendre.
Que des associations doivent jouer les détectives pour rendre un prénom à ceux que la société a laissés glisser hors de son regard en dit long sur l’abandon dont la rue reste le dernier théâtre.
Source : France Soir
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