Grève des lycéens, à l’aube de l’acte III, un petit rappel sur les droits et les devoirs

Auteur(s) France-Soir Publié le 05 octobre 2026 – 16:41

F. Froger

À la veille de l’acte III de la mobilisation lycéenne prévu ce mardi 6 octobre, la question n’est plus seulement celle des moyens accordés aux lycées, mais aussi celle des règles qui encadrent la rue. Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, l’a lui-même rappelé sur RTL, affirmant que le droit de manifester « c’est un acte de démocratie, j’allais dire sociale, classique et organisée. C’est une liberté qui se respecte et qui se protège », tout en condamnant les violences.

Mais le bilan pèse déjà lourd. À Lens, vers 10 h 30 ce lundi, un élève de 15 ans, en seconde au lycée professionnel Auguste-Béhal, a eu la main arrachée aux abords de l’établissement, touché par une grenade de désencerclement, où 200 à 250 jeunes étaient rassemblés.

Le devoir de retenue vaut, lui principalement, pour ceux majeurs qui portent l’uniforme et qui ont le pouvoir de contraindre au nom de l’État. Depuis le balcon de son cabinet, l’avocate Anne-Laure Lebert, filmant une intervention le 2 octobre, rappelait qu’il est « illégal pour les policiers de charger, sans sommation préalable », des manifestants qui ne font que manifester « qui plus est, des lycéens de 15/17 ans », et d’ajouter qu’il est aussi illégal, dans ce contexte, d’interpeller ceux qui prennent la fuite et de les plaquer au sol, de porter des coups de matraque ou de bouclier, de projeter des gaz lacrymogènes, de pousser une jeune fille dans le dos parce qu’elle ne marche pas assez vite, et de conclure « il est illégal d’obéir à un ordre illégal. » ce qui renvoie au code de déontologie, qui autorise chaque agent à refuser un ordre manifestement illégal.

Voir cette publication sur Instagram Une publication partagée par Anne Laure (@anne_laure_lebert)

La Ligue des droits de l’Homme a dénoncé ce lundi une dérive globale par rapport à l’État de droit, une répression qui « brise des vies », citant une mâchoire fracturée à Saint-Ouen-l’Aumône et un œil perdu à Tours, et rappelant que l’on est enfant jusqu’à 18 ans au sens de la Convention internationale des droits de l’enfant. Le ministère de l’Intérieur, de son côté, a recensé plusieurs centaines d’interpellations, dont 440 pour la seule journée du 29 septembre.

Reste un point que certains préfets gagneraient à relire avant mardi. L’article R. 434-15 du code de la sécurité intérieure et l’arrêté du 24 décembre 2013 qui imposent l’identification individuelle. Un policier autorisé à intervenir en civil doit porter un brassard « Police » et son numéro RIO, apparent, sans avoir son visage masqué. Une exigence qui protège aussi les agents contre toute confusion avec des black blocks… à tout hasard. L’exemplarité, ici, protège les deux côtés de la rue.

À quelques heures d’une nouvelle journée de blocus, chacun connaît désormais ses droits, mais aussi ses devoirs.

Source : France Soir

Laisser un commentaire