Le radar « pompe à fric » de la porte de Montreuil neutralisé, les PV annulés

Auteur(s) France-Soir Publié le 07 septembre 2026 – 21:24

Le 4 septembre, nous décrivions dans nos colonnes l’installation, porte de Montreuil, d’un radar de chantier dissimulé derrière une palissade et calibré à 30 km/h sur une portion du périphérique habituellement limitée à 50 km/h. L’association 40 Millions d’automobilistes y avait relevé 18 flashes en moins de cinq minutes, au point de s’interroger sur la finalité réelle du dispositif : protéger un chantier ou ouvrir une « pompe à fric ». Quelques jours plus tard, l’appareil était désactivé et les amendes déjà dressées étaient annulées, officiellement pour « difficultés techniques ». Derrière cette formule administrative, le schéma est pourtant familier, dès que les citoyens se mobilisent, le « dispositif » recule.

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Ce n’est pas un fait isolé, mais le mode d’emploi d’une gouvernance qui avance par petits pièges jusqu’au moment où le bruit public devient trop fort pour être ignoré. Les Zones à faibles émissions ont suivi le même chemin. Présentées comme une mesure sanitaire, elles ont d’abord fonctionné comme un tri social en interdisant la ville à ceux qui n’ont pas les moyens de changer de voiture. Comme disaient Alexandre Jardin et ses Gueux, on ne trie pas les voitures sans trier les êtres humains. La colère avait alors débordé des réseaux vers la rue, puis vers le Parlement, jusqu’à ce qu’en avril 2026 l’Assemblée et le Sénat votent la suppression des ZFE. Le Conseil constitutionnel censurera ensuite cette suppression pour un vice de procédure, et non sur le fond, de sorte que le dispositif survit sur le papier tandis que la verbalisation reste largement gelée, notamment en Île-de-France jusqu’à fin 2026. Encore un recul, obtenu non par vertu spontanée mais par un rapport de force.

La Zone à trafic limité du centre de Paris raconte la même histoire avec son interdiction de traverser les quatre premiers arrondissements, phase dite pédagogique prolongée, mais la verbalisation, elle, est reportée. On installe d’abord le filet, on attend, puis l’on serre la nasse si personne ne crie… Ou on temporise si le gueu proteste trop fort.

Radar caché, ZFE et ZTL sont trois visages d’une même tentation, celle de gouverner par la force, contre l’usage réel des Français, en invoquant tour à tour la sécurité, l’air ou le climat pour justifier une punition. Des restrictions aussi imposées par ceux qui les décident sans jamais les subir. Un maire, un ministre ou un élu dispose toujours d’un autre moyen de se déplacer, d’un accompagnement ou d’un régime d’exception. 

Messieurs les élus, n’oubliez surtout pas que vous tenez vos mandats du suffrage, que votre rôle est d’être la voix de ceux que vous représentez, et non de tenter de discipliner ceux qui n’ont ni chauffeur, ni régime d’exception. Et le mouvement des Gueux aura eu cette audace de commencer à déplacer sur le terrain démocratique, quelques restrictions imposées trop stupidement d’en haut.

Le radar de Montreuil n’aura vécu que quelques jours, ce qui est déjà peu mais aussi beaucoup, cela prouve qu’une mobilisation claire fait reculer l’arbitraire. Ce qui a cédé sur le périphérique doit céder partout où l’on transforme la contrainte en recette et le peuple en variable d’ajustement.

Source : France soir

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