Chaque 24 juin, au Québec

 

Chaque 24 juin, le Québec fête avec liesse sa Fête nationale comme nous le faisions pour nos « 14 juillet ». Cette Fête nationale honore une nation qui n’est pas un Etat indépendant. On l’appelle aussi la fête de La Saint Jean Baptiste, du nom de celui qui baptisa le Christ dans le Jourdain au moment ou la durée du jour commence à se raccourcir. Ce saint est devenu le patron des Canadiens français.

Dès 1760, cette fête célébrait la ferveur des Québécois en l’honneur de la « mère-patrie » perdue, la France.

Puis elle fut officialisée en 1834 comme Fête nationale des Canadiens français. Mais de 1837 à 1838 naîtra la révolte des patriotes, un conflit militaire qui éclata entre la population civile et l’occupant militaire colonial. Alors pour défendre leurs institutions, leur langue et leurs lois, pour éviter l’assimilation dans un régime anglais, le mouvement des sociétés Saint Jean Baptiste furent créées (dont le suis, avec honneur, un digne représentant régional) et furent chargées d’organiser les célébrations de la Fête nationale. La première célébration eut lieu le 24 juin 1842 et remporta un succès fou.

Chaque 24 juin, dans tous les jardins, en haut des mâts, sur les balcons, aux frontons des édifices publics, aux portières des voitures, aux guidons des motos et des vélos, des milliers de drapeaux québécois fleurdelisés (drapeau à croix blanche sur champ d’azur et avec lys) flottent au vent. Ces couleurs rappellent, qu’on le veuille ou non, la royauté française qui donna naissance à la Nouvelle France qui deviendra le Québec. Le 24 juin prochain, les Français habitant au Québec descendront dans la rue pour chanter et danser avec les Québécois et fêter avec eux leurs moments glorieux.

Ce drapeau qui flotta pour la première fois sur l’Hôtel du parlement le 21 janvier 1948 montre combien les Québécois restent des patriotes respectueux de leurs histoire et de leurs combats pour la liberté. S’ils n’ont vécu aucune guerre sur leur territoire pendant le XXème siècle, ils n’en ont pas moins versé leur sang sur les territoires européens pour préserver la liberté de la civilisation occidentale longuement et chèrement acquise au cours des siècles.

Mais ces fiers Québécois, comme les Français de l’étranger, ont appris eux aussi la nouvelle : le Covid-19, ce virus venu de Chine, a réussi à faire la même chose que les Allemands pendant l’occupation de la 2ème guerre mondiale : faire interdire le défilé militaire le 14 juillet, ce symbole qui unit tous les français et leurs amis. Cette fierté démocratique est pour le moment muselée. Et il faut être innocent ou machiavélique pour croire que l’on va pouvoir remplacer haut la main cette parade militaire par des remerciements à nos « héros fatigués en blouse blanche » qui attendent encore et encore que le gouvernement tienne ses promesses.

On ne regardera donc pas la télévision comme les autres années. Les Français sont déjà suffisamment punis en voyant à nouveau : « On n’est pas couché » ou « Vivement Dimanche », ces émissions vieillissantes de la « France d’avant ».

Puisque les Champs Elysées seront vides, et que l’armée restera le petit doigt sur la couture du pantalon, on se met à rêver d’un défilé populaire ou défileront, venant de toutes les régions de France, devant un Castaner pétri d’émotion, le mouchoir à la main, les associations patriotiques suivies des blouses blanches et de leurs relèves, des gilets jaunes, les métiers de première ligne, des policiers sans menottes, des réservistes à la foi chevillée au corps, des délégations des Français de l’étranger avec les drapeaux des pays qui les ont accueillis et bien sûr des cohortes de communautés visibles (souvent trop invisibles lorsqu’il s’agit d’honorer la France).

Le monde entier saurait alors que le peuple de France est capable, avec sa force de caractère et son courage, de se défendre contre les « invasions barbares ». Cela donnerait peut-être à nos généraux le courage de se battre pour avoir le droit de défiler devant la nation car tous ces élèves des écoles militaires garderont pendant longtemps cette amertume de ne pas avoir été applaudis par la Nation.

Mais on peut toujours rêver ! Cela n’engage personne sinon ceux ou celles qui souhaitent réaliser leurs rêves. Peut-être qu’une ville de France imaginera un jour de créer un tel défilé pour honorer le peuple de France et respecter un des plus grands symboles de la République.

Ainsi au Québec, on pourrait continuer à être encore fier d’être français.

Et si les Français et les Québécois défilaient ensemble…

Patrice Sautereau du Part – juin 2020

Correspondant VPF Québec- Canada

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