Reportage au CORG : «Gendarmerie nationale j’écoute»

201803120209-fullLe centre opérationnel, géré l’adjudant-chef Isabelle Palierne, avec deux opérateurs 24 heures/ 24./ Photo DDM, S.B.

Le Centre des opérations et du renseignement de la gendarmerie (CORG) représente un organe vital au sein du schéma d’organisation de l’institution militaire de sécurité publique. Tout passe par là d’abord.

Quatre lettres : CORG. Pour Centre des opérations et du renseignement de la gendarmerie.

Poumon ? Cœur ? Sans doute un peu des deux à la fois. Ici, nous entrons dans le palpitant. Là, où souvent l’adrénaline commence à monter. La bonne, forcément. Celle qui permet de bien gérer l’urgence, le complexe, et, surtout, l’humain. Tout commence par deux chiffres, 17, et une phrase type : «Gendarmerie nationale j’écoute».

24 heures sur 24

Car le CORG, pour le grand public, c’est d’abord le centre opérationnel et de gestion des opérations.

Un service – dans toute l’étendue de sa signification – de 10 gendarmes au total placés sous l’autorité de l’adjudant-chef Isabelle Palierne. 27 ans de maison dont une partie de sa carrière en Nouvelle-Calédonie, d’où elle rejoint Auch à l’été 2016. Le centre opérationnel, une cellule du corps de la compagnie auscitaine qui vit 24 heures sur 24. Trois équipes se relaient : 8/13 heures ; 13/19 heures et 19/8 heures !

Ici, le «qui va là» a été remplacé par le qui-vive. Écoute et vigilance. «Si quelqu’un compose le 17 en zone gendarmerie, il arrive là, sur nos tableaux, explique Isabelle. En parallèle à la prise de renseignements orale, géolocalisation et affichage du numéro. Nous sommes immédiatement en capacité d’envoyer la patrouille la plus proche.» Et de montrer un panneau informatique où en temps réel figurent toutes les patrouilles engagées sur le territoire gersois à l’instant T ! Et même, les hélicoptères en vol…

Intelligence économique

«Nous avons vraiment progressé», se félicite Isabelle. C’est vraiment très intéressant de travailler avec ces outils-là. Nous suivons la patrouille d’intervention en visuel. Interventions en cours en bleu et interventions terminées en noir. En parallèle, un fichier nous indique, en rouge, les disponibilités de nos gendarmeries. En ce qui concerne les interventions reçues et gérées par le SDIS, notre ordinateur est relié en direct à celui du centre de traitement des appels des pompiers. Plus des touches de contacts directs avec la Dirso et la Dirco, gestionnaires des axes routiers.» Elle ajoute aussitôt : «D’où l’importance des bons renseignements donnés au central.»

Bien entendu en cas de panne, un système de secours prend le relais. L’adjudant précise : «Ainsi donc tout part du centre opérationnel et tout s’y gère… même l’appel à des renforts spécialisés, type GIGN. Le mode de fonctionnement a été repensé pour éviter toute perte de temps. C’est à l’opérateur de faire le tri entre l’urgent et le moins urgent. Il est formé pour cela, pour estimer les priorités et les moyens… tout en gérant correctement son propre stress.»

Mais, si le CORG, c’est d’abord le centre opérationnel de gestion des interventions, il ne s’agit pas que de cela. Car, dans son sigle on trouve aussi le mot «renseignement». Cette cellule, elle, revient à l’autorité du capitaine Jouve. Un métier totalement différent dont les deux mamelles sont ordre public et veille économique (avec notamment un référent en intelligence économique).


170 appels/jour

Le nombre d’appels reçus en 24 heures par le centre opérationnel de gestion des interventions peut évidemment largement varier. En moyenne il s’établit à 170. Dont quelques-uns parfois à ranger au chapitre du «mieux vaut en rire…» ! «Des gens nous appellent parfois pour de simples fuites d’eau, sourit Isabelle Palierne. Une fois, une personne voulait absolument que l’on vienne la voir parce que l’on avait refusé l’échelonnement de sa dette d’impôt !» Isabelle précise toutefois : «Mais, il y a hélas souvent de la détresse dans les appels, surtout la nuit ou lors certaines périodes. Un collègue a récemment passé 1 h 30 avec quelqu’un de suicidaire. 90 % du métier de gendarme, c’est de l’assistance à la population.»

Source : La Dépêche

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