Une étude bouleverse les perceptions sur la désinformation : quand les narratifs dominants trompent le public
Auteur(s) Le Collectif citoyen, France-Soir Publié le 01 février 2026 – 06:30

Une étude bouleverse les perceptions sur la désinformation : quand les narratifs dominants trompent le public
France-Soir, IA
Une étude en préprint sur ResearchGate par le chercheur suisse Felix Schläpfer, intitulée Qui croit à la désinformation alignée avec les récits dominants des médias grand public ?, met en évidence un phénomène sous-estimé : la désinformation qui s’aligne sur les discours institutionnels et médiatiques traditionnels. Basée sur un échantillon représentatif de 1 590 répondants en Suisse alémanique, cette étude démontre que jusqu’à 50 % de la population accepte pleinement des affirmations fausses ou trompeuses sur des enjeux géopolitiques et sanitaires majeurs, tels que la guerre en Ukraine ou la pandémie de COVID-19. Ces résultats interrogent non seulement la vulnérabilité du public, mais aussi les mécanismes cognitifs, les bulles informationnelles et les enjeux de pouvoir qui entravent l’émergence de la vérité.
Une méthodologie épistémique pour démasquer les biais institutionnels
L’approche de Schläpfer se distingue par sa définition rigoureuse de la désinformation, ancrée dans des preuves vérifiables indépendantes des consensus mainstream. Au lieu de se fier à des fact-checkers institutionnels qui ont montré leurs biais, l’auteur identifie 20 affirmations fausses ou trompeuses, basées sur des preuves vérifiables et indépendantes – y compris des corrections officielles par des autorités publiques. Par exemple, une affirmation comme « L’invasion russe de l’Ukraine est une guerre d’agression non provoquée » est qualifiée de trompeuse, citant des sources comme l’Associated Press qui documentent des contextes géopolitiques omis dans les narratifs dominants. Les répondants notent leur accord sur une échelle d’accord, avec seules les réponses tout à fait d’accord comptabilisées comme acceptation de la désinformation, évitant ainsi les simplifications binaires qui ignorent la complexité des affirmations incomplètes ou cherry-pickées (biais de sélection).
L’étude montre une inversion par rapport à ce que l’on peut lire dans la littérature sur les « fake news » alternatives : ici, ce sont les consommateurs assidus de médias traditionnels qui sont les plus vulnérables, suggérant que les mainstream media sont une source majeure de désinformation. Schläpfer conclut que les médias traditionnels, dépendants de sources alignées sur les États-Unis, propagent une désinformation systématique, appelant à des mesures réglementaires pour améliorer la transparence des sources, afin de protéger la « formation libre de la volonté politique et le vote impartial » inscrite dans la Constitution suisse. De son point de vue, la désinformation diminuerait avec un sourcing non-mainstream.
Un space twitter comme miroir d’une bulle institutionnelle
Un exemple concret illustre ces dynamiques : ce 29 janvier 2026, un space sur X animé par un soutien affiché d’Emmanuel Macron mettait en avant des personnalités comme le professeur Mathieu Molimard et Dominique Costagliola auteurs d’un rapport gouvernemental sur la désinformation en santé. Ce Space, dédié à la promotion de leur rapport recommandant des outils comme un Info Score Santé pour noter les sources fiables, incarne parfaitement les bulles informationnelles décrites par Schläpfer.
Dans cette discussion, les intervenants – majoritairement issus d’institutions officielles– renforcent un narratif aligné sur les positions gouvernementales, critiquant les « désinformateurs » comme Didier Raoult ou Robert F. Kennedy Jr, sans aborder les critiques de leurs propres conflits d’intérêts (par exemple, une demande de récusation par l’association BonSens.org, ignorée par le ministère et les experts eux-mêmes !). Des biais cognitifs évidents émergent : le biais de confirmation, où les experts valident mutuellement leurs vues sans contradictoire ; le biais d’autorité, avec une déférence aux titres académiques ; et la vérité de groupe, favorisant un consensus interne qui exclut les voix dissidentes ou qui ne respecte pas la jurisprudence Hertel en science (où toutes les hypothèses, même les plus improbables, doivent avoir droit de cité notamment dans un domaine où l’incertitude est élevée). Une intervenante comme Leloo, défendant la liberté d’expression, est rapidement challengée, illustrant comment ces bulles marginalisent les débats ouverts. 
Ce space reflète la défiance publique croissante : des sondages récents indiquent que 81 % des Français rejettent la vaccination COVID due à des « mensonges gouvernementaux », et 74 % expriment une défiance envers les médias mainstream, perçus comme relais de la propagande officielle. Comme dans l’étude de Schläpfer, la consommation intensive de médias traditionnels corrobore l’acceptation de narratifs dominants, même trompeurs – par exemple, la minimisation des effets secondaires des vaccins ou le soutien à des études rétractées comme celle du Lancet sur l’hydroxychloroquine.
L’analyse de Brecht : quand les puissants bloquent la vérité
Pour approfondir ces obstacles, l’analyse des cinq difficultés pour la vérité de Bertolt Brecht (1935) s’avère éclairante. Inversée ici, elle révèle comment des acteurs institutionnels comme Molimard et Costagliola utilisent des plateformes comme ce Space pour propager une propagande qui entrave la vérité, plutôt que de la défendre en omettant de nombreuses informations.
- Le courage d’écrire la vérité : les médias alternatifs faisant preuve de capacité analytique, de résilience devant les pressions en respect de la déontologie journalistique, notamment du devoir numéro un de la charte de Munich qui devrait s’appliquer à tous les journalistes – l’occurrence : dire la vérité quoiqu’il leur en coute. BonSens.org montre du courage en demandant la récusation des experts malgré le silence ministériel. À l’opposé, Mathieu Molimard omet ses erreurs passées (promotion d’études rétractées comme Pradelle/Lega, erreur dans le calcul du dosage d’hydroxychloroquine…) et propage des narratifs biaisés sans introspection.
- L’intelligence de reconnaître la vérité : les critiques identifient les biais (effets secondaires vaccinaux, doses toxiques dans Recovery). Molimard et Costagliola ainsi que leur soutien dans le space, ancrés dans un « consensus dégénératif », ignorent leurs erreurs, et les transforment en désinformation institutionnelle, menant à des mensonges d’État comme le fait que la vaccination covid n’a pas été testée sur la transmission du virus et pourtant Molimard dira le contraire dans Sud-Ouest.
- L’art de rendre la vérité maniable comme une arme : en armant le public avec des éléments factuels comme les sondages indépendants et des décryptages des biais des médias (comme par exemple les critiques infondées traitant le secrétaire d’Etat à la Santé américain, Robert F Kennedy Jr. comme anti-vax). A contrario, le rapport de Molimard/Costagliola, qui n’a interviewé que des personnes soutenant le narratif officiel, arme la censure (sanctions, info-score biaisé), bloquant le débat.
- Le jugement pour choisir les destinataires : Les dissidents ciblent l’information loyale au public sceptique étant donné la défiance médiatique (74 % des Français n’ont plus confiance dans les médias mainstreams). De leur côté, les experts patentés privilégient les alliés institutionnels, excluant les citoyens ou l’intelligence collective, rendant leur vérité inefficace.

- La ruse pour répandre la vérité : les médias alternatifs contournent l’invisibilisation algorithmique, la censure, ou encore les attaques ciblées des mainstream et des fact-checkers en les désintermédiant et s’adressant directement aux citoyens sur X. De leur côté, Molimard & Co tentent de ruser avec la pédagogie sélective, mais opacifient (omission de conflits, ou d’autres biais), perpétuant la pollution informationnelle.
Cette inversion brechtienne montre que la vérité est captive des intérêts : financements, légitimité, évitant scandales comme Lancetgate.
Les biais et bulles : freins structurels à l’émergence de faits
Schläpfer et ce Space soulignent des mécanismes psychosociaux : biais d’ancrage aux narratifs initiaux, omission de preuves contraires, amplifiés par algorithmes favorisant l’alignement. Les enjeux sont élevés – industries pharma, gouvernements risquent des pertes financières et perte de crédibilité en admettant des erreurs.
L’étude de Schläpfer et des cas comme ce Space mettent en exergue des mécanismes psychosociaux profonds. Les biais cognitifs, tels que le biais d’ancrage (s’accrocher à un narratif initial dominant) ou le biais d’omission (ignorer des preuves contraires), sont amplifiés dans des bulles informationnelles où les algorithmes et les modérations favorisent les contenus alignés. Sur X, ces bulles se forment autour d’experts institutionnels, créant des chambres d’écho où la désinformation « officielle » – comme des affirmations sur l’origine du COVID ou les conflits géopolitiques – passe inaperçue.
Mais au-delà des biais, ce sont les intérêts en jeu qui freinent l’avènement de la vérité. Les gouvernements, les industries pharmaceutiques et les médias mainstream ont beaucoup à perdre : des financements publics, des contrats lucratifs, ou une légitimité érodée. Admettre des erreurs, comme dans le LancetGate ou les doses toxiques des essais Recovery, pourrait déclencher des scandales judiciaires ou une perte de confiance massive, avec des conséquences directes de perte d’influence et de position pour les « experts ». Comme l’écrit Schläpfer, « les médias mainstream contrastent avec les perceptions et attentes des consommateurs de nouvelles sur un reporting véridique », perpétuant un cercle vicieux où la vérité est sacrifiée pour préserver le statu quo. C’est ce qui a été observé dans un sondage MIS Groupe pour France-Soir/BonSens.org sur le cercle de la défiance.
Vers une taxation des pollueurs informationnels ?
Cette étude appelle à un journalisme fidèle à la charte de Munich et à des régulations pour la transparence. Surtout, elle met en lumière un dysfonctionnement majeur : des personnes ayant eu raison sur rien conservent la parole dans les médias sans contradicteur, engendrant une vraie désinformation avec une éventuelle perte de chance des patients ainsi qu’un vice du consentement libre et éclairé. Répéter une mauvaise information pollue, nécessitant un véritable débat sur la pollution informationnelle pour inciter à une information correcte et taxer les pollueurs informationnels.
Des individus comme le Pr Molimard, qui n’ont pas identifié la fraude du Lancetgate, n’ont pas su analyser les doses toxiques de Recovery, dénigrent de manière constante le secrétaire d’État à la Santé américain Kennedy, ont fait la promotion du vaccin COVID en biaisant le consentement libre et éclairé en omettant par exemple que le vaccin n’a pas été testé contre la transmission, ou encore en faisant la promotion sans limite dans de nombreux médias de l’étude rétractée Pradelle/Lega, devraient avoir un info-score négatif commandant a minima un contradicteur.
Sans cela, la vérité restera éclipsée, creusant le fossé démocratique.
Source : France Soir
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