Trump à Davos  : « l’opération WARP SPEED (à l’origine des vaccins Covid) est une prouesse militaire  ! » – Un décryptage

Auteur(s) Daniel Godet pour France-Soir Publié le 29 janvier 2026 – 11:05

Getty image / AFP

« Une des plus grandes prouesses militaires de tous les temps » : C’est ainsi qu’à l’occasion de la session de questions-réponses après son discours fleuve à Davos, Trump a qualifié l’« opération WARP SPEED », le programme qui a notamment consisté à concevoir, développer et produire les vaccins Covid 19 en moins d’un an. Les vaccins Covid 19, une opération militaire, comment cela ?

WARP SPEED a été géré par le Département de la Défense et le National Security Council, pas par le département de la Santé : ainsi, dès le 4 février 2020, le colonel Hepburn du DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency), une agence qui finance des recherches biologiques, a rassemblé l’industrie pharmaceutique pour annoncer une menace imminente de sécurité nationale : une pandémie. L’industrie était ainsi mobilisée pour y faire face.

Gérée par les militaires, WARSPEED a été placée sous un régime juridique d’exception : l’urgence de santé publique, au sens de la législation PREP’Act de décembre 2005. PREP’Act vise d’abord un contexte militaire : une « attaque de nature biologique, chimique, radiologique ou nucléaire ». Le texte est aussi utilisé pour des menaces de maladies infectieuses. Une dizaine de déclarations d’urgence sont en vigueur à ce jour, dont plusieurs maladies virales (outre le Covid : Zika, Marburg, MonkeyPox…) : aucune ne semble correspondre aujourd’hui à une quelconque urgence concrète. Pour le Covid 19, l’urgence a été déclarée par le secrétaire à la santé le 17 mars 2020, mais à effet rétroactif du 4 février (cf. supra) ; l’urgence porte jusqu’à fin 2029 ! 

Dans ce cadre, la législation prévoit la mise en place de « contremesures médicales » : pour le Covid, il s’est agi de masques, ventilateurs, médicaments, vaccins, anticorps… Dans le contexte militaire du PREP’Act, sous bien des aspects, ces contremesures ne suivent pas le régime juridique de la santé ; voici les principales composantes de ce régime d’exception, qui n’est guère connu aux USA, et moins encore ailleurs, notamment en Europe : 

EUA et non pas EAU 

Une fois l’urgence de santé déclarée au titre du PREP’Act, les contre-mesures médicales peuvent bénéficier d’une « autorisation d’usage en urgence » (Emergency Use Authorization – EUA) sans suivre les procédures usuelles d’autorisation de la Federal Drug Administration (FDA) : pas besoin d’investigations cliniques, de données d’essais, d’étude risque / bénéfice, de garantie de sécurité du produit, ni par la suite de besoin d’accord éclairé (informed consent) du patient. Pour délivrer une EUA, il suffit à la FDA que le fabricant montre que la contremesure peut être efficace, ou que le Secrétaire à la Santé le pense. 

Rien à voir avec le processus usuel d’Expanded Access Use (EAU) qui permet d’administrer en « urgence compassionnelle » des médicaments n’ayant pas suivi tout le cycle complet d’autorisation, mais après une bonne part des diligences de la réglementation sanitaire. 

La préférence pour la voie EUA a été expliquée lors d’un Comité consultatif sur les vaccins le 22 octobre 2020 : simplification opérationnelle, y compris avec la population, moindres délais, absence de risques pour les fournisseurs (cf. infra, responsabilité). Bref : l’autorisation des vaccins ne s’est pas faite suivant les procédures normales, mais suivant des procédures exorbitantes du droit commun de la santé, adaptées à des conditions de conflit militaire, et personne n’en a parlé.

C’est pourquoi la dénonciation par la lanceuse d’alerte Brook Jackson des défauts considérables constatés lors de l’essai thérapeutique de Pfizer a, en août 2024, été jugée non fondée par la justice US. L’État fédéral s’était d’ailleurs substitué à Pfizer pour sa défense, en rappelant au juge fédéral la loi d’exception applicable, le PREP’Act : il n’y avait aucune norme applicable à l’essai Pfizer. Cela explique aussi la légèreté de l’ouverture des vaccins aux femmes enceintes et aux enfants, puis le feu vert aux ‘boosters’ successifs.

Pas besoin de respecter les normes usuelles de qualité de fabrication

Sans obligation de respecter les meilleurs pratiques de fabrication (current good manufacturing practices), il n’y a ainsi eu que peu de contrôle par les US de la qualité de fabrication, ce qui explique la variation étonnante de la fréquence des effets secondaires suivant les lots. Le mode de fabrication aurait changé entre les essais initiaux et la fabrication en masse, sans contrôle. La fabrication a d’ailleurs été largement faite par le réseau des sous-traitants de la Défense plutôt que par l’appareil de production des développeurs de vaccins. 

Pas de raison de s’étonner de tous les résidus d’ADN ou autres impuretés en tous genres trouvés dans les flacons de vaccin !

Responsabilité nulle de toute la chaîne des contributeurs aux contremesures

Les contributeurs aux contremesures médicales sont protégés de tout recours de victimes pour quelque dommage que ce soit suite à une contremesure. Cela protège tant l’État fédéral que l’ensemble des intervenants, personnes morales et physiques : concepteurs, fabricants, distributeurs, prescripteurs.

Seul un recours en cas de fraude manifeste (willful misconduct) est possible, mais il n’est ouvert qu’au Secrétaire à la Santé et au ministre de la Justice US (Attorney general), qui n’en ont pas fait usage : il est probable que l’État n’avait pas de matière à le faire, les fabricants ayant respecté, semble-t-il, les cahiers des charges d’achat d’une procédure militaire particulière, les « Other transactions », adaptées à l’achat de prototypes.

Procédure d’indemnisation des victimes plus restreinte encore que la procédure de 1986 pour les vaccins recommandés pour les enfants

Le PREP’Act institue un programme fédéral spécifique de compensation des effets indésirables des contremesures, le CICP, très restrictif. Sur des centaines de milliers de victimes d’effets indésirables, seuls 14 000 ont présenté une demande, dont la moitié toujours en cours ; sur 7 000 cas traités fin 2025, seuls quelques dizaines ont été acceptés pour des montants modestes, moins de 10 000 $ par dossier.

Le processus CICP est si restrictif que des plaintes en anticonstitutionnalité ont été déposées, la plus récente fin décembre dernier. Il est notable que Ted Kennedy, Jo Biden, Hilary Clinton s’étaient en 2005 étonnés du niveau de protection offert à l’industrie par la législation PREP’Act, alors incorporée discrètement au dernier moment dans le budget annuel militaire US.

WARP SPEED a-t-il été une opération militaire ? Oui si l’on considère les méthodes utilisées, dignes d’un temps de guerre, avec, selon certains, la possible contribution de la recherche militaire (DARPA) à l’invention en laboratoire du virus Covid 19. Mais constitue-t-il pour autant une prouesse militaire ? Beaucoup diraient plutôt « Plus jamais ça ! ». 

Bravo en tout cas à 3 femmes américaines remarquables, qui ont su identifier les particularités extrêmes du régime juridique US applicable aux « contremesures médicales » du Covid 19, documenter le rôle des instances de défense en Europe (OTAN, Conseil de défense en France, etc.) dans l’alignement de l’Europe sur les décisions des États-Unis, et affronter toutes sortes de difficultés pour en parler de façon ouverte : Sasha Latypova, Debbie Lerman et Katherine Watt.

Sources :

What are Medical Countermeasures? | FDA

What Is the PREP Act? ⋆ Brownstone Institute Debbie Lerman

21 U.S. Code § 360bbb-3 – Authorization for medical products for use in emergencies | U.S. Code | US Law | LII / Legal Information Institute

Vaccines and Related Biological Products Advisory Committee October 22, 2020 Meeting Transcript

Brook Jackson’s 2nd Amended Complaint v Pfizer Dismissed.

Breaking: Government Program for Compensating COVID Vaccine Injuries Is ‘Unconstitutional,’ Lawsuit Alleges • Children’s Health Defense

Hidden Hands Behind Covid Response: NSC & the Military | Debbie Lerman & Sasha Latypova

Source : France Soir

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