Les évènements récents en Iran à l’épreuve de la guerre hybride et de la recomposition géopolitique régionale
« Voici un article remarquable écrit par l’avocat Elie Hatem sur les événements d’Iran. Il mérite d’être traduit en farsi et en arabe. Voici mon commentaire adressé à l’auteur après lecture : « Mon cher Elie, ton article est remarquable par sa clarté, sa documentation juridique et politique (ONU), sa fluidité rédactionnelle et son objectivité. Je vais l’envoyer à mes contacts en Iran de haut niveau qui en feront sûrement une traduction en farsi , et peut-être en arabe et autres langues. Je vais l’envoyer au Liban également. »
Alain Corvez Colonel (e.r.)
spécialisé en relations internationales,
ancien Conseiller du général commandant la Force des Nations Unies au Liban (FINUL),
puis Conseiller en relations internationales aux Ministères de la Défense et de l’Intérieur.
Membre de la Fondation Charles de Gaulle,
ancien Secrétaire Général de la Fondation de la France Libre
Analyse critique du récit dominant et des stratégies de déstabilisation étatique
Par Elie HATEM
Avocat au Barreau de Paris et
près de la Cour Pénale Internationale
Docteur en Droit
Les évènements récents en Iran ont été largement interprétés, dans l’espace médiatique
occidental, à travers un récit binaire opposant un « peuple » à un « régime autoritaire ». Cette
lecture est analytiquement insuffisante. En mobilisant les concepts de sanctions économiques,
de guerre hybride, d’ingérence indirecte et de fragmentation étatique, il convient de faire une
analyse systémique de la crise iranienne, replacée dans une séquence régionale marquée par la
confrontation Iran–États-Unis–Israël et par la recomposition d’un ordre international
multipolaire, en examinant successivement les causes socio-économiques des mobilisations,
leur mutation partielle en violence organisée, le rôle des réseaux sociaux, les précédents
syrien et irakien, ainsi que les scénarios de changement de régime, notamment monarchiques
En effet, les crises politiques du Proche et du Moyen-Orient sont fréquemment appréhendées,
dans les médias occidentaux, à travers des récits simplificateurs fondés sur une opposition
morale entre un « peuple » aspirant à la liberté et un « régime » présenté comme
intrinsèquement illégitime. Ce schéma tend à décontextualiser les évènements, à minimiser le
rôle des contraintes structurelles — en particulier les sanctions économiques — et à occulter
les stratégies d’ingérence indirecte.
Les évènements récents en Iran exigent, au contraire, une lecture systémique : ils combinent
tensions socio-économiques, conflictualité sécuritaire, dimension informationnelle et
recompositions régionales. Pour mieux comprendre cet enjeu, il convient de rappeler l’ancrage
socio-économique du phénomène observé récemment, la mutation vers l’émeute et la violence
organisée avec le rôle des réseaux sociaux, la guerre hybride menée par Israël et les Etats-
Unis au Moyen – Orient avec pour objectif la fragmentation de cette région du monde en
poussant les séparatismes, les limites des scénarios monarchistes avec l’instrumentalisation de
l’un des prétendants au trône d’Iran.
I- Les manifestations en Iran : réalité sociale et causes structurelles :
Cette première partie vise à établir le socle empirique minimal sans lequel toute discussion
géopolitique devient spéculative. Il s’agit, d’une part, de rappeler la temporalité longue des
mobilisations et leur ancrage dans des revendications largement socio-économiques ; d’autre
part, de montrer que ces revendications ne sont pas intelligibles sans intégrer une variable
structurante : le régime de sanctions et ses effets sur l’économie réelle. Il convient donc de
distinguer ce qui relève de la dynamique sociale interne et ce qui relève des contraintes
externes aggravantes.
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