L’affaire Verdin : Une plainte oubliée contre des personnalités politiques pour pédocriminalité

Février 2026. Sur les écrans saturés d’indignations autour du dossier Epstein, une affaire refait surface comme un cadavre qu’on aurait mal enterré. Celle d’Emmanuel Verdin, père d’une fillette décédée en 2003, dont la plainte pour pédocriminalité visant trois figures politiques – Jack Lang, François Hollande et Pierre Moscovici – dort depuis 2012 dans les tiroirs de la justice française. Recevable, mais silencieuse. Comme si certains dossiers avaient le don de léviter au-dessus des procédures ordinaires.

Dix ans après une plainte jugée recevable, les accusés dorment tranquilles et le plaignant a disparu : bilan carbone zéro pour la justice.

Des accusations qui dérangent

Le récit d’Emmanuel Verdin tient du cauchemar éveillé. Sa fille Laureen, quatre ans, aurait été violée en réunion par Jack Lang sur une barge parisienne baptisée « The Makai ». L’année ? 1999. La conséquence ? Une infection sexuellement transmissible non traitée, qui emportera l’enfant à sept ans. Quant à Hollande et Moscovici, leur rôle supposé serait celui de témoins muets, adeptes du « voir sans regarder, savoir sans agir » – une spécialité dont le personnel politique maîtrise les ficelles mieux que personne.

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Ces révélations s’ancrent dans un terreau déjà putride : le foyer « Maison d’Ariane » en Vendée, où Laureen fut placée. L’établissement, alors dirigé par Jean-Pierre Baudry – condamné depuis à treize ans de prison pour viols et agressions sexuelles – bénéficiait du soutien du Conseil général et des relations de son fondateur Philippe de Villiers. La DDASS avait pourtant signalé des dysfonctionnements dès 2001. Mais en France, les rapports administratifs ont cette particularité de voyager dans des circuits parallèles à l’action.

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Chronique d’une mort annoncée et d’une enquête ensommeillée

1996 : la mère de Laureen rejoint le foyer. 1997 : naissance de l’enfant. 1999 : premiers viols présumés. 2001 : les services sociaux s’émeuvent, puis se taisent. 2003 : Laureen meurt, d’une maladie qu’on aurait pu soigner. 2004 : son père apprend la nouvelle par un détective privé – la communication administrative, ce fleuron de l’efficacité française. 2007 : première procédure, perdue. 2012 : nouvelle plainte, entendue, classée ? Personne ne sait vraiment.

L’enquête préliminaire ouverte aux Sables-d’Olonne, l’information judiciaire ordonnée à Libourne, la Chancellerie saisie : la machinerie judiciaire a fait tous les gestes requis. Mais le dossier, lui, n’a pas bougé. Comme ces ascenseurs sociaux dont on vante l’existence sans jamais les emprunter.

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Où sont passés les accusés et le plaignant ?

Jack Lang, dont le nom apparaît également dans les archives Epstein (pour des liens financiers, précise-t-on – comme si cela rassurait), a eu le temps de regretter sa signature en 1977 d’une tribune défendant la décriminalisation des relations avec mineurs. « Une connerie inacceptable », a-t-il concédé. Sur le fond, rien. François Hollande, sollicité par les internautes en 2026 sur d’autres sujets, n’a pas jugé utile de répondre. Pierre Moscovici observe un silence dont on peine à déterminer s’il est diplomatique ou prudent.

Emmanuel Verdin, lui, aurait disparu. Mort, murmurent certains. Effacé, suggèrent d’autres. En tout cas, plus là pour réclamer ce procès que la justice n’a jamais ouvert.


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Un symbole parmi d’autres

L’affaire Verdin ne prouve rien, juridiquement parlant. Ses pièces reposent sur des témoignages, des recoupements, cette matière fragile dont on fait les acquittements faute de mieux. Le directeur du foyer a été acquitté de l’accusation de viol sur la fillette de 4 ans. Mais la recevabilité de a plainte, reconnue en 2012, lui confère un statut gênant : celui d’un dossier qui aurait dû exister, instruire, conclure – et qui n’a fait qu’exister.

Dans une époque saturée de révélations sur l’impunité des puissants, du réseau Epstein aux silences institutionnels, cette affaire ajoute son nom à la litanie des suspicions sans lendemain. Pensées pour Laureen, pour son père dont on ne sait plus s’il combat encore ou s’il a rejoint sa fille. Pensées aussi pour la justice française, qui a parfois le sommeil lourd.

par Yoann

Source : Le Média en 4-4-2

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