La peine de mort est donc rétablie
Mais pas pour les criminels de la pire espèce…
Par Patrick Ledrappier

L’édito politique de Libre Consentement Éclairé
Note de la rédaction : le détail juridique du texte voté ainsi que ses analogies historiques avec l’eugénisme et le nazisme ont été documentés dans nos deux précédents articles sur le sujet – celui de Pierre Lefevre, du 9 février 2026, et celui de Patrick Ledrappier, du 26 février 2026.
Le présent article n’y revient pas. Il pose la question que personne n’a encore osé formuler.
Le 28 février 2026
LORSQUE LA SERINGUE REMPLACE LA GUILLOTINE
En 1981, Robert Badinter a convaincu les politiciens français d’abolir la peine de mort. Depuis quarante-cinq ans, cette abolition est présentée comme l’un des sommets moraux de la République – la preuve que la France serait une civilisation, pas une barbarie.
En 2026, 299 salopards viennent de rétablir la peine de mort. Pas pour les coupables, mais pour les innocents.
En disant cela, nous ne sommes pas dans la figure de style, dans la rhétorique, nous sommes dans l’exacte description de ce qu’ont voté ces 299.
Une peine de mort d’un genre entièrement nouveau : condamné sans défense et exécuté en 48 heures et 1 minute
Ils ont rétabli la peine de mort, mais pas pour les criminels.
Pour les malades.
Pas après une instruction. Pas devant un jury. Pas avec un avocat. Pas avec un recours.
En 48 heures et 1 minute. Sur la seule parole d’une blouse blanche.
Ils ont remplacé la guillotine par la seringue et ils ont habillé les bourreaux d’une blouse blanche.
Aux condamnés à mort américains, on accorde des années – voire des décennies – de procédures contradictoires avec des avocats.
Aux malades et déprimés français, sur la simple parole d’une blouse blanche – qui pourra être un interne stagiaire de passage dans un couloir – on accordera 48 heures et 1 minute.
QUE METTRONT-ILS DANS LA SERINGUE ?
Jusqu’ici, personne n’a nommé publiquement les substances qui seront utilisées pour assassiner les patients.
La loi renvoie pudiquement à la Haute Autorité de Santé le soin de définir les « préparations magistrales létales ». Mais derrière cette formule bureaucratique propre et froide, il y a des molécules.
Des poisons. Des noms qu’ils connaissent déjà, mais qu’ils n’ont pas voulu rendre publics.
Deux minutes pour mourir – si tout va bien
Dans les pays qui pratiquent l’euthanasie depuis des années – Belgique, Pays-Bas, Canada – le protocole repose principalement sur le midazolam, une benzodiazépine dont le délai d’action par voie intraveineuse est de deux minutes.
Le midazolam est aussi la molécule utilisée aux États-Unis dans les exécutions de condamnés à mort par injection létale.
En 2014, trois condamnés à mort américains exécutés au midazolam ont agonisé entre 26 et 117 minutes, montrant des signes documentés de souffrance et d’étouffement. Ces exécutions ont été suspendues.
Des procédures judiciaires ont suivi. Des commissions d’enquête ont siégé.
Des anesthésiques, des neuroleptiques, des barbituriques administrés en perfusion continue jusqu’à ce que la mort survienne.
Ce même produit sera administré à vos parents, à vos enfants, à vos amis malades ou déprimés – en France, dès que les décrets d’application seront publiés.
En cas d’« efficacité insuffisante » – phénomène documenté dans 13 à 17 % des cas selon les études médicales disponibles – les protocoles prévoient des molécules de deuxième intention : chlorpromazine, lévomépromazine, propofol, phénobarbital et kétamine.
L’affaire Alexina Wattiez
En Belgique, l’affaire Alexina Wattiez a suscité une vive controverse.
En mars 2022, cette femme de 36 ans, atteinte d’un cancer incurable, avait choisi de recourir à l’euthanasie à domicile.
Selon des éléments rapportés par la presse et confirmés par l’ouverture d’une enquête judiciaire à Liège, le protocole médicamenteux administré n’aurait pas provoqué le décès comme prévu.
Alexina Wattiez aurait alors été maintenue sous un oreiller jusqu’à sa mort, deux infirmières se relayant pour maintenir le coussin sur le nez et la bouche de leur victime.
Certains témoins décrivent une scène prolongée – on parlerait de plus de 36 minutes – au cours desquelles Alexina continuait à respirer ou à manifester des signes de vie.
Sa famille, alertée par un témoin, a déposé plainte devant le parquet de Liège et une enquête pour mort par asphyxie a été ouverte.
L’autopsie a confirmé des signes d’étouffement sur le corps, et la justice civile a été saisie par son compagnon et sa fille.
LA CIVILISATION, C’ÉTAIT EMPÊCHER LES DÉSESPÉRÉS DE MOURIR
Avant 2026, si vous tentiez de mettre fin à vos jours et que des pompiers vous arrachaient à la mort, la République considérait que votre vie méritait d’être sauvée.
Et vous aviez droit à une place en réanimation si c’était nécessaire et – en tous les cas – à une surveillance médicale pendant laquelle – en principe – vous étiez choyé en bénéficiant d’un soutien psychologique.
Tout le monde considérait que votre désespoir de ce soir-là – ou de ce matin-là, ou de cette nuit-là – n’était pas définitif et qu’en aucun cas il ne devait vous mener à la mort.
C’est ainsi que l’humanité s’est constituée : en prenant soin des désespérés, en prenant en charge leur souffrance pour que leur visage s’illumine à nouveau et qu’ils sourient à la vie.
Comment les choses vont-elles se passer maintenant que 299 salopards ont donné aux blouses blanches – en fait – le pouvoir absolu d’assassiner qui ils veulent et quand ils le veulent ?
Les pompiers vont-ils être autorisés à vous arracher à la mort ? Auront-ils le droit de vous transporter toutes sirènes hurlantes aux urgences si cela est nécessaire ?
Et si vous arrivez à l’hôpital, que se passera-t-il ? Va-t-on vous choyer, prendre soin de vous comme cela doit se faire dans une société civilisée ?
Ou alors va-t-on vous mettre sous camisole chimique pendant 48 heures pour vous achever à la minute suivante car vous auriez demandé oralement à l’interne de garde qui vous ausculte – seul, sans le moindre témoin – de bénéficier de l’aide à la fin de vie ?
LE DIMANCHE MATIN À 8H00
On sonne à votre porte. Vous ouvrez et vous vous trouvez face à face avec deux gendarmes, ou deux policiers, ainsi qu’avec un ambulancier.
Alors que vous êtes totalement sain d’esprit, on vous annonce que vous êtes l’objet d’un internement d’office – sur décision du préfet – pour troubles manifestes à l’ordre public causés par votre état psychique.
Vous avez à peine le temps d’enregistrer dans votre cerveau l’invraisemblable, que vous êtes mis manu militari dans l’ambulance et conduit à l’hôpital psychiatrique de votre département.
Dimanche matin 9h00
L’interne stagiaire de garde, qui remplace un de ses amis parti skier sur les pentes enneigées du massif alpin, vous retrouve dans la chambre qui vous a été attribuée.
Il n’y a que vous deux, pas le moindre tiers.
Il vous pose deux ou trois questions, puis il quitte votre chambre pour aller consigner dans votre dossier médical que vous lui avez demandé de bénéficier de l’aide à mourir.
Il téléphone à son ami qui fait une pause au restaurant d’altitude et le consulte sur la question, sans même écouter sa réponse.
Sa parole ne pourra jamais être contestée. Il consigne le tout dans votre dossier médical. C’est suffisant. La loi ne demande rien de plus.
Le mercredi matin à 9h06
Si tout s’est bien passé – en deux minutes – l’un de vos proches reçoit un appel téléphonique et il lui est indiqué qu’il peut venir récupérer votre corps à la morgue de l’hôpital.
Quarante-huit heures. Plus une minute. Zéro témoin. Zéro enregistrement. Zéro recours. Zéro trace.
Ce n’est pas une fiction. C’est une architecture juridique et politique possible.
L’arme politique parfaite pour se débarrasser de gêneurs.
Il suffit de penser à la dizaine de suicides – pour le moins suspects – qui ont été relatés ces dernières années – sans que jamais on ne s’inquiète de savoir où se trouvait Alexandre Benalla – pour se dire que le scénario décrit ci-dessus peut très bien devenir réalité.
L’internement d’office existe. Il a déjà été utilisé en France pour neutraliser des individus jugés gênants – opposants, lanceurs d’alerte, personnalités dérangeantes.
La procédure est légale, rapide et difficile à contester de l’intérieur.
Couplée à la loi votée le 25 février 2026, elle devient une arme d’élimination propre, sans bavure, sans enquête, sans procès, sans que quiconque puisse avoir quoi que ce soit à redire ou à se demander où se trouvait Alexandre Benalla.
THUCYDIDE AVAIT RAISON
Donner le pouvoir à une blouse blanche de tuer un patient parce qu’il le lui aurait demandé, sans qu’il y ait la moindre véritable procédure de contrôle, de vérification, sans même qu’il y ait pour la personne concernée la possibilité de changer d’avis après 48 heures, et sans que les proches et la famille puissent tenter de le faire changer d’avis, permet – volontairement ? – toutes les dérives.
Or l’histoire politique, de Thucydide à nos jours, enseigne exactement l’inverse.
En 416 avant notre ère, lors du siège de Mélos, les émissaires athéniens expliquent aux Méliens – qui invoquent la justice, quelle idée – que celle-ci n’existe qu’entre puissances égales.
Et ils posent cette règle nue : « Les forts font ce qu’ils peuvent, les faibles subissent ce qu’ils doivent. »
Plus loin, ils ajoutent : « Toujours, le plus fort commande au plus faible. »
Le dialogue des Méliens révèle une constante anthropologique : lorsqu’un pouvoir existe, il est exercé. Lorsqu’il peut s’étendre, il s’étend. Lorsqu’il n’est pas contrôlé, il déborde.
Autrement dit, lorsqu’un pouvoir est donné sans contre-pouvoir, il s’exerce jusqu’à sa limite.
« Les forts font ce qu’ils peuvent, les faibles subissent ce qu’ils doivent. »
Les politiciens ne sont jamais – vraiment jamais – des anges.
En revanche, ce sont souvent des démons qui vont jusqu’au bout de ce que leur permettent les lois – qu’ils ont eux-mêmes adoptées.
N’en est-il pas de même pour les blouses blanches ?
Comment pourrait-il en être autrement ?
Elles feront – tout – ce qu’elles peuvent faire ; comme d’habitude (ne l’a-t-on pas vu pendant la fausse pandémie de C19 ?)
Quant à leurs patients, pour la plupart d’entre eux, ils subiront – également comme d’habitude.
Avec cette loi eugéniste dont l’histoire a trouvé son aboutissement dans le nazisme, le problème n’est donc pas la moralité des blouses blanches ni celle des politiciens, c’est l’architecture du pouvoir que la loi leur confère :
– Une décision irréversible et extrêmement rapide (48 heures).
– Un – prétendu ? – consentement oral.
– Aucun témoin obligatoire.
– Aucune authentification indépendante.
– Aucune validation judiciaire préalable.
– Aucun débat contradictoire possible.
– Aucune possibilité de faire changer d’avis la personne concernée.
LES 299 SALOPARDS NOUS SORTENT-ILS DE L’ÉTAT DE DROIT, AVANT DE NOUS SORTIR DE L’HUMANITÉ ?
L’État de droit n’a jamais reposé sur la vertu ou sur la confiance que l’on devrait accorder à telle ou telle personne car elle aurait tel ou tel titre ou telle ou telle fonction.
L’État de droit repose non seulement sur la séparation des pouvoirs, mais également – et surtout – sur celle des fonctions : un bourreau ne peut pas être à la fois le plaignant, l’enquêteur, le magistrat instructeur, l’avocat, le juge de première instance, le juge en appel et le juge en cassation.
Or, avec cette loi, la blouse blanche qui va assassiner un patient occupe toutes ces fonctions à la fois – et dans un temps extrêmement bref – sans le moindre véritable contrôle.
Rappelons que nous parlons d’une mise à mort, sur une décision irréversible prise par une seule blouse blanche, sur une demande dont il pourra affirmer qu’elle était orale, sans que cela soit vérifiable.
Tout cela reposerait donc sur la confiance aveugle que nous devrions accorder aux blouses blanches
Inutile ici de nous étendre sur quelques faits historiques qui démontrent qu’il ne faut surtout pas le faire : rappelons-nous simplement Landru, les médecins pendus haut et court à Nuremberg en 1947, ou encore ceux qui faisaient de la pub pour le tabac en affirmant que c’était bon, surtout pour les femmes enceintes, ce qu’affirmait le ministre de la santé au sujet des injections à ARNm, le sinistre et inique Olivier Véran.
Le droit ne se fonde pas sur la confiance, il se fonde sur le contrôle, et les 299 salopards le savent.
Choisir son camp
L’histoire a un nom pour les politiciens qui donnent à l’État le pouvoir de tuer sans juge, sans témoin et sans recours.
Elle a aussi un nom pour ceux qui les ont laissé faire.
Les 299 salopards viennent de choisir leur camp.
Ceux qui les ont laissé faire également.
Combien serons-nous à avoir le courage de choisir le nôtre ?
Avec tout ce que cela implique ?

Patrick Ledrappier
Président co-fondateur
Source : Libre Consentement Éclairé
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