Faim de vie… L’ÂME-OR de l’amour !

Un grand merci à notre ami RIEN pour ce très beau texte qu’il nous offre dans ses commentaires sur PG et que nous partageons avec vous..

Comme il le dit si bien en titre, ce n’est pas « la mort de l’amour en fin de vie » mais bien au contraire « l’âme or de l’amour avec une faim de vie ».


Faim de vie…L’ÂME-OR de l’amour !


Législateurs s’il nous faire de nouvelles lois, encore, faisons-en sur de nouvelles manières de vivre ensemble et militez pour que chacun puisse VIVRE son MOURIR…avec les soignants que nous aimons !

Si un jour je suis atteint de démence :  je souhaite que ma famille et mes proches affichent ce texte là où je vis. Qu’ils s’en souviennent, qu’ils s’en imprègnent, et qu’ils s’y réfèrent chaque fois que les repères vacillent.

1 – Annoncez votre présence avec douceur.
Chaque fois que vous entrez dans la pièce, présentez-vous simplement : « Bonjour, c’est [votre prénom] ». Ne me demandez pas si je sais qui vous êtes. Ce genre de question peut me troubler profondément, me faire douter, ou me plonger dans l’angoisse.

2 – Entrez dans ma réalité.
Si je parle de rendre visite à mes parents ou d’attendre quelqu’un qui n’est plus là, inutile de me corriger. Accompagnez-moi dans cette réalité, même si elle ne vous appartient pas. Elle est peut-être floue, mais elle me rassure.

3 – ne contestez pas ce que je crois. Mon esprit peut m’emporter dans des lieux et des temps incertains. M’opposer une vérité brutale ne fera qu’ajouter à ma confusion. Accordez-moi le droit à mes repères, aussi dissonants soient-ils.

4 – Ne prenez rien personnellement
Si je ne vous reconnais pas, ce n’est pas un rejet. C’est ma mémoire qui me trahit. Même si mes mots vous déconcertent, sachez que mon affection, elle, reste vivace – quelque part en moi.

5 – Aidez moi a garder ma dignité 
Si je n’arrive plus à me servir de couverts, ne me nourrissez pas tout de suite. Essayez d’abord des aliments que je peux prendre avec les doigts. Peut-être puis-je encore me débrouiller, à ma façon.

6 – Offrez-moi d’abord votre main, pas vos explications 
Quand je suis anxieux·se, triste ou perdu·e, écoutez sans minimiser, sans rationaliser. Tenez ma main. Restez près de moi. Ce geste en dit plus que mille paroles.

7 – Adressez vous à moi avec respect 
Même malade, je ne suis pas un·e enfant. Parlez-moi avec délicatesse, mais sans condescendance. Je reste un·e adulte digne d’attention et de considération.


8 – Faites vivre ce que j’aimais 
Même avec la démence, certaines passions peuvent subsister : lire, écouter de la musique, marcher, chanter… Aidez-moi à retrouver un chemin, aussi fragile soit-il, vers ces plaisirs anciens.


9 – Faites appel à ma mémoire heureuse 
Demandez-moi de vous raconter une histoire, un souvenir marquant, une anecdote. Vous pourriez être surpris·e par la précision de mes évocations, même si le présent m’échappe.


10 – Prenez le temps de comprendre mon agitation 
Si je deviens nerveux·se ou agité·e, ce n’est pas sans raison. Essayez de deviner ce qui me trouble : un inconfort, une douleur, un besoin mal exprimé. L’agitation est souvent une manière de dire ce que je ne peux plus formuler.


11 – Traitez moi comme vous voudriez l’être 
Je reste une personne à part entière. Ce que je traverse pourrait aussi vous arriver. Entourez-moi de la patience, de la tendresse et du respect que vous aimeriez recevoir.


12 – Anticipez mes besoins silencieux 
Je peux avoir faim sans savoir comment le dire. L’irritabilité ou l’angoisse en sont parfois les seuls signes. Prévoyez des collations. Ce simple geste peut éviter bien des malaises.


13 – Ne parlez pas de moi comme si je n’étais pas là 
Même silencieux·se, même absent·e en apparence, je peux encore vous entendre. Parlez avec moi, pas sur moi. Mon humanité mérite votre regard direct et votre voix claire.


14 – Ne portez pas tout le fardeau 
Si vous ne pouvez pas m’assister à chaque instant, ce n’est pas une faute. Ce n’est pas de votre fait. Reposez-vous, demandez de l’aide. Trouvez un lieu adapté. Vous faites déjà beaucoup.


15 – Rendez-moi visite aussi souvent que vous le pouvez 
Si je vis en institution, votre présence est précieuse, même si je ne la reconnais pas toujours. Elle m’ancre, me rassure, me relie au monde.


16 – Soyez indulgent avec mes erreurs
Je peux confondre des noms, des visages, des lieux. Ce n’est pas par négligence. C’est ma mémoire qui flanche. Respirez profondément. Pardonnez-moi, en silence.


17 – Faites entendre ma musique
Les chansons que j’aimais autrefois peuvent ranimer une étincelle. Mettez-les à portée d’oreille. Elles me parlent un langage que la démence n’efface pas.


18 – Respectez mes gestes même absurdes
Si je ramasse des objets, les déplace ou les serre contre moi, ne m’en privez pas. Aidez-moi à les replacer sans me frustrer. Ces rituels me structurent.


19 – Ne m’éloignez pas des moments de vie
J’ai peut-être du mal à suivre, mais je ressens encore la chaleur d’une fête, la joie d’un rire, la douceur d’un repas en famille. Ne m’excluez pas. Incluez-moi, autrement.


20 – Un simple contact peut tout changer
Un regard tendre, une main sur mon épaule, un sourire sincère… Ces gestes parlent encore à mon cœur, même si mes mots se sont égarés.


21 – Souvenez-vous de qui je suis
Derrière le trouble, derrière les absences, je suis toujours moi. Peut-être plus lent·e, plus fragile, plus silencieux·se… mais toujours cette personne que vous avez connue, et que vous aimez.

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