Éoliennes flottantes en Bretagne-Sud : le Conseil d’État verrouille le débat public
Auteur(s) France-Soir Publié le 13 novembre 2025 – 14:32

Photo d’illustration
Le projet Pennavel, censé devenir le premier parc éolien flottant commercial de France d’ici 2031, refait parler de lui. Par une décision rendue le 7 novembre 2025, le Conseil d’État a rejeté le recours déposé par six associations opposées au projet, sans même examiner le fond du dossier. Une décision qualifiée d’« inquiétant verrouillage démocratique » par les collectifs à l’origine du recours.
Dans un communiqué commun publié le 13 novembre 2025, les associations Gardiens du Large, Fédération de protection et d’aménagement de la baie de Quiberon, des îles et du grand site dunaire, Union française des pêcheurs artisans, Sites et Monuments, Union belliloise pour l’Environnement et le Développement et Fédération Environnement Durable, dénoncent une atteinte au principe de contrôle citoyen. Depuis un décret de 2021, les recours liés à l’éolien en mer relèvent directement du Conseil d’État, en premier et dernier ressort. Autrement dit, plus aucun juge de proximité ne peut se prononcer sur ces projets, pourtant lourds de conséquences pour les territoires concernés.
Selon les associations, ce dispositif prive riverains, pêcheurs et collectifs locaux de tout moyen réel de contester les décisions de l’État, qui choisit seul les consortiums industriels appelés à exploiter ces installations.
Un projet industriel hors norme et controversé
Le parc Pennavel prévoit l’installation d’éoliennes flottantes géantes – jusqu’à 340 mètres de haut – à 19 kilomètres des côtes de Belle-Île, Groix et Quiberon. Présenté comme une vitrine de la transition énergétique, il suscite pourtant de vives inquiétudes : atteinte au paysage marin, risques de pollution chimique (228 substances recensées, dont 62 préoccupantes), impacts sur la biodiversité marine et sur la pêche artisanale, déjà fragilisée.
Les associations pointent également des zones d’ombre dans l’appel d’offres AO5, notamment sur la solidité économique et technique du consortium lauréat. Le rejet du recours sans examen de ces arguments empêche toute vérification indépendante de la validité du projet.
Une dérive démocratique et environnementale
Au-delà du cas breton, cette affaire illustre une dérive institutionnelle préoccupante : au nom de l’« accélération des énergies renouvelables », les grands projets échappent progressivement à la transparence et au débat public.
Les associations appellent à une vigilance citoyenne accrue, rappelant que la transition énergétique ne peut se construire au prix du silence démocratique et de la destruction des écosystèmes marins.
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Source : France soir
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