À vous, journalistes, transformés en perroquets des dépêches, le bien, même cabossé, finit toujours par trouver son chemin

À vous, journalistes, transformés en perroquets des dépêches

Il y a cinq ans, mon cinquième docu-cinéma regardait le monde droit dans les yeux. Il évoquait, sans le dire, un immense complot sino-américain, maquillé en souci sanitaire, payé de nos vies, de nos silences, de nos renoncements.

Cinq ans plus tard, Corinne Lalo, grand reporter de la presse mainstream, remet le couvert. Ou enfonce le clou. Dans son livre Fausse pandémie, vrais mensonges, elle raconte tout ce que vous avez mis de côté. Tout ce que vous avez refusé de voir. Près de 500 pages que vous ne lirez pas. Toutes preuves à l’appui de votre incompétence ou de votre lâcheté. À vous de voir.

Mon film, lui, pressentait autre chose. Plus irréversible encore : la fin d’une presse qui avait cessé d’informer pour apprendre à mentir sans trembler. Alors une presse citoyenne est née, non par idéologie, mais par nécessité.

Aujourd’hui, il ne reste ni colère, ni triomphe. Juste une forme de nostalgie. Et un merci. Presque doux. Presque triste.

Merci à ceux qui, par leurs mensonges, ont fissuré leur propre monde. Car de ce mal est né un chemin. Un futur plus lent, plus sain. Un futur sans eux. Un futur où la vérité ne crie plus. Elle circule. Loin des dépêches AFP qui n’informent pas, mais dictent la ligne à tenir.

En 2026, je vous souhaite une révolution intime : l’autonomie intellectuelle. Regarder une œuvre en entier. Écouter des témoignages sans filtre. Lire autre chose que ce qui tombe sur le fil AFP entre deux cafés tièdes. Je sais, c’est fatigant. Penser l’est toujours.

Vous n’avez pas critiqué une œuvre, selon moi. Car bon nombre d’entre vous n’ont même pas poussé la curiosité jusqu’à voir ce film. Vous avez refusé d’aller au-delà de ce qui vous était donné. Vous avez transformé le doute en méfiance, la question en suspicion, la curiosité en prudence excessive. Par confort. Par habitude. Par peur d’être à contre-courant. Parce qu’il est plus simple de répéter une dépêche que d’assumer un regard personnel.

Rassurez-vous. Je n’ai aucune haine envers vous. Ni envers personne. La haine est une solution de facilité, et je refuse la facilité. Je vous observe. Et pour une fois, je m’offre du temps en écrivant.

Depuis plusieurs semaines, j’écris un scénario de fiction. Je me replonge dans la vie, il y a plus de 2 000 ans, d’une femme qui a marqué le monde et l’histoire de France : une Palestinienne connue sous le nom de Marie de Magdala. Elle était perdue. Complètement. Entre les murmures, du monde et ses propres blessures, elle marchait dans l’ombre. Incapable de trouver la lumière.

Puis un jour, au détour d’une parole, d’une vérité prononcée comme un souffle puissant et irréfutable, quelque chose a changé. Elle a écouté. Vraiment écouté. Et ce qu’elle a entendu a réveillé son âme.

Marie de Magdala a choisi de se relever. De changer. Radicalement. De sauver ce qui pouvait encore l’être, au-delà de la peur, de la culpabilité, de tout ce que la vie croyait pouvoir lui enlever. Et dans ce choix, elle a découvert un chemin que peu osent emprunter : le chemin de la Vérité. Le chemin de la Vie. Le chemin de la Rédemption.

Votre rédemption, je vous la souhaite, journalistes de passage comme nous le sommes tous. Car vous avez un point commun avec cet apôtre des apôtres qu’est Marie Madeleine. Ce sera la devinette de cette nouvelle année.

En attendant, je redécouvre vos écrits de 2020–2021, vos vidéos, vos phrases qui s’enchaînent mécaniquement, comme le tambour d’une machine à laver médiatique qui prétend laver plus blanc que blanc. Je remercie le Ciel de ne pas vous avoir lus ni entendus à l’époque. Trop occupé à faire ce que vous ne faisiez plus : informer, questionner, chercher. Et avec l’argent de tous.

De mon côté, j’écris pour remercier celles et ceux qui m’ont permis d’être encore debout en 2026. Et non assis dans de confortables fauteuils parisiens à donner des leçons de morale à la terre entière.

Ainsi va l’info depuis 20 ans. Vous êtes devenus, à mes yeux, les nouveaux pasteurs, rabbins ou imams d’une société qui ne croit plus en rien… mais qui continue d’écouter. C’est pour cela que j’écris. Comme une dernière tentative. Après avoir décidé d’arrêter de produire et réaliser des documentaires sur des sujets qui me semblent incontournables, même si pour vous, ils paraissent secondaires.

Vous souvenez-vous seulement du pourquoi ? Du moment précis où vous avez choisi ce métier ? De l’élan, de la faim de vérité, de l’envie de raconter le réel ? De cette époque où informer voulait dire éclairer, pas endormir ? Aujourd’hui, vous ne racontez plus. Vous répétez. Des perroquets bien dressés, à la botte d’une poignée de milliardaires décérébrés qui tiennent le monde par la gorge.

Leur arme la plus efficace n’est ni l’argent, ni la violence. C’est la peur. La peur savamment distillée, répétée, martelée. La peur qui fait taire. La peur qui fait obéir. La peur qui transforme des journalistes en porte-voix. À chaque mensonge relayé, à chaque crime passé sous silence, à chaque manipulation acceptée… Vous n’êtes plus neutres. Vous êtes complices.

Ne vous cachez pas derrière la naïveté de la survie professionnelle. Le silence est un choix. La lâcheté aussi. Je vous plains sincèrement. Car viendra le moment où les lumières s’éteindront. Où les micros se tairont. Où il ne restera que vous, votre conscience, et la somme de vos renoncements.

Et ce jour-là, il n’y aura plus d’éditorial pour maquiller la vérité. Il faudra assumer. Ce métier était beau. Vous l’avez laissé mourir. Et l’Histoire, elle, n’oublie jamais. La vérité finit toujours par revenir. Souvent, quand ceux qui l’ont ignorée font semblant de l’avoir toujours su. Je suis encore là. Et le bien, même cabossé, finit toujours par trouver son chemin.

PB

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