Un an sans salaire : les enseignants vacataires dénoncent la précarité à l’université
Auteur(s)
France-Soir
Publié le 04 novembre 2026 – 13:50


DR – Pexels
Après un an d’enseignement à l’université, Monica Paniz n’avait toujours pas reçu son salaire. Malgré de longues études et un doctorat, cette enseignante dijonnaise raconte les difficultés financières et professionnelles rencontrées par les vacataires. Son témoignage rejoint une mobilisation nationale contre des conditions de travail jugées indignes.
Dans un reportage publié le 3 novembre par France 3 Bourgogne-Franche-Comté, Monica Paniz raconte les désillusions de son parcours universitaire. Après des années de formation, elle en vient à s’interroger sur la pertinence de ses choix. Son témoignage s’inscrit dans la mobilisation du collectif #JeSuisLéa, lancé pour dénoncer les difficultés des doctorants et des jeunes chercheurs employés comme vacataires dans l’enseignement supérieur.
Sur LinkedIn, l’enseignante décrit plusieurs épisodes de son parcours. Elle explique avoir préparé sa thèse sans bourse, tout en cumulant trois emplois. Lors de ses premières vacations universitaires, sa fierté d’enseigner dans cette institution s’est rapidement heurtée aux difficultés administratives. Un an après avoir commencé ses cours, elle n’avait toujours perçu aucune rémunération. L’année suivante, après 63 heures d’enseignement dans une autre unité de formation et de recherche, un dysfonctionnement administratif aurait conduit l’établissement à lui proposer une compensation en nature, sous la forme d’un réfrigérateur ou d’une machine à laver.
Pourtant, le cadre juridique prévoit déjà des garanties. Dans une décision du 6 février 2024, le Conseil d’État a rappelé que la loi impose depuis le 1er septembre 2022 le paiement mensuel des enseignants vacataires. La juridiction a annulé une note ministérielle qui cherchait à réserver cette mensualisation à certaines catégories de personnels. L’obligation concerne donc l’ensemble des vacataires visés par le dispositif, indépendamment de leur rémunération annuelle ou de l’existence d’une autre activité professionnelle.
Le recours aux vacations permet aux universités de mobiliser des compétences variées pour assurer leurs enseignements, mais la succession de missions temporaires laisse certains universitaires sans perspective durable. Le doctorat, jadis sésame, ne garantit aucun poste de titulaire.
Source : France Soir
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