Cnews est une machine de propagande privée qui souille l’audiovisuel public français.
La pétition rédigée et déposée le 10 juin 2026 par le citoyen Lucas Massoni vise à fermer la chaîne audiovisuelle privée Cnews en raison de ses multiples manquements au droit et à ses obligations. Elle a aujourd’hui recueilli près de 700.000 signatures. Que contient-elle et comment faire concrètement pour la signer sur le site de l’Assemblée nationale jusqu’au 19 juin 2029 ?

I. Qu’est-ce que Cnews ?
CNews est une chaîne d’information en continu avec une plateforme numérique, centrée sur le direct, le débat et l’interpellation publique. Elle a l’héritière de i>Télé, une chaîne d’info lancée en en 1999 par le groupe Canal+ pour concurrencer des acteurs établis tels que LCI et BFMTV. Elle appartient au milliardaire de droite Vincent Bolloré (11ème fortune française) Après avoir hérité en 1981 d’une entreprise familiale de papeterie – Bolloré, c’est le «B» des feuilles de cigarettes françaises «OCB», utilisées à travers le monde –, Vincent Bolloré a bâti un empire tentaculaire dans les médias, la communication et la culture (plus de 90% des activités de Bolloré SE).
Bolloré prend le contrôle du groupe Canal+ en 2014 et c’est en 2017 qu’il transforme i>Télé en Cnews, avec une refonte totale de la stratégie éditoriale. CNews.fr a repris la logique du flux continu, en y ajoutant des formats propres à Internet : vidéos courtes, articles de synthèse, et rubriques thématiques destinées à une lecture rapide. La chaîne est montée récement en puissance sur la TNT et a une forte présence en ligne, particulièrement lors d’événements politiques et sportifs.
En janvier 2022, Bolloré avait été auditionné par une commission d’enquête sénatoriale sur la concentration des médias. Il avait dû s’expliquer sur l’ascension médiatique de Eric zemmour, régulièrement invité sur Cnews alors qu’il a été condamné à plusieurs reprises pour « provocation à la haine et à la violence », notamment pour des propos tenus sur CNews en 2020. Le sénateur David Assouline avait indiqué à Bolloré : « Monsieur Zemmour lui-même dit dans son livre que c’est vous qui l’avez convaincu de rejoindre la chaîne. Il était déjà condamné pour des propos. »
Le 12 juin 2026, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a rendu une décision en plénière pour mettre en demeure le service de télévision CNews « de se conformer, à l’avenir, à l’exigence d’expression pluraliste des courants de pensée et d’opinion résultant des articles 1er, 3-1 et 13 de la loi du 30 septembre 1986, dans les conditions prévues par la délibération du 17 juillet 2024. » L’Arcom avait été saisie en janvier 2026 par l’association Reporters sans frontières (RSF) et a procédé à 168 heures de visionnage.
Deux jours plus tôt, le 10 juin 2026, le citoyen français Lucas Massoni avait déposé sur le site de l’Assemblée nationale une pétition intitulée Supprimer CNews de l’audiovisuel français. Cette pétition était restée discrète mais depuis la tuerie raciste à Trappes le vendredi 23 octobre 2026 elle a connu un succès phénoménal : plus de 700.000 signatures au 3 novembre 2026. Dans le texte ci-dessous, les informations entre crochets ont été ajoutées par Jocelyne Chassard.

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II. Le texte du citoyen pétitionnaire Lucas Massoni
« CNews n’est pas une chaîne d’information. C’est une machine de propagande. Depuis 2019, elle cumule 27 rappels à l’ordre et 630.000 euros d’amendes. C’est le record absolu de l’audiovisuel français.
Passons en revue ce que l’on entend sur cette chaîne, en prime time, sur une fréquence publique :
Des Français noirs comparés à des « grands singes » et à des « tribus primitives ». Des mineurs étrangers qualifiés de violeurs, tous, sans distinction. Les origines d’Aya Nakamura, de Rima Hassan, moquées en boucle. Des appels à la déchéance de nationalité contre une élue de la République. Et, comble du révisionnisme, Pétain présenté comme le sauveur des juifs de France.
Fin mars 2026, nouveau seuil franchi. Bally Bagayoko, nouveau maire de Saint-Denis, est comparé à un singe en direct par un invité. Le parquet de Paris ouvre une enquête pour injure raciste. Le maire porte plainte. Il demande la fermeture de la chaîne. Il a raison.
L’Arcom ne régule plus. Reporters Sans Frontières l’a démontré : la gauche est reléguée la nuit, l’extrême droite s’étale en prime time. Aucune sanction pour manquement au pluralisme. Il a fallu une décision du Conseil d’État en 2024 pour obtenir un simple « avertissement », la sanction la plus faible du code pénal. Des consignes internes à l’Arcom demanderaient de « lever le pied ». Le régulateur est devenu le paillasson du régulé.
Les amendes sont un théâtre pour Vincent Bolloré qui pèse plus de dix milliards d’euros. 100 000 euros d’amende, c’est une pièce tombée du canapé. Chaque sanction est un ticket d’entrée qu’il paye volontiers pour continuer à déverser son poison. Tant que le signal reste à l’antenne, il gagne.
Le temps presse, la fréquence TNT vient d’être renouvelée pour dix ans. Dix ans de poison déversé gratuitement dans les foyers français. Dix-huit mois avant la présidentielle de 2027.
L’Arcom peut retirer unilatéralement une convention TNT en cas de récidive. CNews est la définition du récidiviste.
Nous avons vu le film aux États-Unis. Vingt ans de Fox News ont préparé Trump, l’assaut du Capitole, la fin du droit à l’avortement, la sortie des accords climat. Un média n’est jamais neutre. Il façonne un pays. CNews applique la même recette, sur le même calendrier, avec les mêmes cibles que Fox News.
Une fréquence publique, ça se mérite, ça ne se souille pas.
Rappel des manquements au droit de CNews :
- 27 rappels à l’ordre par l’Arcom depuis 2019
- 630.000 euros d’amendes cumulées
- 52 sanctions contre C8 et CNews en 12 ans, dont 16 pour la seule année 2024
- 100.000 euros pour propos discriminatoires contre Algériens, Palestiniens et musulmans
- 100.000 euros pour avoir présenté l’avortement comme « première cause de mortalité »
- 150.000 euros pour diffusion de propos inexacts sans vérification ni contradiction
- 50.000 euros pour fausse information sur une salle de prière lors d’un voyage scolaire
- 20.000 euros pour propos climatosceptiques sans contradictoire, condamnation confirmée par le Conseil d’État [décision n°497471 du 6 novembre 2025]
- mises en demeure à répétition pour incitation à la discrimination
- manquement structurel au pluralisme politique, acté par le Conseil d’État [le 13 février 2024, décision n°463162]
- ouverture d’une enquête par le parquet de Paris, pour injure publique à caractère raciste contre Bally Bagayoko, [le 2 avril 2026, en raison de propos tenus lors de l’émission 100% politique sur la chaîne CNews les 27 et 28 mars 2026 par le psychologue Jean Doridot et l’essayiste Michel Onfray].
Pour ces raisons nous demandons :
- Le retrait immédiat de la convention TNT de Cnews
- La fermeture de la chaîne

III. L’avenir de la pétition
La plateforme des pétitions de l’Assemblée nationale permet aux citoyen.nes de la République française d’adresser des pétitions aux député.es et de signer des pétitions déjà déposées. Chaque pétition est attribuée à l’une des huit commissions permanentes de l’Assemblée nationale, en fonction de la thématique qu’elle aborde. Les pétitions ayant recueilli au moins 100.000 signatures sont mises en ligne sur le site de l’Assemblée nationale pour plus de visibilité.
La pétition n°5820 de Lucas Massoni doit être examinée par la commission des Affaires culturelles et de l’éducation : elle a été créée le 1er juillet 2009 par la scission de l’ex-commission des Affaires culturelles, familiales et sociales ; ses domaines de compétence sont l’enseignement scolaire, l’enseignement supérieur, la recherche, la jeunesse, les sports, les activités artistiques et culturelles, la communication, la propriété intellectuelle. Cette commission de 81 membres doit désigner un.e rapporteur.e qui va examiner l’intérêt de débattre de cette pétition dans l’Assemblée nationale : le ou la rapporteur.e proposera soit d’examiner le texte au cours d’un débat faisant l’objet d’un rapport parlementaire, soit de classer la pétition. La décision est prise par un vote interne de la commission.
Composition : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/organes/commissions-permanentes/affaires-culturelles/composition
Par ailleurs, la Conférence des président.es de groupes de l’Assemblée nationale peut aussi décider d’organiser un débat en séance publique sur une pétition ayant recueilli au moins 500.000 signatures, issues d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer.
IV. Mode d’emploi pour signer la pétition sur le site de l’Assemblée nationale
Etapes 1 et 2 : s’identifier :


Etapes 3, 4 et 5 : se connecter à FranceConnect :



Etapes 6, 7 et 8 : signer la pétition :



Etape 9 : possibilité d’annuler votre signature :

Auteure : Jocelyne Chassard
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