Essonne : choquée par les cours d’éducation sexuelle de son petit-fils, une grand-mère s’insurge et se retrouve au tribunal
Le tribunal d’Évry-Courcouronnes a jugé, le 8 octobre dernier, une grand-mère poursuivie pour outrage et menace après avoir insulté une inspectrice d’académie lors d’une réunion sur l’éducation sexuelle en maternelle. Le même jour, le Conseil d’État a rejeté une requête visant à renforcer la place des parents dans l’organisation de ces séances.

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Photo: : Jean-François FORT / Hans Lucas / AFP via Getty Images
En Essonne, Emmanuelle (prénom modifié), 55 ans, a comparu jeudi 8 octobre devant le tribunal correctionnel d’Évry-Courcouronnes. Cette grand-mère était poursuivie pour outrage et menace envers une personne chargée d’une mission de service public, après une réunion sur l’éducation sexuelle à l’école maternelle. Le tribunal l’a relaxée, rapporte Actu Essonne.
Un petit-fils qui inquiète sa grand-mère
Emmanuelle va régulièrement chercher son petit-fils à la sortie de l’école Jacques-Brel, à Évry-Courcouronnes. L’enfant est scolarisé en grande section de maternelle. Au début de l’année scolaire 2025, un courriel a informé les parents que des séances d’éducation à la vie affective et relationnelle, ainsi qu’à la sexualité, seraient organisées. L’Éducation nationale avait décidé ce programme obligatoire. Selon Actu Essonne, cette information est passée inaperçue.
Quelques semaines plus tard, de nombreux enfants sont rentrés de l’école profondément troublés, rapporte le média. La grand-mère affirme avoir observé des comportements inhabituels chez son petit-fils : « Mon petit-fils sortait son zizi à tout bout de champ, se masturbait devant nous. »
Une réunion qui tourne à la dispute
Le 4 avril 2025, l’école a organisé une réunion pour répondre aux inquiétudes des familles. Une trentaine de mères ont rencontré l’inspectrice, la directrice, une psychologue et une puéricultrice assermentée.
Elles ont aussi découvert les supports pédagogiques. D’après les descriptions publiées de cette réunion, ces documents comprenaient des dessins d’organes génitaux et des illustrations sur la masturbation et la sodomie. Certaines mères ont dénoncé les contenus abordant des actes sexuels, les jugeant inadaptés à des enfants de moins de 6 ans.
Ces documents ont provoqué une vive réaction chez les parents. Emmanuelle a jugé la méthode pédagogique « tout simplement ahurissante ». Le ton est ensuite monté. La psychologue aurait qualifié les mères d’« arriérées ». De son côté, la grand-mère a pris la parole au nom du groupe. Après une réponse de l’inspectrice, elle lui a lancé : « Vous êtes une prostituée de l’État. »
Vingt heures de garde à vue
À la suite de cette réunion, les intervenants ont déposé une plainte conjointe, selon Actu Essonne. Trois jours plus tard, Emmanuelle a été convoquée au commissariat. Elle a passé 20 heures en garde à vue, avant d’être poursuivie en justice.
À l’audience, elle a expliqué avoir réagi sous le coup de l’émotion, estimant ces contenus inadaptés à de jeunes enfants. Le tribunal a prononcé sa relaxe.
Quant à l’inspection académique, elle assure qu’un « programme de formation des enseignants de grande ampleur a été mis en place ». Elle indique aussi que des outils pédagogiques adaptés sont désormais proposés.
Les parents n’ont pas de droit de veto
Depuis plusieurs années, les cours d’éducation sexuelle à l’école cristallisent les tensions. Une affaire avait notamment suscité des interrogations sur les contrôles des intervenants. En septembre 2025, en Lozère, un conseiller pédagogique condamné en 2011 pour détention d’images pédopornographiques avait été désigné pour former des enseignants au programme EVARS. Après les révélations de Mediapart, la rectrice de l’académie de Montpellier lui avait retiré cette mission.
Dans ce contexte, la Confédération nationale des associations familiales catholiques (CNAFC) avait demandé que les familles soient davantage associées à l’organisation des séances d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (EVARS). Elle souhaitait aussi qu’elles puissent donner leur accord et choisir les intervenants extérieurs.
Cependant, le 8 octobre, le Conseil d’État a rejeté la requête de la Confédération nationale des associations familiales catholiques. Selon la juridiction, aucun texte n’impose de recueillir l’accord des parents avant les séances ni de les associer au choix des intervenants. Cet enseignement intervient « en complément du rôle des parents et des familles des élèves ».
La circulaire du 4 février 2025 prévoit que les parents soient informés chaque année des objectifs de cet enseignement. Ils peuvent aussi demander des précisions à l’équipe éducative et solliciter un entretien, notamment pour évoquer la situation particulière de leur enfant. Ils disposent ainsi d’un droit au dialogue, mais pas d’un droit de veto sur les séances.
Source : Epochtimes
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