Le pape Léon XIV réconforte la religieuse catholique française agressée à Jérusalem par un extrémiste juif

Le pape Léon XIV a rencontré à Paris la religieuse française violemment agressée en avril près du tombeau de David, à Jérusalem. Le frère Olivier Poquillon, directeur de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem, a publié une photo de l’échange et remercié le pontife d’avoir « accueilli et réconforté » la sœur.

mise à jour le 26/09/26

Une condamnation officielle suffit-elle quand les mêmes agressions reviennent année après année ?

Le geste est resté discret pendant la visite de Léon XIV en France, mais il n’est pas passé inaperçu. La rencontre a eu lieu le 25 septembre 2026 à Notre-Dame de Paris, lors des vêpres présidées par Léon XIV. Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Paris, a personnellement présenté au pape la religieuse française de 48 ans agressée par un juif quelques mois plus tôt à Jérusalem, près du tombeau de David. La sœur, chercheuse à l’École biblique et archéologique française de Jérusalem, avait été attaquée alors qu’elle circulait en habit religieux.

La rencontre a été rendue publique par le frère Olivier Poquillon OP, directeur de l’établissement. Dans un message publié sur X le 25 septembre, accompagné d’une photo montrant Léon XIV auprès de la religieuse, il écrit : « Merci au Pape Léon XIV d’avoir accueilli et réconforté notre sœur et collaboratrice victime d’un crime de haine en avril à Jérusalem. Puisse la prière et la fraternité nous aider à bâtir la paix. »

Une agression filmée près du tombeau de David

Les faits remontent au 28 avril. Les images de vidéosurveillance montrent un homme courir derrière la religieuse, la pousser violemment au sol puis revenir vers elle alors qu’elle est encore à terre pour lui porter un coup de pied. Un passant venu s’interposer est à son tour pris à partie. La sœur est blessée à la tête et reste fortement choquée après l’attaque.

Le suspect, Yona Schreiber, est un homme juif de 36 ans résidant dans l’implantation de Peduel, en Cisjordanie. Le parquet de Jérusalem l’avait poursuivi pour une agression ayant causé des blessures et motivée par l’hostilité envers un groupe religieux. Selon l’acte d’accusation, il avait repéré la tenue chrétienne de la religieuse avant de décider de l’attaquer.


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Un sentiment d’impunité régulièrement dénoncé

La répétition des faits pose aussi la question de la réponse des autorités. Des religieux dénoncent depuis plusieurs années le faible effet dissuasif des interventions policières et judiciaires. Dans la Vieille Ville, certains expliquent que les auteurs de crachats ou de provocations agissent parfois à quelques mètres des forces de l’ordre, sans craindre de véritables conséquences.

Cette impression d’impunité est d’autant plus préoccupante que certains militants de la droite religieuse israélienne ont publiquement cherché à banaliser les crachats contre les chrétiens. Le Média en 4-4-2 avait notamment rapporté les propos défendant cette pratique comme une prétendue « coutume juive », après la diffusion d’images montrant des orthodoxes cracher en direction de pèlerins chrétiens.

Quand des prêtres, des religieuses ou des pèlerins expliquent subir régulièrement crachats, insultes et intimidations, la protection des victimes ne peut pas se limiter à une condamnation officielle après les faits. Plus d’une centaine d’incidents antichrétiens avaient encore été recensés en 2024 par le Rossing Center, parmi lesquels des agressions physiques et des attaques contre des sites chrétiens.

La rencontre entre Léon XIV et la religieuse française intervient dans ce contexte. Derrière l’image du pape réconfortant personnellement une victime se trouve une réalité plus large : celle de communautés chrétiennes de Jérusalem qui dénoncent depuis des années les humiliations et violences dont certains de leurs membres sont la cible.

par Le Média en 4-4-2

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