Mortalité infantile : pourquoi a-t-il fallu six mois pour sortir le rapport de l’Igas ?

Auteur(s) France-Soir Publié le 21 août 2026 – 12:15

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2 709 nourrissons sont morts en France avant leur premier anniversaire en 2024. Derrière ce chiffre, publié par l’Insee, se cache une dégradation qui ne ressemble plus à un simple accident statistique : le taux de mortalité infantile a atteint 4,1 décès pour 1 000 naissances vivantes, soit environ un enfant sur 250.

La France, longtemps parmi les meilleurs élèves européens, a reculé jusqu’à la 23ᵉ place de l’Union européenne selon le rapport de l’Igas consacré à la périnatalité. L’inspection estime que si le pays avait atteint le taux moyen européen, fixé à 3,3 pour 1 000, 529 décès avant un an auraient pu être évités en 2024.

Le problème est connu. Et pourtant, le rapport de plus de 300 pages remis au ministère de la Santé au début de l’année 2026 n’a été rendu public que plusieurs mois plus tard, après des révélations dans la presse. Le Monde rapporte que le document, transmis au ministère à la mi-février, n’a été diffusé que le 5 août. Une question écrite déposée à l’Assemblée nationale évoque également une publication intervenue après les révélations médiatiques.

Mais alors, pourquoi attendre que le diagnostic porte sur une urgence sanitaire et formule déjà des recommandations ? Il ne suffit pas d’annoncer une nouvelle mission ou de promettre des propositions concrètes si un travail d’expertise complet est déjà disponible.

Le rapport de l’Igas invite toutefois à éviter les explications trop commodes. La hausse de la mortalité infantile est multifactorielle, précarité sociale, évolution de l’âge des mères, grossesses multiples, prématurité, inégalités territoriales, et certainement d’autres facteurs encore. 

Les écarts géographiques restent néanmoins saisissants. En Seine-Saint-Denis, territoire déjà identifié depuis des années comme particulièrement exposé, les indicateurs de mortalité autour de la naissance demeurent nettement supérieurs à la moyenne nationale, selon Santé publique France.

Le constat est donc moins celui d’une absence totale de solutions que d’une difficulté persistante à transformer les diagnostics en décisions, mais pas que… Il faudra certainement attendre un peu pour une information plus pertinente.

Source : France Soir

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