En Bretagne, l’ordonnance médicale envoie les patients en forêt
Auteur(s) France-Soir Publié le 29 juillet 2026 – 18:50

DR – Unsplash
Depuis peu, des médecins, kinés et psychologues bretons peuvent glisser une sortie en forêt dans une ordonnance, aux côtés d’un traitement classique. L’expérimentation, prévue sur trois ans dans les Pays de Morlaix, à Belle-Île-en-Mer et à Brocéliande, mise sur des bénéfices déjà mesurés sur le cœur ou l’immunité, pour reconnecter des corps sédentarisés à leur environnement.
Le projet porte un nom qui dit son ambition, Sainbiote, soit Santé Interactions Biodiversité Territoire. Eco-Bretons a recueilli les explications de Charline Le Corre, chargée de projet à l’Ulamir-CPIE du Pays de Morlaix, qui porte le dispositif avec les CPIE de Belle-Île et de Brocéliande, sous financement de l’Agence régionale de santé de Bretagne. Trois axes structurent ce programme : sensibiliser le grand public au lien entre santé et nature, former élus et techniciens à des aménagements plus favorables à la santé des habitants, et expérimenter la prescription de nature auprès de professionnels de santé volontaires. Un comité scientifique a validé le protocole retenu pour cette phase expérimentale, avant toute généralisation éventuelle.
Tout professionnel agréé par l’Agence régionale de santé peut rejoindre le dispositif sur les trois territoires concernés. Médecins généralistes, kinésithérapeutes, orthophonistes et psychologues y participent déjà. Lors d’une consultation, ils peuvent prescrire du temps dans la nature en complément d’un traitement en cours, le patient choisissant ensuite entre un parcours autonome et un accompagnement par un médiateur santé-nature de l’Ulamir-CPIE, qui affine avec lui ses envies et son rapport préexistant à l’extérieur.
Cette bascule s’appuie sur un travail de fond, puisque l’équipe a passé au crible, durant la première phase du projet, la littérature scientifique disponible sur le sujet. « Les effets sont démontrés, d’un point de vue aussi bien physique que psychique », résume Charline Le Corre, qui cite des impacts mesurés sur la santé cardiaque, l’immunité ou les fonctions cognitives.
Le projet breton s’inscrit dans une dynamique plus large en France. La Relève et La Peste rapporte qu’un dispositif comparable, baptisé Naphea et porté par le laboratoire Inserm Reshape de Lyon, cherche à construire un modèle de prescription de nature applicable aux soins primaires comme à la psychiatrie. Sainbiote, lancé en 2024 après une phase d’enquête, doit entrer en phase d’expérimentation proprement dite au cours de 2026. Selon la coordinatrice du projet côté Union régionale des CPIE, Mari Le Coz, restent encore à définir qui prescrit, pour quels patients et avec quel financement.
Au Canada et en Belgique, la prescription de nature est déjà pratiquée par des soignants, rappelle l’Ulamir-CPIE du Pays de Morlaix sur sa page consacrée au projet, un précédent qui a nourri la réflexion bretonne.
Source : France Soir
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