Éteindre le feu Macron*
Auteur(s) Xavier Azalbert, France-Soir Publié le 29 juillet 2026 – 20:00

Éteindre le feu Macron, puis, un jour, dire : feu le président Macron
France-Soir
Le feu de la Macronie : de la capture institutionnelle au mensonge érigé en vérité et la consécration des inégalités sociales.
Il y a des images qui ne mentent pas.
Cet été 2026, ce sont déjà plus de cent cinquante mille hectares de forêt française qui sont partis en fumée – un record absolu qui multiplie par neuf la moyenne historique à la même date. Et que fait le Président de la République ? Il se tient face aux pompiers et fait silence. Pas d’enthousiasme. À peine une politesse glacée. En regardant ces hommes et ces femmes épuisés, on se demande si certains n’auraient pas préféré braquer leurs lances, non pas sur les flammes de Gironde ou du Var, mais sur cet autre incendie, plus ancien, plus systémique. Celui qui consume la France, tant politiquement qu’économiquement et socialement, et à tous les niveaux structurels et institutionnels depuis bientôt une décennie : le feu Macron.
Car, le bilan de plus de neuf ans de macronisme n’est pas une succession d’accidents. C’est une trajectoire. Une mise à feu et à sang méthodique. Les Gilets jaunes, d’abord : ce soulèvement populaire d’une France périphérique humiliée, réprimée dans la rue avec une violence d’État rarement égalée sous la Ve République. La dette, ensuite. En 2017, elle s’élevait à 2 218 milliards d’euros, soit environ 98 % du PIB. Au premier trimestre 2026, elle atteint 3 536 milliards, soit 117,5 % du PIB. Plus de 1 300 milliards d’euros supplémentaires. Un record historique. Et alors que Bruno Le Maire, Monsieur « j’ai dilaté la dette comme jamais », jurait de mettre l’économie russe à genoux par les sanctions, c’est la France qui s’agenouille devant les marchés. Lui-même a tiré sa révérence. Mais la partition, elle, continue d’être jouée : la charge de la dette explose, dévorant désormais l’équivalent du budget de l’Éducation nationale. Et ceci sans que l’on voie le moindre début de l’extinction de ces feux qui font des dégâts invisibles. Le « Mozart de la Finance » n’a pas encore quitté la scène, et le brasier, lui, grandit.

Ce n’est pas un simple échec de gestion. C’est le produit d’une forme politique indéfinie, que le professeur Chris Bickerton avait déjà diagnostiqué dès 2020 : une « coquille vide », un techno-populisme qui prétend être « la solution aux problèmes du peuple » tout en imposant, d’en haut, des vérités technocratiques qui tuent le débat démocratique. « En politique, il n’y a pas de vérité, il n’y a pas une bonne réponse », rappelait Bickerton. Le macronisme, lui, a érigé le contraire en méthode : le mensonge élevé au rang de vérité officielle, et la méritocratie a été reléguée en division « d’honneur ». Et pendant ce temps-là, les menteurs politiques de la République jouent la Ligue des Champions… avec l’argent des Français.

C’est ici qu’intervient la théorie de la capture, théorisée par George Stigler dans son article fondateur de 1971. La régulation, disait-il, n’est pas conçue pour le bien commun. Elle est capturée par ceux qu’elle est censée réguler, et mise au service de leurs intérêts. Appliquée à l’échelle de l’État tout entier, cette capture institutionnelle devient une cabale cartelistique. Les institutions – justice, santé, éducation, médias, haute administration – ne sont plus des garde-fous ; elles sont colonisées.

Le pantouflage se banalise. Les intérêts privés et les réseaux technocratiques écrivent les décrets. Le « et en même temps » n’est plus une rhétorique : c’est la technique de conversion du mensonge en vérité. « Quoi qu’il en coûte » devient une prouesse de solidarité nationale, alors qu’il s’agit d’un endettement sans précédent. Les sanctions contre la Russie sont présentées comme un succès géopolitique, alors que c’est l’économie française qui en paie le prix. Le pass sanitaire – viol du consentement – est érigé en progrès scientifique. La dissolution de l’Assemblée devient un acte de « responsabilité républicaine ». Chaque échec est retouché. Chaque contestation est pathologisée. Et chaque opposition est stigmatisée. La fausse vérité triomphe, parce que les institutions capturées la produisent, la diffusent et sanctionnent tous ceux qui dénoncent sa fausseté.

Cette capture produit une maltraitance institutionnelle. Une mal-administration systématique qui infantilise, menace, stigmatise et épuise. Douze millions de Français en anxiété ou dépression. Explosion des antidépresseurs. Burn-out de masse. Division artificielle des familles et des lieux de travail. Sentiment de gâchis généralisé. La France possède des atouts immenses. Malheureusement elle est traitée comme un patient soumis à une thérapie de choc permanente, au nom de son propre bien. « Fais ce que je dis, pas ce que je fais », la formule résume la relation entre le pouvoir et le peuple : le pouvoir est capturé, et le peuple, lui, est opprimé, trahi, bafoué, trompé.

Le macronisme n’est donc pas une politique parmi d’autres. C’est une forme indéfinie qui s’apparente à une capture permanente des institutions. Une cabale qui transforme le mensonge en vérité d’État, et la vérité en dissidence. Comme je l’écrivais en 2025, arrêter Macron ne consiste pas seulement à déloger un homme : c’est démanteler un système qui trahit les principes républicains. Et qui a consacré les inégalités sociales caractérisée par la protection des riches au détriment des moins aisés, tel que cet habitant du Porge a pu le constater – 183 maisons y ont été détruites par les flammes alors que les communes plus riches ont été sauvées.
Les pompiers, au péril de leur vie, éteignent les feux de forêt : merci à eux !
Cependant, le plus important reste encore à faire : éteindre le feu de la Macronie. Non pas par la violence, mais par la reconquête démocratique des institutions capturées – au plus tard avec les éléctions de 2027.
Comment y arriver ? Principalement, il faut fédérer les colères, refonder les urnes, reconquérir le récit, rappeler que le pouvoir dépend uniquement du consentement populaire. Mettre de vie à trépas cette forme politique indéfinie, c’est redonner à la France la possibilité de dire la vérité, de nommer le mensonge et de désigner les menteurs. Et surtout ! éteindre enfin l’incendie allumé et entretenu par Emmanuel Macron et consort, qui consume le pays et la nation de l’intérieur.
Le temps presse. Les hectares brûlés ne sont que le symptôme visible d’un brasier bien plus profond et vaste. Éteindre le feu Macron n’est plus une option polémique. C’est une nécessité vitale. Un besoin absolu.
La reconstruction de la France après le feu de la macronie
On ne reconstruit pas un pays comme on reconstruit une maison. On le reconduit d’abord à lui-même. Dès lors, après le feu Macron, quatre chantiers prioritaires s’imposent, dans cet ordre précis :
- Assainir les institutions capturées : rendre leur indépendance réelle à la justice, à la haute administration, aux autorités de régulation. Mettre fin au pantouflage généralisé et aux portes tournantes. Instituer une réelle transparence des conflits d’intérêts et un contrôle citoyen effectif (référendum d’initiative citoyenne, révocation possible des élus). La capture de Stigler ne se combat pas par des discours, mais par la séparation nette entre le régulateur et le régulé.
- Rétablir la vérité en tant que bien public indispensable à la bonne conduite du pays et à la restauration de la confiance. Ce n’est pas un slogan. C’est une priorité nationale. Tant que le mensonge peut être élevé au rang de vérité officielle sans coût politique, toute reconstruction restera fragile. Cela passe par une réforme profonde des médias publics, par l’exigence de responsabilité des experts, et par le retour du débat contradictoire dans l’espace démocratique (et pas son remplacement par le « en même temps » technocratique).

- Réconcilier le pays avec lui-même: soigner la fracture territoriale, sociale et morale. Cela ne se fera pas par de nouvelles annonces jupitériennes, mais par un transfert massif de pouvoir et de moyens vers les citoyens, tel que cela n’aura jamais dû être oublié. Cela consiste à redonner du pouvoir aux territoires, par une réindustrialisation réaliste, par une politique de préférence nationale intelligente (pas idéologique), et par le rétablissement de la juste autorité de l’État, là où elle a été volontairement affaiblie par ses excès répétés, voire abusifs. La France d’après le feu Macron, doit redevenir un pays où l’effort est reconnu, où le travail n’est pas puni, et où l’identité n’est pas une honte.
- Rendre des comptes : rompre avec l’impunité de la République captive: la reconstruction d’une France digne de ce nom exige enfin que la justice redevienne aveugle. Pendant neuf ans, le balancier de Thémis a penché systématiquement du même côté. Le même Code pénal s’applique à tous… en théorie. En pratique, le traitement varie selon que l’on s’appelle citoyen ordinaire ou cadre de la macronie ». Alexis Kohler, Édouard Philippe, Agnès Buzyn, Éric Dupond-Moretti, Gérald Darmanin et tant d’autres ont vu plaintes et affaires s’enliser, se classer ou s’éteindre discrètement, tandis que le citoyen ordinaire peut perdre sa liberté pour un tweet ou quelques grammes. Cette justice à deux vitesses n’est pas une anomalie : c’est le dernier rempart de la capture institutionnelle. L’impunité est le privilège moderne qui a remplacé celui de la noblesse.
Il ne s’agit pas de vengeance. Il s’agit de justice.
Toute reconstruction digne de ce nom doit donc commencer par l’exigence claire : recherche systématique des responsabilités politiques, administratives et pénales ; fin des classements sans suite automatiques et des prescriptions opportunes ; application égale de la loi, sans aménagements de salon.

Sans cette quatrième exigence, les trois précédentes resteront des vœux pieux. On ne reconstruit pas un pays en laissant les arsonneurs de la République se retirer tranquillement dans leurs retraites dorées.
Un jour prochain (suite aux élections de 2027), nous dirons :
feu le président Macron .
Non pas par haine, mais par nécessité historique.
Parce que ce jour-là, le feu aura enfin cessé. (1)
Et sur les cendres encore chaudes de la Macronie,
la France pourra enfin recommencer à bâtir.
À se rebâtir et à prospérer à nouveau, au profit de l’intérêt général,
Non une restauration nostalgique d’un age d’or imaginaire,
mais la réinvention d’une République qui accepte d’avoir un peuple, une histoire et des frontières,
sans en avoir honte
Et surtout une gestion politique du pays qui respecte scrupuleusement le principe de la République, dans tous les domaines et à tous les niveaux :
« Gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. »
(1) Sauf bien sûr si celui ou celle qui lui succède à l’Élysée, est un Édouard Philippe (premier ministre de Macron pendant 3 ans, ou un autre clone et pareillement pyromane, que les médias subventionnés nous imposent en tant que leaders politiques ou en tant qu’hommes providentiels prétendument hors-système, tous bords confondus
(*) Ceci se veut une image de la fin de la présidence d’Emmanuel en 2027.
Source : France Soir
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