Affaire Geneviève Legay : 6 mois avec sursis pour le commissaire à l’origine de la charge policière

La cour d’appel du Rhône a condamné lundi 20 juin le commissaire de police Rabah Souchi à six mois de prison avec sursis pour « complicité de violences par personne dépositaire de l’autorité publique ». Il a ordonné la charge policière qui a gravement blessé Geneviève Legay, manifestante pacifique de 73 ans et porte-parole d’Attac Alpes-Maritimes, le 23 mars 2019 à Nice lors d’un acte des gilets jaunes.
Blast avait décortiqué le comportement du commissaire Souchi ce jour-là : outrepassant ses compétences, il avait ordonné une charge contre un rassemblement certes non autorisé, mais que policiers et gendarmes décrivaient comme non menaçant lors de l’enquête puis à la barre. Certains n’avaient pas hésité à qualifier le commissaire de « dangereux ».
L’affaire est rapidement devenue un cas d’école d’étouffement de violences policières. D’abord, les mensonges : dès le lendemain, le maire de Nice Christian Estrosi, le procureur de la République et le président de la République avaient tous nié les faits. Ensuite, le conflit d’intérêts : l’enquête préliminaire avait été confiée à la compagne du commissaire mis en cause, elle-même présente dans dispositif de maintien de l’ordre ce 23 mars 2019. Ce double conflit d’intérêt avait finalement motivé le dépaysement de l’affaire à Lyon.
Rabah Souchi avait déjà été condamné à six mois avec sursis en première instance en 2024. Cette même année, le tribunal administratif de Nice avait également reconnu l’État coupable de violences infligées à Geneviève Legay.
La peine prononcée lundi est conforme aux réquisitions de l’avocate générale, qui avait jugé l’ordre de charge « pas nécessaire« , « inadapté » et « illégal« . Si la sanction paraît faible, c’est la première fois qu’un donneur d’ordre est condamné pour les violences causées par ses décisions en maintien de l’ordre – et non l’agent directement responsable des coups.
Rabah Souchi s’en tire bien : la cour d’appel a approuvé la dispense d’inscription de sa condamnation au casier judiciaire, ce qui lui permet de rester directeur adjoint de la police municipale de Nice. Geneviève Legay, elle, a pris perpète. Aujourd’hui âgée de 80 ans, elle a raconté pendant le procès avoir perdu l’odorat, 35 % de son audition et l’équilibre.
Source : Blast
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