Gush Etzion reconnaît enfin les abus sexuels rituels : un tournant historique en Israël

On savait depuis la déclaration d’un ministre israélien que cracher sur les chrétiens était une tradition juive mais apparemment ce n’est pas la seule. puisque les abus sexuels font partie de rituels qui viennent d’être reconnus par un conseil régional.

Des années de déni, des vies brisées : Israël découvre l’envers de ses traditions les plus sombres.

Gush Etzion est un bloc de localités israéliennes situé dans les montagnes de Judée, entre Jérusalem et Hébron, en Cisjordanie. Le média israélien JFEED a publié un article sur le sujet, on y lit : « Dans une déclaration publique sans précédent, le Conseil régional de Gush Etzion a reconnu l’existence de cas d’abus sexuels rituels au sein de ses communautés à la suite d’une enquête choc de Kan11, mettant fin à une longue période de déni et exhortant les victimes à se manifester. »

L’investigation de la journaliste Ronnie Zinger ayant abouti à un documentaire vidéo d’une heure, intitulé « Blessures Cérémonielles », vient d’être mise en ligne il y a quelques jours… C’est un revirement spectaculaire qui marque un tournant dans l’un des scandales d’abus les plus troublants en Israël, et qui devrait désormais entraîner la réouverture de plaintes policières auparavant classées ainsi qu’un élargissement majeur de l’enquête criminelle. Le Conseil régional de Gush Etzion a publié une déclaration publique sans précédent reconnaissant des cas d’abus sexuels rituels au sein de ses communautés, mettant fin à une longue période de déni et de silence.

Cette déclaration extraordinaire est intervenue en réponse directe à l’enquête choc de la journaliste Roni Zinger, diffusée dans l’émission « Zman Emet » de la chaîne Kan 11. Le reportage présente les témoignages de cinq femmes différentes, dont la plupart ne se connaissaient pas, décrivant des schémas étonnamment similaires d’abus sexuels rituels commis par plusieurs auteurs dans les mêmes zones de Gush Etzion. Pourquoi ces cinq femmes ? Parce qu’elles viennent de différentes zones d’une même région géographique, qu’elles ont à peu près le même âge, elles décrivent les mêmes lieux où les sévices se sont produits et elles répètent parfois les mêmes noms d’agresseurs – tout cela sans se connaître ni avoir été exposées à leurs histoires mutuelles.

Le documentaire comprend également des enregistrements clandestins, des confrontations filmées et les témoignages de professionnels ayant accompagné les plaignantes au fil des années, le tout constituant une base de preuves laissant peu de place au doute… Pendant longtemps, les accusations d’abus sexuels graves de type rituels ou cérémoniels au sein de la communauté religieuse avaient été accueillies par des dénégations, une remise en cause des témoins et un profond scepticisme. Cette fois, le Conseil Régional a choisi une voie radicalement différente ! La déclaration officielle du Conseil indique notamment : « Les actes décrits, attribués notamment à des personnes de Gush Etzion, sont l’expression d’un mal absolu et d’une dépravation morale qui n’ont pas leur place dans la société humaine, et certainement pas dans notre communauté. »

Les dirigeants ont adressé un message sans ambiguïté aux victimes encore trop effrayées pour parler : « Nous souhaitons déclarer dans les termes les plus clairs possibles que nous condamnons les actes d’abus et ceux qui les commettent. Les abus sexuels, et plus encore ceux décrits comme systématiques et rituels, constituent un crime odieux qui blesse non seulement les victimes, mais aussi tout le tissu de notre communauté. » La déclaration du Conseil s’est conclue par une mesure concrète : la publication de numéros de téléphone directs pour la ligne de sécurité, les services sociaux, des psychologues et des lignes d’assistance spécialisées pour les victimes d’agressions sexuelles. Les victimes ont été invitées à prendre contact discrètement et immédiatement : « Nos pensées accompagnent les victimes, où qu’elles se trouvent » conclu le communiqué du Conseil.

Et maintenant ? L’enquête de Kan 11, combinée à cette reconnaissance officielle et sans précédent du Conseil Régional, devrait désormais entraîner la réouverture de plaintes policières auparavant classées ainsi qu’un élargissement majeur de l’enquête criminelle – dans ce qui apparaît comme l’une des affaires d’abus sexuels les plus organisées et les plus choquantes jamais révélées en Israël.


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par Yoann

Source : Le Média en 4-4-2

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