L’hospitalisation à Orléans d’un mécanicien n’était pas liée à son « allergie au kiwi » mais bien au vaccin anti-Covid

La justice a été amenée à se prononcer sur le cas de l’hospitalisation d’un homme à Orléans et à Tours pour une maladie développée après avoir été vacciné contre la Covid-19.

Un homme alors âgé de 38 ans, mécanicien, a vu sa vie basculer une semaine après sa première injection de vaccin contre la Covid-19 avec notamment une insuffisance rénale grave amenant de multiples préjudices sur sa vie personnelle et professionnelle. (©AdobeStock / Illustration)

Par Laurent REBOURS Publié le 21 mai 2026 à 18h06

Le tribunal administratif d’Orléans (Loiret), dans une décision de février 2026 venant d’être rendue publique, a condamné l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM). L’organisme va devoir verser 57.000 euros de dommages et intérêts à un mécanicien qui avait été hospitalisé à Orléans et à Tours (Indre-et-Loire) pour une maladie rénale développée après avoir reçu le vaccin de Pfizer contre la Covid-19.

Un « œdème de la gorge » et des complications après la première injection

Le 5 juillet 2021, cet homme alors âgé de 38 ans avait en effet reçu une première injection du vaccin Comirnaty développé par les laboratoires Pfizer et BioNTech. Ce vaccin à ARN messager – une technologie qui permet à certaines cellules de l’organisme de produire une « copie » de la protéine virale pour activer une réponse immunitaire –  était alors « indiqué pour l’immunisation active (…) chez les personnes âgées de six ans et plus «.

Mais « quelques jours plus tard », le patient avait développé « un œdème de la gorge« , des « difficultés à respirer « , un « gonflement abdominal «, une « asthénie » (fatigue) et « des vertiges sans fièvre ni éruption cutanée «.

La « persistance » de ces symptômes après la deuxième dose reçue le 26 juillet 2021 lui avait finalement valu d’être hospitalisé pendant un mois aux urgences du pôle santé Oreliance de Saran où une « insuffisance rénale aiguë » lui avait été diagnostiquée, puis au centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Tours.

Pas d’autre élément que « la vaccination » dans l’apparition de sa maladie

L’homme avait alors réclamé son indemnisation par l’ONIAM. Il estimait « qu’aucun élément (…) ne permet d’identifier une autre cause » que la vaccination dans l’apparition de cette maladie.

Il indiquait également avoir développé une « hypothyroïdie » après le vaccin. Mais après une « expertise amiable » menée en février 2023, l’ONIAM avait rejeté sa demande.

125 000 euros réclamés en indemnisation de ses nombreux préjudices

Le requérant avait donc saisi le tribunal administratif d’Orléans pour obtenir 125 000 euros d’indemnités en réparation de ses « préjudices », parmi lesquels les « souffrances endurées «, sa « perte de gains professionnels », son « préjudice esthétique » et « sexuel » ou encore son « assistance » par une « tierce personne » à hauteur de « deux heures par jour » jusqu’en avril 2023.

Ce « mécanicien » n’a « pas repris son métier » depuis sa guérison du fait de son « état psychologique » ; il n’a « plus la force » de pratiquer « le vélo, la marche, la musculation et le football ».

Ses nombreux « antécédents allergiques » mis en avant par l’ONIAM

L’ONIAM pensait de son côté que les « nombreux antécédents allergiques » du requérant étaient « une autre cause possible » de ses symptômes. La « part imputable » au vaccin de ses « troubles » a de toute façon été établie à « 65 % » par le rapport d’expertise, qui n’est au demeurant « pas suffisamment étayé ».

L’Office national d’indemnisation des accidents médicaux demandait donc une « nouvelle expertise médicale » ou, à défaut, la « limitation » de l’indemnisation à 32 000 €.

De façon générale, « il appartient aux juges (…), dans un premier temps, non pas de rechercher si le lien de causalité entre la vaccination et l’affection présentée est ou non établi, mais de s’assurer, au vu (…) des connaissances scientifiques (…), qu’il n’y a aucune probabilité qu’un tel lien existe «, commence par recadrer le tribunal administratif d’Orléans dans un jugement en date du 5 février 2026 qui vient d’être rendu public.

Une probabilité de lien entre l’insuffisance rénale et le vaccin existe bien

Reste que « la probabilité qu’un lien existe entre le développement d’une néphropathie [l’insuffisance rénale aiguë, ndlr] et une injection du vaccin Comirnaty ne peut pas être complètement exclue ».

La « synthèse de 90 articles de revues scientifiques » réalisée dans le cadre de l’expertise a effectivement conclu à « une prédominance pour le développement d’un syndrome néphrotique (…) après une première ou une seconde injection d’un vaccin anti-Covid-19″.

La maladie sept jours après l’injection « n’a rien à voir avec les allergies au kiwi »

Cette maladie survenue sept jours après l’injection de la première dose (…) n’a pas pu être déclenchée par une réaction allergique à l’administration d’anti-inflammatoires (…) en l’absence de prise de médicaments par l’intéressé ni (…) par ses antécédents d’allergies au kiwi, à la banane, aux noisettes, aux fruits de mer et aux crevettes. Juges du tribunal administratif d’Orléans

Le requérant est donc « fondé » à réclamer son indemnisation au titre de cette maladie « sans qu’il y ait lieu (…) d’ordonner une nouvelle expertise ».

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En revanche « l’existence » de son « hypothyroïdie » n’est « pas confirmée » et il « ne peut se prévaloir d’aucun lien de causalité » entre cette pathologie et le vaccin.

Au final l’ONIAM devra donc lui verser près de 57 000 euros d’indemnités et 2 000 euros supplémentaires pour ses frais de justice : les juges ont simplement rejeté sa demande d’indemnisation au titre de son « préjudice d’agrément » car il « est totalement remis de sa pathologie rénale et ne présente aucune contre-indication à la pratique sportive ».

R.B. et G.F. (PressPepper pour actu Orléans)

Source : Actu.fr

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