Rome hausse le ton face à Bruxelles, Meloni s’exaspère
Auteur(s) France-Soir Publié le 19 mai 2026 – 11:34

La Première ministre italienne Giorgia Meloni
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La Première ministre italienne Giorgia Meloni a adressé lundi une lettre à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour réclamer un assouplissement des règles budgétaires européennes face à la montée en flèche des coûts de l’énergie. En toile de fond une escalade militaire au Moyen-Orient, qui perturbe les marchés pétroliers mondiaux et pèse lourdement sur les économies du bloc.
Selon Bloomberg, Rome demande à la Commission d’intégrer les investissements et mesures exceptionnelles liés à la crise énergétique dans la clause de sauvegarde nationale, un mécanisme permettant de déroger temporairement aux objectifs de déficit imposés par le Pacte de stabilité et de croissance — lequel plafonne les déficits publics à 3 % du PIB.
Meloni ne s’arrête pas là. Dans un bras de fer diplomatique inédit avec Bruxelles, elle brandit une menace concrète, l’Italie pourrait renoncer à solliciter le mécanisme SAFE (Security Action for Europe), le programme d’emprunt commun destiné à renforcer les capacités de défense du bloc, si aucune flexibilité n’est accordée sur le volet énergétique. L’argument de fond est politique autant qu’économique. « Nous ne pouvons pas justifier auprès de nos concitoyens que l’UE autorise une flexibilité financière pour la sécurité et la défense au sens strict, mais pas pour protéger les familles, les travailleurs et les entreprises contre une nouvelle crise énergétique », écrit la cheffe du gouvernement italien. L’Italie, déjà sous le coup d’une procédure pour déficit excessif, est particulièrement exposée aux chocs énergétiques extérieurs, et les projections de croissance revues à la baisse pour 2026 compliquent davantage sa capacité à respecter les objectifs européens.
Une instabilité prolongée affectant les voies d’approvisionnement ou les prix du pétrole, notamment autour de points stratégiques comme le détroit d’Ormuz, risque de ralentir la croissance et de relancer l’inflation dans l’ensemble du bloc.
La balle est désormais dans le camp de la Commission, et le caractère de l’Italienne sera certainement moins facile à manipuler que celui d’un Merz ou d’un Macron.
Source : France Soir
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