Portugal : Cédric Prizzon, l’ex-policier accusé d’un double féminicide, ne sera pas extradé vers la France
Police & Réalités 8 mai 2026
Le Portugal refuse d’extrader Cédric Prizzon, ex-policier accusé du meurtre de deux Françaises. La Cour d’appel de Coimbra rejette le mandat d’arrêt européen.

Double féminicide au Portugal : la justice refuse d’extrader l’ex-policier Cédric Prizzon vers la France
La Cour d’appel de Coimbra a rendu sa décision ce vendredi 8 mai : l’ancien policier français de 42 ans, soupçonné du meurtre de deux femmes dans le nord-est du Portugal, ne sera pas remis aux autorités françaises. Une décision qui soulève l’indignation des familles des victimes.
Le tribunal portugais oppose son veto à la France
La juridiction portugaise a officiellement refusé d’exécuter le mandat d’arrêt européen émis par la France à l’encontre de Cédric Prizzon, rapporte BFMTV. L’ancien fonctionnaire de police, âgé de 42 ans, demeure en détention provisoire sur le territoire lusitanien, où une procédure judiciaire distincte avait déjà été engagée contre lui.
Pour justifier ce refus, le tribunal a invoqué un principe fondamental du droit pénal international : les crimes reprochés à Cédric Prizzon auraient été commis « entièrement ou en partie sur le territoire national » portugais. Cette base légale suffit, selon la juridiction, à établir la compétence exclusive des tribunaux portugais pour juger les faits.
Deux victimes françaises retrouvées enterrées dans le nord du Portugal
Les faits remontent à fin mars 2026. Les corps de deux ressortissantes françaises ont été découverts dans un endroit isolé du district de Bragança, dans le nord-est du Portugal. Les victimes ont été identifiées comme Audrey Cavalié, 40 ans, ex-compagne de l’accusé et mère de leur fils de 12 ans, et Angela Legobien, 26 ans, sa compagne au moment des faits et mère de leur fille de 18 mois.
Cédric Prizzon avait été interpellé lors d’un contrôle routier dans la région de Guarda, à une centaine de kilomètres au sud du lieu où les corps avaient été enterrés. Un mandat d’arrêt avait été délivré à son encontre dès le 25 mars 2026, puis diffusé dans le cadre du dispositif européen.
Les familles réclament un procès en France
La décision du tribunal portugais heurte profondément les proches des victimes. L’avocat de la mère d’Audrey Cavalié, Me Fabien Arakélian, avait plaidé en faveur d’un jugement sur le sol français, estimant qu’il relevait du « bon sens juridique » que l’affaire y soit instruite. Il avait notamment mis en avant la nationalité française des deux victimes ainsi que celle de leur présumé meurtrier.
La famille d’Angela Legobien s’était, elle aussi, prononcée en faveur d’une extradition rapide. Par la voix de son avocate, Me Elsa Cazor, la mère de la jeune femme avait exprimé le souhait de voir Cédric Prizzon jugé en France « dans les meilleurs délais ».
Une compétence juridictionnelle désormais établie au Portugal
Malgré ces appels, la décision de la Cour d’appel de Coimbra semble clore provisoirement le débat sur le for compétent. L’existence d’une procédure judiciaire portugaise préalablement ouverte, combinée au principe de territorialité des infractions, a suffi à écarter le mandat d’arrêt européen. Cédric Prizzon sera donc jugé au Portugal, loin des familles des victimes et du système judiciaire français.
(Merci Rudy van Cappellen)
Source : Police & Réalité
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