Assassinat du commissaire-priseur Gilles Grannec à Brest : Philippe Perchirin condamné à 29 ans de réclusion

Par Claire Lagadic

Le 07 mai 2026 à 18h38

La Cour d’assises du Finistère a rendu son verdict dans l’affaire de l’assassinat de Gilles Grannec, un commissaire-priseur brestois tué de 39 coups de couteau, en août 2023. Philippe Perchirin, 67 ans, est condamné à 29 ans de réclusion, avec une période de sûreté pour la moitié.

La cour d’assises du Finistère à Quimper a rendu son verdict et a condamné Philippe Perchirin pour l’assassinat du commissaire-priseur Gilles Grannec, le 29 août 2023 à Brest. (Lionel Le Saux/Le Télégramme)

La cour d’assises du Finistère à Quimper vient de rendre son verdict dans l’affaire de l’assassinat, le 29 août 2023 à Brest, de Gilles Grannec, un commissaire-priseur de 55 ans tué de 39 coups de couteau alors qu’il expertisait un tableau chez un particulier. Philippe Perchirin, 67 ans, a été reconnu coupable et condamné à 29 ans de réclusion, avec une période de sûreté pour la moitié – période pendant laquelle il ne pourra pas demander d’aménagement de sa peine.

Le cour a retenu la préméditation mais aussi l’altération du discernement. Outre les 29 ans de prison pour l’assassinat d’un officier public, la cour a condamné Philippe Perchirin à un suivi socio-judiciaire pendant cinq ans avec obligation de soins, interdiction de contact avec la partie civile et interdiction de paraître dans le Finistère.

Jeudi matin, l’avocat général Stéphane Kellenberger avait requis trente années de réclusion criminelle ainsi qu’une interdiction de paraître dans le Finistère pendant 10 ans et un suivi sociojudiciaire de 20 ans.

« Pour assassiner, il a trouvé le mode d’emploi »

Tout au long de ses réquisitions, il s’était efforcé de démontrer la préméditation dans ce crime où la victime et son auteur ne se connaissaient pas. Il avait appelé à « sanctionner la rage homicide ». « C’est au registre de la folie que l’on voudrait se référer pour tenter d’expliquer des faits atroces. Mais l’accusé n’est ni un fou, ni un monstre. Il est juste un homme ».

« Gilles Grannec est mort d’avoir été professionnel et disponible, avait-il poursuivi. Il est mort d’avoir été sympathique, dévoué et serviable. Pour se suicider, Philippe Perchirin n’a pas trouvé le mode d’emploi. Pour assassiner, il a trouvé le mode d’emploi ». « C’est l’être obscur qui va supprimer l’être solaire », a-t-il tonné avant d’être applaudi par la salle d’audience à l’issue de ses réquisitions.

Me Léa Perennes, l’avocate de l’accusé, a, de son côté, rejeté toute préméditation dans le meurtre de Gilles Grannec. « La justice n’est pas la loi du Talion, a-t-elle posé. Le rôle de la défense est de mettre de l’équilibre là où on vous sert de l’outrance. Il n’a pas cherché à vous manipuler, il est dans sa logique ». Selon elle, dans cette affaire, « il n’y a pas de ciblage. Il n’a pas effectué de recherches spécifiques sur la victime. Perchirin n’a pas passé l’été à planifier » le meurtre.

« Le voisin bizarre »

Des recherches internet sur les peines encourues en cas d’assassinat ou sur la maison d’arrêt de Brest ont occupé les débats au cours de ces trois jours. « Il était dans un état psychique particulièrement dégradé », a insisté l’avocate. Quant à l’altération du discernement, elle observe : « Dans quel état était-il au moment de son passage à l’acte ? Il vit confiné, volets fermés. C’est « le voisin bizarre ». Les experts parlent d’un état dépressif particulièrement intense. Ce dossier est la représentation d’une vulnérabilité très profonde. Je vous demande de la nuance face à l’outrance de Perchirin ».

Plus tôt dans la journée, Mes Virginie Larvor et Jean-Claude Gourvès se sont levés tour à tour pour porter la parole de l’épouse, des enfants et de la famille de Gilles Grannec. Ils ont regretté l’attitude de l’accusé. « Vous vous êtes beaucoup apitoyé sur votre sort, a lancé Me Gourvès. Vous savez donner 39 coups de couteau mais vous ne savez pas vous suicider. Dommage que vous n’ayez pas réussi ! Ça nous aurait évité ce que nous avons vécu ».

Source : Le Télégramme

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