Deux poids et deux mesures ?


Les Antilles, novembre 2025 : un jeune gendarme condamné pour avoir braqué son arme chargée sur un camarade.
Il est condamné pour avoir pointé son arme chargée vers un « camarade » de son escadron. Cet incident rappelle la sécurité et l’importance des cinq règles relatives au maniement des armes. Ainsi, toute arme est présumée chargée, sa manipulation est exclusive de toute autre action, son pointage ne se fait que sur un objectif isolé et identifié et tant que la décision de tirer n’est pas prise, l’arme doit être maintenue en « position de contact », doigt le long du pontet. De plus, les opérations de sécurité s’effectuent sans délai au départ et au retour de service, ainsi qu’à l’issue d’un tir.
Ce n’est pas un fait isolé car en 2023 déjà, un gendarme de 38 ans, affecté en brigade dans les Ardennes, était condamné pour « violence avec arme suivie d’incapacité supérieure à huit jours ». Sa peine : huit mois de prison avec sursis accompagnée d’une interdiction d’exercer pendant un an. L’accusation évoquait des faits répétés où il aurait pointé son pistolet automatique sur ses camarades entre 2019 et 2020. Son supérieur hiérarchique était également condamné pour la même infraction, écopant de six mois de sursis. Une des victimes se voyait prescrire 45 jours d’incapacité totale de travail (ITT). Aujourd’hui, les deux condamnés ne sont plus en gendarmerie.
Il est impératif que chaque militaire, qu’il soit d’active ou de réserve, maîtrise les règles liées à l’armement et cultive une conscience aiguë de la sécurité. Le commandement, peu importe son niveau de responsabilité, doit assurer un contrôle rigoureux et une formation continue.
N’apprenez pas la sécurité par accident.
Une brève tirée du mag de La Voix du Gendarme
Auch. Des policiers braquent leurs armes sur un agriculteur : « On est au bord de la guerre civile »
Lors d’une action coup de poing des agriculteurs à Auch ce samedi 27 décembre 2025, des policiers ont mis en joue un agriculteur, qui se trouvait au volant de son tracteur.

Le policier a mis en joue l’agriculteur, au volant de son tracteur. (©Jérôme Courrèges)
Par Anaelle Montagne Publié le 28 déc. 2025 à 10h52
Les images sont en train de devenir un nouveau symbole de la colère agricole. Une vidéo, qui circule inlassablement sur les réseaux, montre un policier en train de pointer son arme vers un agriculteur, au volant d’un tracteur. La scène s’est déroulée à Auch, lors d’une action coup de poing des agriculteurs place de Verdun, ce samedi 27 décembre 2025. Que s’est-il passé ?
Du fumier déversé sur la Dépêche du Midi
Comme l’explique le préfet du Gers dans un communiqué, vers 22h30, « une action de dégradation de biens a été menée », durant laquelle un tracteur avec une épandeuse a aspergé la façade de La Dépêche du Midi. Or, une unité de CRS était déployée sur Auch, suite aux dégradations commises la veille devant la préfecture. Les policiers sont donc rapidement intervenus et la situation a violemment dégénéré.
Sommations avec sortie d’arme
« Les policiers ont demandé au conducteur de cesser son action et d’immobiliser son engin », détaille la préfecture. À partir de là, les versions divergent.
Selon le préfet Alain Castanier, « malgré ces injonctions, le conducteur entame une manœuvre et avance vers les forces de l’ordre », et « cette manœuvre dangereuse les oblige à faire de nouvelles sommations avec sortie d’arme ».
Mais Jérome Courrèges, co-président de la Coordination rurale du Gers, soutient à Actu Toulouse : « Le jeune (conducteur, ndlr) était en travers, à l’arrêt, il ne fonçait sur personne… Il avait simplement allumé le moteur pour enclencher l’appareil parce qu’il allait déverser. »
« Arrêtez le tracteur ! »
Ensuite, les faits sont indéniables – puisque filmés. Le commissaire de police sort son arme, devant le tracteur. Dans une autre vidéo, on voit au moins un autre CRS mettre en joue le conducteur à son tour.
« Arrêtez le tracteur ! Arrêtez le tracteur ! », enjoignent au même moment des CRS, qui s’avancent jusqu’à la cabine. Le jeune conducteur finit donc par éteindre le moteur. Interpellé sur le champ, il est ensuite placé en garde à vue pour « violences en réunion » peu avant 23 heures, indique la préfecture.
Trois armes pointées sur l’agriculteur
Suite aux faits, le président de la Chambre d’agriculture du Gers Lionel Candelon a réagi sur les réseaux. « La pire des choses s’est produite, celle de pointer 3 armes de police sur un agriculteur gersois en train de manifester simplement. On tente de se justifier en disant qu’il aurait tenter d’écraser un policier, ou encore de foncer sur un véhicule de CRS, bref toutes les excuses seront bonnes pour tenter d’expliquer l’inexplicable. »
Il continue : « Que sera la prochaine action de nos forces de l’ordre ? Mettront-ils un jour une balle en pleine tête d’un agriculteur ? Je tiens à féliciter Nicolas pour son sang-froid et son calme, ainsi que l’ensemble des manifestants présents. Vous êtes tous nos héros. »
« Au bord de la guerre civile »
Auprès d’Actu Toulouse, le co-président de la Coordination rurale explique que le conducteur mis en joue « est sorti ce matin de sa garde à vue, extrêmement choqué ». « Un cap a été franchi. Imaginez s’il avait pris peur, s’il avait avancé, il se serait fait tirer dessus ? ! Je suis dépité, j’ai honte de mon pays. »
Le coprésident de la CR 32 raconte l’ambiance au sein du mouvement, au lendemain des événements :
Les agriculteurs sont très choqués. Honnêtement et je sais que les mots sont forts, je pense qu’on est au bord de la guerre civile. Jérôme Courrèges Co-président de la Coordination rurale du Gers
Un nouveau cap dans la mobilisation ?
Pas de doute selon Jérôme Courrèges, « on va passer un cap dans la mobilisation, ça va s’intensifier ». De nouveaux blocages sont attendus, au niveau national. « Nous on n’a pas d’arme, on a du fumier et des détritus et s’il faut poser nos bennes partout pour tout paralyser, on le fera. »
Pourquoi asperger de fumier la façade de La Dépêche du Midi ?
Le siège de la Dépêche du Midi à Auch était pris pour cible lors de cette action, qui a dégénéré. La raison : une insatisfaction persistente concernant le traitement médiatique du mouvement de manifestation agricole en cours, selon Jérôme Courrèges.
Source : Actu.fr
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