Netanyahu accepte le plan de paix de Trump pour Gaza et présente ses excuses au Qatar
Donald Trump a présenté un plan de paix en 20 points pour Gaza, accepté par Israël mais pas encore par le Hamas. Il prévoit fin immédiate des combats, libération des otages, échange de prisonniers et gouvernance internationale temporaire.

Otages libérés, retrait progressif, Gaza sous gouvernance internationale.
Donald Trump a présenté à Washington un plan de paix en 20 points pour mettre fin à la guerre entre Israël et le Hamas et organiser l’avenir de Gaza. Soutenu par plusieurs pays arabes et musulmans, le projet prévoit la fin immédiate des combats, la libération des otages israéliens sous 72 heures, l’échange de prisonniers palestiniens, et la mise en place d’une autorité de transition « technocratique », sans rôle pour le Hamas ni l’Autorité palestinienne. Un comité dirigé par Trump, avec Tony Blair, en assurerait la supervision.
Israël a accepté le plan, Netanyahu parlant d’une « opportunité historique », tout en réaffirmant vouloir maintenir la sécurité à Gaza et exclure le Hamas. Il a menacé de reprendre les opérations si ce dernier refuse. Le Hamas, qui rejette toute exclusion politique et le désarmement exigé, n’a pas encore donné sa réponse.
Le projet est salué par les familles d’otages, l’Autorité palestinienne, plusieurs pays arabes, l’UE, la France et le Royaume-Uni. Mais il divise la coalition de Netanyahu et suscite le rejet du Jihad islamique.
Dans ce contexte tendu, Netanyahu a même dû présenter des excuses au Qatar après une bavure israélienne, alors qu’Israël fait face à un isolement diplomatique croissant et à une fragilité politique interne.
Le présent document propose un cadre global de sortie de crise et de reconstruction pour la bande de Gaza. Il repose sur une logique en trois étapes indissociables : mettre fin aux hostilités, garantir la sécurité et la démilitarisation de la région, et lancer un vaste processus de réhabilitation et de développement économique au bénéfice de la population gazaouie.
- Gaza sera une zone déradicalisée et exempte de terrorisme qui ne représente pas une menace pour ses voisins.
- Gaza sera réaménagée au bénéfice de la population de Gaza, qui a déjà suffisamment souffert.
- Si les deux parties acceptent cette proposition, la guerre prendra fin immédiatement. Les forces israéliennes se retireront jusqu’à la ligne convenue afin de préparer la libération des otages. Pendant ce temps, toutes les opérations militaires seront suspendues et les lignes de front resteront gelées jusqu’à ce que les conditions d’un retrait progressif complet soient réunies.
- Dans les 72 heures suivant l’acceptation publique de cet accord par Israël, tous les otages, vivants et décédés, seront restitués.
- Une fois tous les otages libérés, Israël libérera 250 prisonniers condamnés à perpétuité, ainsi que 1 700 Gazaouis détenus après le 7 octobre 2023, y compris les femmes et les enfants. Pour chaque otage israélien dont les restes seront libérés, Israël libérera les restes de 15 Gazaouis décédés.
- Une fois tous les otages libérés, les membres du Hamas qui s’engagent à coexister pacifiquement et à retirer leurs armes bénéficieront d’une amnistie. Ceux souhaitant quitter Gaza auront un passage sûr vers les pays d’accueil.
- Dès l’acceptation de cet accord, l’aide humanitaire sera immédiatement acheminée dans la bande de Gaza : infrastructures, hôpitaux, boulangeries, déblaiement et réouverture des routes.
- L’entrée et la distribution de l’aide se feront sans interférence, via l’ONU, le Croissant-Rouge et d’autres institutions internationales indépendantes. Le point de passage de Rafah sera ouvert selon le même mécanisme que celui de l’accord du 19 janvier 2025.
- Gaza sera administrée par un comité palestinien technocratique et apolitique, sous supervision internationale (« Conseil de la paix » présidé par Donald J. Trump, avec d’autres personnalités comme Tony Blair). Ce comité assurera la gestion et préparera le transfert de pouvoir à l’Autorité palestinienne réformée.
- Un plan de développement économique sera élaboré, inspiré des villes miracles modernes du Moyen-Orient, pour créer emplois, opportunités et espoir pour Gaza.
- Une zone économique spéciale sera créée avec des tarifs préférentiels négociés avec les pays participants.
- Personne ne sera contraint de quitter Gaza. Ceux qui le souhaitent seront libres de partir et de revenir. L’objectif est d’encourager la population à rester et à reconstruire.
- Le Hamas et les autres factions n’auront aucun rôle dans la gouvernance de Gaza. Toutes les infrastructures militaires seront détruites et un processus de démilitarisation supervisé par des observateurs indépendants sera mis en place.
- Les partenaires régionaux garantiront que le Hamas et les autres factions respectent leurs obligations.
- Une Force internationale de stabilisation (FIS) sera déployée immédiatement à Gaza. Elle formera les forces de police palestiniennes, collaborera avec Israël et l’Égypte, et empêchera l’entrée de munitions tout en facilitant la circulation des marchandises.
- Israël n’occupera ni n’annexera Gaza. Les Forces de défense israéliennes (FDI) se retireront progressivement, sauf pour un périmètre de sécurité maintenu jusqu’à l’élimination durable de la menace terroriste.
- Si le Hamas retarde ou rejette cette proposition, l’opération d’aide se poursuivra dans les zones sécurisées transférées par Tsahal aux FSI.
- Un dialogue interreligieux sera instauré pour promouvoir la tolérance et la coexistence pacifique, et changer les mentalités.
- Si le réaménagement de Gaza progresse et que les réformes de l’Autorité palestinienne sont mises en œuvre, les conditions seront réunies pour une voie crédible vers l’autodétermination et l’État palestinien.
- Les États-Unis établiront un dialogue entre Israël et les Palestiniens pour convenir d’un horizon politique vers une coexistence pacifique et prospère.
“De quoi embraser le Moyen-Orient”, réactions des Palestiniens au plan de Trump pour Gaza sous génocide

“Cette fadaise de « Plan de paix trumpiste » n’est qu’un jeu de dupes. Quel intérêt de libérer les prisonniers sans garanties de la fin du génocide à GAZA ? Nous n’accepterons pas cette mascarade. Quelle que soit la décision du Hamas”.
Via Spirit’s FreeSpeech. Sept. 30, 2025. Sur https://ssofidelis.substack.com/p/de-quoi-embraser-lasie-occidentale
Par la rédaction de The Cradle, le 30 septembre 2025
Les pays arabes et islamiques ont salué cette proposition, mais les responsables de Gaza affirment que Washington cherche à imposer une tutelle qui légitimerait l’occupation israélienne et renierait les droits fondamentaux des Palestiniens.
Les factions de la résistance palestinienne à Gaza ont condamné le “plan de paix” présenté par le président américain Donald Trump le 29 septembre, le qualifiant de “vague” et l’accusant de soutenir les objectifs israéliens visant à prolonger le génocide à Gaza.
“Nous n’accepterons aucune proposition qui n’inclut pas le droit du peuple palestinien à l’autodétermination et un mécanisme de protection contre les massacres”.
a déclaré le dirigeant du Hamas, Mahmoud Mardawi, ajoutant que l’annonce de Trump
“est une tentative de faire taire l’élan international et la reconnaissance de l’État palestinien“.
Selon Al-Jazeera, les responsables qataris et égyptiens ont remis le plan américano-israélien à l’équipe de négociation du Hamas dans la nuit.

Le secrétaire général du Jihad islamique palestinien, Ziad al-Nakhala, a vivement critiqué la proposition, la qualifiant
d’“accord américano-israélien reflétant intégralement la vision d’Israël”.
“Il s’agit en réalité d’une stratégie visant à poursuivre l’agression contre le peuple palestinien. Israël cherche à imposer via les États-Unis ce qu’il n’a pas obtenu par la guerre”, a déclaré M. Nakhala. “Nous considérons donc l’annonce américano-israélienne comme le meilleur moyen d’embraser la région”, a déclaré M. Nakhala.
Ismail al-Thawabta, directeur du bureau des médias du gouvernement de Gaza, a rejeté le plan en 20 points de Trump, affirmant qu’il n’offre aucune solution durable et ne cherche qu’à imposer une tutelle légitimant l’occupation israélienne et privant les Palestiniens de leurs droits.
“La seule façon de mettre fin au génocide est de faire cesser les attaques d’Israël, lever le blocus, mettre fin à l’extermination systématique et garantir le droit des Palestiniens à vivre en liberté et à établir un État indépendant. Toute proposition qui traite Gaza comme une zone de sécurité démilitarisée et non souveraine sous administration internationale est catégoriquement inacceptable pour la conscience nationale palestinienne”, a-t-il souligné.
Plus tôt dans la journée, Trump et Netanyahu ont annoncé conjointement la proposition en 20 points, qui appelle à l’arrêt immédiat des combats à Gaza et à la libération de tous les prisonniers israéliens, morts ou vifs, dans les 72 heures.
En réponse, Israël dit vouloir libérer 250 prisonniers condamnés à perpétuité, et 1 700 Palestiniens de Gaza détenus depuis le 7 octobre.
Le plan prévoit également que Gaza soit administrée par un “gouvernement technocratique temporaire” dirigé par Tony Blair, l’architecte de la guerre en Irak, Israël s’abstenant d’annexer la bande de Gaza ou de déplacer de force sa population.

“Ce plan est tout simplement irréaliste”, a déclaré Ibrahim Joudeh à l’AFP depuis la zone humanitaire d’Al-Mawasi, dans le sud de Gaza. “Il aligne des conditions dont les États-Unis et Israël savent que le Hamas ne les acceptera jamais. Cela ne fait que signifier que la guerre et les souffrances vont continuer”.
Abu Mazen Nassar a fait écho à ce sentiment, estimant que le plan américano-israélien n’est qu’un “stratagème” pour forcer les factions de la résistance palestinienne à libérer les otages sans obtenir la paix en échange.
“Tout cela n’est qu’un jeu de dupes. Quel est l’intérêt de libérer tous les prisonniers sans garanties officielles de fin de guerre ?”, a déclaré Nassar.
“En tant que peuple, nous n’accepterons pas cette mascarade. Quelle que soit la décision du Hamas concernant cet accord, il est trop tard”.
Néanmoins, les ministères des Affaires étrangères de l’Arabie saoudite, de la Jordanie, des Émirats arabes unis, de l’Indonésie, du Pakistan, de la Turquie, du Qatar et de l’Égypte ont publié une déclaration commune saluant les “intentions honnêtes” de Trump de vouloir mettre fin au génocide à Gaza.
“Les ministres affirment vouloir s’engager de manière positive et constructive avec les États-Unis et les parties concernées afin de finaliser l’accord et d’assurer sa mise en œuvre, pour garantir la paix, la sécurité et la stabilité des peuples de la région”, selon la déclaration.

L’Italie et la France ont également salué le plan de Donald Trump, affirmant qu’il pourrait marquer un “tournant permettant d’instaurer un cessez-le-feu permanent” et soulignant que “le Hamas n’a d’autre choix que de libérer immédiatement tous les otages et de l’appliquer”.
L’Autorité palestinienne (AP) a également approuvé ce plan. Elle a réitéré son engagement à travailler avec les États-Unis et ses partenaires pour parvenir à un accord global qui “ouvre la voie à une paix juste, fondée sur une solution à deux États”.
Traduit par Spirit of Free Speech
Source : Les 7 du Quebec

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