10 points pour caractériser les survols présumés de drones (au Danemark et ailleurs)
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Bonjour Ronald,
Passionné à mes heures perdues d’aéromodélisme je demeure un fervent lecteur du site HelicoMicro. Face aux actualités russophobes que dégueulent à l’unisson nos chers médias mainstream, on peut aussi écouter un autre son de cloche sur HelicoMicro quant aux prétendus survols de drones opérés en Europe du nord.
Frédéric Botton a remonté le fil des différents témoignages pour découvrir qu’il n’a jamais été question du moindre survol de drone russe mais plutôt de méprises honteuses avec des engins civils (aveux des autorités locales) et avec des drones grand public (dont les pilotes ont été contrôlés).
Or, nos BFmerde & Co se gardent bien de rectifier leurs mensonges et continuent de mentir à ce sujet. Comme votre plateforme est consultée par des centaines de milliers de lecteurs, je pense qu’il serait normal d’étendre la vérité sur ces survols de drones pour qu’elle soit visible du plus grand nombre (HelicoMicro n’est plus très suivi depuis quelques temps).

Il y a avalanche de survols présumés de drones, fin septembre 2025. Il ne se passe plus une journée sans que des témoignages d’observation de drones au-dessus de zones sensibles soient publiés dans la presse. Ils sont accompagnés de déclarations anxiogènes des responsables militaires et politiques, d’analystes. La vague de drones a débuté le 22 septembre au Danemark après un signalement de drone au-dessus de l’aéroport de Copenhague.
Il y a eu de très nombreux précédents, l’un des premiers s’est déroulé en France fin 2014 avec le survol de centrales nucléaires. Le premier témoignage a entrainé une vague de vols présumés au-dessus d’autres centrales, de Paris, de bases militaires. Les explications ont tardé à venir, mais la plupart des survols de drones n’en étaient pas, y compris ceux au-dessus de la base militaire de l’Île Longue. Ceux pour lesquels il n’y a pas eu d’explications n’ont pas pour autant pu être caractérisés comme des survols opérés par des drones.
Le même scénario s’est répété en France et partout dans le monde, à plusieurs reprises : un premier signalement de drone, des médias qui s’emparent de l’actualité avec des titres accrocheurs pour un effet boule de neige qui finit par s’étioler au bout de quelques semaines.
Les survols présumés de drones en 10 points
Voici ce qui est commun aux nombreuses vagues d’observations de drones présumés malveillants depuis plus de 10 ans.
1 - les observations de drones supposés malveillants sont presque toujours effectuées de nuit (quand on ne voit pas l’appareil sauf ses lumières).

2 – Il est facile de confondre un appareil habité avec un drone (y compris quand on travaille dans l’aéronautique ou dans les forces de l’ordre) et il est très difficile d’évaluer la hauteur de vol d’un appareil (surtout de nuit)
3 – un témoignage mis en avant par la presse entraine immanquablement des dizaines d’autres, au même endroit d’abord, puis un peu partout y compris dans d’autres pays. Le tout est repris par d’autres médias, avec une surenchère de titres accrocheurs pour dépasser la concurrence.
4 – les outils de détection des drones se montrent très inefficaces pour proposer une levée de doute.
5- il y a presque toujours des explications suffisamment pertinentes pour prouver qu’il ne s’agissait pas d’un drone. Mais elles sont diffusées tardivement, noyées dans la vague d’observations, ne font pas les titres des médias et ne sont pas commentées par les responsables gouvernementaux ni les forces de l’ordre.
6 – le focus sur les drones mène à une surveillance plus étroite par les forces de l’ordre, qui aboutit des arrestations de pilotes de drones de loisir sans rapport avec les suspicions de drones malveillants (et aucune arrestation liée à de potentiels drones malveillants).

7 – les responsables gouvernementaux et les responsables militaires masquent leur incapacité à effectuer une levée de doute efficace par des déclarations péremptoires et très anxiogènes.
8 – les États proches d’un conflit armé accusent immanquablement leurs voisins de pratiquer des missions de surveillance et de déstabilisation.
9 – les appareils qui utilisent un signalement lumineux commun à celui l’aéronautique civile, des lumières vertes et/ou rouges, sont rarement des drones malveillants.
10 – Les vagues successives de survols présumés ont en commun les 9 premiers points.
Dans le cas du Danemark en 2025 ?
Les survols présumés de drones fin septembre 2025 au Danemark suivent exactement les 10 principes…
Les différents témoignages se basent sur des observations de signalement lumineux de nuit (point 1). Les premiers survols ont très probablement été réalisés par un avion de tourisme et un avion de ligne (point 2).
Les témoignages se multiplient au Danemark mais aussi en Suède, en Hollande, en Belgique et en France (point 3).

Aucun des survols au Danemark n’a été avéré avec l’aide d’un matériel de détection (point 4).
Rares sont les médias à publier des explications comme celle-ci, qui indique qu’un ballon a été confondu avec un drone au-dessus de l’aéroport de Schipol en Hollande, ou celle-là pour préciser que des observations de drones en Belgique étaient en fait un train de satellites Starlink (point 5)
Un pilote de loisir a été appréhendé près de l’aéroport d’Oslo en Suède, en zone interdite mais sans effet sur le trafic aérien et sans rapport avec les survols présumés malveillants (point 6).

Le gouvernement danois évoque des « attaques hybrides » et « un pays qui représente une menace pour la sécurité de l’Europe, à savoir la Russie » (points 7 et 8).
Le premier survol à Copenhague était très probablement un avion taxi, le deuxième un avion de ligne, avec pour les deux un signalement lumineux correspondant à celui de l’aviation civile (point 9).
La vague d’observations danoise part d’un événement unique médiatisé, suivi par une escadrille de témoignages conformes aux 9 précédents points (point 10).
La bonne nouvelle ?
Des passionnés d’aéronautique étudient les témoignages de survols présumés et les confrontent à des données publiques comme les journaux de vol de l’aviation civile que l’on peut consulter avec des services comme FlightRadar24. Le forum metabunk.org publie des détricotages documentés d’observations de drones (et d’autres sujets liés à l’aérien) avec un taux de réussite assez élevé.
Ce qui est dommage ?
C’est que les autorités ne soient pas en mesure d’effectuer une levée de doute pour communiquer rapidement sur le sujet. Les vagues successives de survols non avérés montrent à quel point la détection des drones est inefficace : ce sont uniquement les observations des signalements lumineux qui déclenchent des alertes !
Y compris, d’ailleurs, au-dessus des prisons françaises, pourtant supposées être surveillées électroniquement pour environ 40 % d’entre elles. De quoi ouvrir un boulevard pour ceux qui désirent exploiter les témoignages pour servir leurs intérêts commerciaux, politiques, militaires, complotistes…
Un autre signe de l’inefficacité des moyens de détection des drones : dans un communiqué publié sur son site, le ministère des transport danois indique avoir choisi d’interdire purement et simplement l’espace aérien du Danemark à tous les drones civils (loisirs et professionnels) du 29 septembre au 3 octobre, à l’occasion du 7ème European Political Community Summit qui se tiendra le 2 octobre à Copenhague. Le texte réglementaire se trouve ici (en danois).

Ce sommet évoquera peut-être la création d’un « Drone Wall » européen, un mur de défense anti-drones. Il est en effet temps de mettre en place des outils opérationnels pour protéger les zones sensibles… Car les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient font un usage immodéré des drones, et ce ne sont pas des survols présumés mais avérés. Ces technologies seront donc utilisées tôt ou tard en Europe hors de conflits déclarés.
Sources : en liens dans ce post
Source : Helico Micro



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