Violences policières et Gilets jaunes : démêler le vrai du faux alors que des dizaines de procédures IGPN sont ouvertes

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Dès les prémices du mouvement des Gilets jaunes, notre syndicat France Police – Policiers en colère a constamment maintenu sa ligne éditoriale avec l’objectif d’informer nos collègues et l’opinion publique sur les problématiques policières en toute indépendance et transparence.

Nous sommes un syndicat d’opinion, engagé dans l’action publique. La réflexion qui va suivre ne manquera pas de susciter la controverse mais elle est nécessaire dans une démocratie où les médias imposent trop souvent la dictature de la pensée unique et manipulent les masses.

Depuis le 17 novembre 2018, au moins dix personnes auraient trouvé la mort sur des sites occupés par les Gilets jaunes ou en marge de ces points de filtrage. Neuf sont décédées dans des accidents routiers provoqués intentionnellement par des chauffards ou non intentionnellement. La dixième victime aurait été touchée accidentellement par une grenade lacrymogène alors qu’elle se trouvait à la fenêtre de son logement située au quatrième étage d’un immeuble phocéen.

Selon les derniers chiffres officiels, probablement très minorés comme le nombre de participants aux manifestations, on dénombrerait 2891 blessés dont 1048 forces de l’ordre, soit un ratio d’un policier blessé pour trois manifestants touchés.

En comparaison, lors des émeutes de banlieues en 2005, il y aurait eu 224 blessés du côté des forces de l’ordre et zéro blessé du côté des émeutiers !

Non, il ne s’agit pas d’une fake news ! A noter que certaines sources donnent le bilan de trois morts en incluant dans leurs calculs Zyed et Bouna ainsi qu’une personne intoxiquée par les fumées d’un incendie criminel causé par les émeutiers.

Le ratio en 2005 est donc de 0 / 224 blessés du côté des forces de l’ordre alors qu’il est aujourd’hui de 1 / 3 blessés du côté des Gilets jaunes.

Rappelons qu’en 2005, le niveau de violence rencontré par nos collègues dans les banlieues était bien plus élevé qu’aujourd’hui. A l’époque, nous avons essuyé des tirs à balles réelles. Plus de 80 collègues ont été touchés par des tirs d’armes à feu. Beaucoup vivent encore aujourd’hui avec du plomb dans le corps.

Alors, comment expliquer les chiffres ? Très simplement.

Lors des opérations de maintien de l’ordre, c’est l’autorité administrative qui évalue le niveau de la riposte à engager et encadre très rigoureusement l’usage de la force.

En 2005, l’usage de la force face aux émeutiers avait été réduit au strict minimum pour éviter la moindre égratignure côté racaille dans le contexte très politique de la mort de Zyed et Bouna.

De plus, le matériel a aujourd’hui considérablement évolué. Le vieux flash-ball a été remplacé par un LBD bien plus précis et de plus grande portée. En 2007, nous avons notamment acheté un premier lot de 24.000 grenades de désencerclement particulièrement puissantes.

Mais surtout, ce qui a changé depuis 2005, ce sont les ordres !

En 2005, il ne fallait surtout pas faire de blessé côté racaille. A l’époque, nos collègues se sont fait tirer comme des lapins avec interdiction de riposter.

Aujourd’hui, les images parlent d’elles-mêmes et montrent clairement que l’usage des LBD, des GLI-F4 et autres moyens individuels et collectifs comme les canons à eau, sont en « open bar ».

Individuellement, les policiers n’ont aucune responsabilité dans l’usage musclé de la force, ils répondent aux ordres du ministre, des préfets et des commissaires.

Rappelons que le maintien de l’ordre public est une mission de police administrative et non de police judiciaire. Le parquet n’a compétence que pour le traitement des crimes et délits commis lors des manifestations. C’est à l’autorité administrative qu’il incombe donc de maintenir l’ordre public.

France Police – Policiers en colère s’insurge contre les procédures administratives ouvertes par l’IGPN et visant tel ou tel fonctionnaire de police, de manière individuelle.

Si l’IGPN estime qu’il y a eu des bavures lors des maintiens de l’ordre, ce sont les donneurs d’ordres qui doivent être inquiétés et non les exécutants.

En l’espèce, la chaîne hiérarchique est connue. Le ministre de l’intérieur, les préfets et les commissaires, chefs de dispositifs, portent l’entière coresponsabilité si des violences illégitimes ont été commises.

En traitant les gilets jaunes de « peste brune », en comparant les manifestants à Daesh, l’exécutif a tenu un discours haineux, incitant les policiers à une réponse sécuritaire particulièrement musclée.

En ordonnant l’emploi des GLI-F4 et des LBD, c’est l’autorité administrative qui est responsable s’il y a eu un usage disproportionné de la force face aux manifestants.

Notre syndicat n’acceptera aucune sanction individuelle prise à l’encontre de nos collègues dans le cadre des opérations de maintien de l’ordre encadrées par la puissance publique.

S’il le faut, nous irons devant la Cour européenne des droits de l’homme pour démontrer l’irresponsabilité pénale et administrative de nos collègues ayant agi sur ordres.

L’article 122-4 du code pénal ne laisse aucune place aux doutes : n’est pas pénalement responsable la personne qui accomplit un acte commandé par l’autorité légitime, sauf si cet acte est manifestement illégal.

En conclusion, même si nous déplorons les violences, le fait d’avoir plus d’un millier de blessés dans nos rangs, démontre aussi la présence massive de casseurs parmi les Gilets jaunes. Rien ne peut, ni ne pourra jamais, justifier les agressions physiques de policiers. Ceux qui se livrent à de tels actes ne valent pas mieux que la racaille de cités que nous avons affronté en 2005.

 Source : France Police

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