Vannes. De la prévention routière plutôt qu’une amende

Tour à tour, les stagiaires sont passés au simulateur de conduite.
Tour à tour, les stagiaires sont passés au simulateur de conduite. | Isabelle jégouzo.
De lundi à vendredi, les automobilistes arrêtés pour des infractions au code de la route, avaient le choix. Perdre des points et payer l’amende ou suivre un stage de prévention routière.

Tous ont choisi la deuxième solution. Ce stage avait lieu samedi matin à l’escadron départemental de gendarmerie. Dès 9 h, 47 personnes ont pris place dans une salle pour un dialogue avec les gendarmes, un question-réponse sans crainte de parler. « Au volant, si vous faites autre chose que conduire, vous êtes dangereux. À 90 km/h, trois secondes d’inattention et votre véhicule met l’équivalent d’un terrain de football pour s’arrêter ! » Avec pédagogie et exemples concrets, les gendarmes tentent de faire comprendre aux contrevenants, leur mauvaise conduite. « Aux USA, conduire en téléphonant est la première cause de mortalité. Si on ne fait rien, dans 5 ans, le téléphone au volant fera davantage de morts que l’alcool. »

Homicide involontaire

Un conducteur interroge les gendarmes. « Souvent, on se fait avoir pour 1 km/h au-dessus de la vitesse autorisée ! » La réponse est dans un atelier de la salle voisine. Un ordinateur muni d’une pédale fait office de tableau de bord d’une voiture. Le gendarme demande aux stagiaires d’appuyer sur la pédale de frein quand ils voient un obstacle. Cet exercice permet de voir la distance de freinage, ajoutée au temps de réaction. « Entre 50 et 56 km/h, il y a quatre mètres de différences. Quatre mètres, c’est beaucoup quand il s’agit d’éviter un piéton. »Dans la salle d’à côté, un gendarme insiste sur les dangers de l’alcool au volant. « L’alcool met très longtemps à s’éliminer dans le corps. Il s’élimine beaucoup moins vite quand on dort. Certaines personnes ne le savent pas, mais si elles ont abusé le samedi soir, il est fort possible qu’il reste encore de l’alcool dans le sang le dimanche après-midi. » Le gendarme rappelle qu’en cas d’accidents avec de l’alcool, l’assurance ne fonctionne pas. « Certaines familles se retrouvent à vendre leur maison pour payer les dégâts. Attention aussi, à ne pas laisser partir un conducteur qui a bu. On peut être accusé d’homicide involontaire. »Dans la cour de la gendarmerie, une dizaine de stagiaires montent dans la voiture de la prévention routière. Arrimée sur un camion, la voiture mime un accident réel. Cette fois-ci, sous contrôle et sans dégât. Toute la matinée, les stagiaires vont se succéder dans les ateliers. Les gendarmes espèrent ainsi les avoir convaincus d’avoir une conduite un peu plus responsable.

Source : Ouest-France

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