Une collecte assez louche : police et gendarmerie invitent à la vigilance

Les tas de poches contenant de vêtements ressemblent aussi à cela. / Photo DDM

Les tas de poches contenant de vêtements ressemblent aussi à cela. / Photo DDM

Des tracts circulent dans le Grand Tarbes invitant la population à vider ses placards et à déposer ses sacs sur le trottoir lundi 16 juin. Collecte intentionnée ou arnaque ?

En principe, tout le monde sait comment se débarrasser de ses vieilles fripes trop étroites, démodées ou encombrantes. On les porte dans les associations de collecte de vêtements qui les trient, les classent et les proposent aux plus démunis, ou les vendent contre quelques euros. Cela donne du travail et des responsabilités aux précaires et on est sûr de faire une bonne action. Mais parce que tout le monde doit travailler, l’association La France solidaire collecte à travers la France vêtements, chaussures, maroquinerie, linge de maison.

Elle a prévenu la population tarbaise et celle du Grand Tarbes de sa prochaine venue, lundi 16 juin, et l’invite à déposer ses rebuts sur le trottoir dès 8 heures, «ces affaires étant à destination des plus démunis». Outre les formules employées, la petite phrase «enregistrement de l’association en cours auprès du tribunal» intrigue. D’une part car La France solidaire est inscrite au registre du commerce de Strasbourg sous la forme d’une SARL et n’a donc rien d’une association et, d’autre part, les plus démunis semblent un passeport pour induire le Tarbais en erreur. Ce qui veut dire que cette entreprise vendra les vêtements à son profit, sur le dos des donateurs, et cette entreprise s’appelle tout simplement «un fripier».

Peut-on parler d’arnaque en la matière ? Ou d’une publicité mensongère ? Les deux sont condamnables. Peut-être pourriez-vous retrouver la vieille veste rouge de votre jeunesse en vente un de ces jeudis ou dimanches place Marc adieu ? Michel, chef d’entreprise, en lien avec Récup’Action, s’insurge : «Jouer sur les mots de cette façon est contrariant pour nous qui faisons travailler des salariés précaires, c’est nous ôter le pain de la bouche et mettre nos sociétés en difficulté». En tout cas, les services de police et de gendarmerie invitent la population à la plus grande vigilance.

En évitant de donner suite à cette invitation qui consisterait à vider vos placards et en tapant le «17» en cas de doute, tout en gardant à l’esprit que le premier but de votre geste, c’est la solidarité aux plus démunis, pas d’enrichir les autres grâce à votre bon cœur.

Source : La Dépêche

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