Un référent dans la lutte antidopage à la gendarmerie

L'adjudant-chef va prendre la tête de la brigade de recherche de Compiègne.

VERVINS (Aisne). Au sein de la brigade de recherche de la gendarmerie de Vervins, l’adjudant-chef Jean-Yves Sergent s’est fait une spécialité de la lutte contre le dopage.

La lutte contre le dopage n’est pas le cœur de sa mission. Jean-Yves Sergent, adjudant-chef à la brigade de recherche de Vervins, fait pourtant figure de spécialiste du sujet au sein de la gendarmerie. Il est celui vers qui on se tourne pour obtenir expertise et conseils au cours d’une enquête.

 

Cette compétence particulière, Jean-Yves Sergent la tire de son passé de sportif de haut niveau. « J’ai été membre de l’équipe de France militaire et de l’équipe de France de la gendarmerie de cyclisme, raconte-t-il. Je rêvais de devenir professionnel. » C’est à cette époque qu’il découvre le milieu du dopage, les produits et les techniques.

 

Une ressource pour les enquêteurs

 

Son métier de gendarme va lui permettre d’approfondir ses connaissances, alors qu’il est en poste à la brigade de recherche de Péronne. « En 2008, j’ai eu la chance de mener une enquête sur le dopage, se souvient-il. C’était la première, et ça reste la seule menée de cette manière, en partant d’une transaction pour aller jusqu’au démantèlement complet d’un réseau. »

 

Deux ans de travail, vingt-cinq personnes mises en examen. Une affaire qui va faire date et lui valoir une promotion. Sa hiérarchie décide alors de mettre à profit ces compétences rares. « On m’a demandé de commencer à faire du “retour d’expérience” dans le cadre de la formation des gendarmes et des policiers. Depuis, j’ai également été contacté par l’École centrale de Paris pour y intervenir. »

 

Pas question pour lui de se consacrer entièrement au problème du dopage. « Il existe une structure spécialisée pour cela, l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp), explique-t-il. Je ne suis pas là pour enquêter et me substituer à eux. J’essaye d’être une personne-ressource et d’aider tous les enquêteurs qui viennent vers moi. Et ce n’est pas tous les jours. En ce moment, je suis trois dossiers. »

 

Un travail de consultant, donc, pour lequel il faut constamment remettre ses connaissances à jour. « Cela évolue très vite. Je me renseigne en permanence sur les produits, leurs effets, les effets secondaires, les associations, les méthodes pour échapper aux contrôles. »

 

S’il s’apprête à quitter Vervins pour rejoindre la brigade de recherche de Compiègne, dont il doit prendre le commandement, Jean-Yves Sergent reste décidé à partager ses compétences pour combattre le phénomène. Il en est convaincu : « Le meilleur des contrôles antidopage, c’est l’enquête judiciaire. »

 

Antoine VAAST

Source : L’Union

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