Un nouveau patron pour les gendarmes du Cantal

Arrivé il y a seulement une quinzaine de jours, Emmanuel Guillou est déjà sous le charme du Cantal. « J’ai un peu l’impression d’être dans une carte postale », confie-t-il.? - photo christian stavel Arrivé il y a seulement une quinzaine de jours, Emmanuel Guillou est déjà sous le charme du Cantal. « J’ai un peu l’impression d’être dans une carte postale », confie-t-il.? – photo christian stavel

Emmanuel Guillou commande, depuis le 1 er avril, les 350 gendarmes du Cantal. Ce Breton n’est pas en terre inconnue en Auvergne. Il était, jusqu’à fin mars, l’adjoint du patron des gendarmes de l’Allier.

Il n’y a pas eu de vacance à la tête du groupement de gendarmerie départementale du Cantal. Le lieutenant-colonel Emmanuel Guillou a immédiatement succédé au colonel Marc Fabre, parti fin mars à Maison-Alfort, dans le Val-de-Marne.

1 « Je connais bien la région Auvergne », souligne Emmanuel Guillou, qui a été commandant en second du groupement de gendarmerie de l’Allier pendant cinq ans. « L’Allier est un département rural comme le Cantal, même si la population et la charge des unités sont moindres ici. »

Le quadragénaire commande désormais les 350 gendarmes du Cantal, répartis sur trois compagnies (Aurillac, Mauriac et Saint-Flour), « avec un élément particulier, le peloton de gendarmerie de montagne de Murat ».

Emmanuel Guillou souhaite inscrire son action « dans la continuité » de son prédécesseur. Il s’est fixé trois priorités : la lutte contre les cambriolages, les violences intra-familiales et la sécurité routière.

2 « Je vais accorder une attention particulière à la mise en œuvre du plan gouvernemental concernant les atteintes aux biens », précise-t-il. Les cambriolages sont, selon lui, en légère baisse depuis le début de l’année. « Nous sommes sur une bonne pente, notamment pour les vols au préjudice des particuliers. Nous arrivons à contenir le phénomène. Après, c’est toujours une question de ressenti… »

Pour prévenir les cambriolages, l’action du « référent sûreté » de la gendarmerie va être poursuivie, tout comme celle des « correspondants sûreté » présents dans chaque unité (brigade ou communauté de brigades). « Ils délivrent des conseils simples aux particuliers. Les gens sont insouciants. Il va falloir qu’ils fassent attention, par exemple ne plus laisser leur voiture tourner avec les clés sur le contact quand ils vont acheter leur pain, ou fermer leur porte et leurs volets quand ils quittent leur domicile… Ce sont des mesures simples, qui ne permettent pas d’empêcher les malfaiteurs, mais les retardent, les découragent. »

3 La lutte contre les atteintes volontaires à l’intégrité physique est également une priorité. « Comme partout en France, il y a des violences intra-familiales. Ce n’est pas une tendance purement cantalienne, analyse Emmanuel Guillou. Le travail de prévention sera poursuivi, avec nos partenaires le conseil départemental et les communes. Je ne pense pas qu’il y en ait plus qu’avant. Mais les gens appellent les forces de l’ordre plus facilement. »

Les gendarmes sont formés tout au long de leur carrière à l’accueil des victimes. « Un militaire est également spécialement formé pour procéder aux auditions des mineurs, précise le lieutenant-colonel. Dans un département comme le nôtre, où on représente bien le service public, c’est important que les militaires prennent convenablement en compte les personnes. »

4 Avec 72 accidents et 9 morts sur les routes du Cantal en 2015, Emmanuel Guillou estime que « le bilan est intéressant, au contraire du reste de la région ». « Il va falloir confirmer cette année, avec la volonté de réprimer le haut du spectre. » Et le patron des gendarmes de citer les gros excès de vitesse et les alcoolémies du week-end du 9-10 avril : 147 km\h au lieu de 90 à Naucelles, 2,06 g d’alcool en milieu d’après-midi au Rouget. « Nous allons surtout rechercher les infractions graves, génératrices d’accidents. Nous essayons de toucher une population qui n’est plus sensible aux actions de prévention. »

5 Emmanuel Guillou fait actuellement le tour des quarante unités de gendarmerie du département. « Le lien avec la population est bien maintenu dans le Cantal, souligne-t-il. Nous avons des contacts intéressants et les gendarmes sont respectés. C’est à nous de maintenir ce lien, d’être une force de proximité. »

Source : La Montagne

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