Un Gendarme s’immole par le feu

Souvenez vous !

Le 18 avril 2014 devant le tribunal de Belfort un gendarme tentait de mettre fin à ses jours en s’immolant par le feu. Il est sauvé par l’intervention rapide de témoins et l’arrivée rapide des secours.

Armée-Média et Profession Gendarme s’étaient fait l’écho de ce drame ICI, puis ICI et ICI.

Ce gendarme est Marc Molinier, adjudant de gendarmerie, 25 ans de service. Il est très gravement brulé au 3ème degré sur certaines parties du corps.

Aujourd’hui Marc est sorti de l’hôpital mais doit suivre des soins et une longue rééducation. Il sera blessé physiquement à vie.

L’Association Professionnelle Gendarmerie à pu le contacter et sa compagne, Karine HANTZBERG, nous fait partager un courrier qu’elle a adressé au Directeur Général de la Gendarmerie ainsi qu’à Messieurs les ministres de la Défense et de l’Intérieur.

Souhaitons que Karine HANTZBERG obtienne des réponses à ses questionnements.

 Photo-Marc-Molinier

 Marc Molinier

Monsieur le Directeur de la Gendarmerie Nationale,

Monsieur le Ministre de la Défense,

Monsieur le Ministre de l’intérieur,

Je m’appelle Karine HANTZBERG, je suis la compagne de l’adjudant MARC MOLINIER depuis 21 ans. De notre union est né notre fils Lucas âgé de 11 ans.

Comme vous devez le savoir, mon concubin a été mis en cause dans une affaire de vol de fret. Ces faits auraient eu lieu le 27 mars 2012 et ont été rapportés mystérieusement par la gendarme adjointe volontaire HERNICOT lors d’une soirée dans le groupement de Haute Saône.

Ces accusations une fois dénoncées ont été rapportées aux plus hautes autorités Gendarmerie de la Région ce qui est tout à fait normal.

Au mois d’octobre 2012, Marc a été convoqué avec plusieurs autres personnels de l’unité dans les locaux de la section de recherche de Besançon. Après plusieurs heures d’auditions cet épisode a connu une issue tragique. En effet, mon concubin n’a absolument pas compris comment il pouvait être mis en cause sur les déclarations d’une gendarme adjointe pour des faits qu’il a toujours niés.

Enquêteur chevronné, reconnu et apprécié par le parquet de Belfort, il s’est retrouvé dans une situation qu’il n’a pu gérer car affaibli par une maladie qui jusqu’à ce jour n’avait pas été diagnostiquée.

Placé en garde à vue après une brève hospitalisation mon concubin a toujours dit et répété comme lors de sa première audition qu’il était innocent des faits de vols qui lui était reproché. Néanmoins, une instruction a été ouverte le 14 novembre 2012 qui à ce jour n’a pas porté ses fruits…

Pour autant, à compter du 28 janvier 2013, mon concubin a perdu une partie de son salaire, puis de nouveau en juillet 2013, un autre réajustement a été effectué. De ce fait, interdit d’exercer ses fonctions de gendarme par la juge d’instruction, son salaire était de 1010 Euros mensuel. Mon mari a voulu se défendre de ces accusations mensongères, il a donc toujours refusé l’idée de quitter volontairement l’institution qu’il servait. De par son statut, il ne pouvait pas non plus exercer un autre emploi, malgré sa perte de salaire.

Faisant face à ces difficultés, un autre coup à notre moral, en date du 27 juillet 2013, à savoir un conseil d’enquête ouvert au sein de la Gendarmerie.

A nouveau nous avons fait face avec force et conviction, persuadé que justice allait être faite.

Une décision de radiation était rendue le 31 mars 2014 et notifiée le 1er avril.

Le 18 avril 2014 alors que je rentrais du travail avec mon fils Lucas, j’ai immédiatement remarqué le désordre régnant dans notre appartement mais surtout,une décision administrative émanant de Besançon qui rejetait notre référé et nous déboutait de ce fait de notre requête.

 Ce fut trop, et Marc en est arrivé à ce geste tragique nous plongeant dans un désarroi total alors qu’aucune décision de justice ne fut rendue.

De cet imbroglio je me pose certaines questions auxquelles j’espère vous pourrez répondre et ce en respectant le secret de l’instruction, (bien que la fin de l’instruction nous a été notifiée le 18 décembre 2013 sans décision rendue de la juge d’instruction…)

Comment se fait il que sur une simple dénonciation émanant d’une gendarme adjointe volontaire, aidée dans son rapport (dicté ?) par un officier du groupement de Belfort (OAPJ), ces propos ont pu être pris en considération alors qu’aucune enquête sérieuse préalable n’avait été effectuée ? (Cette GAV était très aigrie et avait des ressentis nauséabonds quant à l’institution proprement dite, c’est ce qui résulte de ses écrits ).

Convoqué par la section de recherches de Besançon, mon concubin a été auditionné durant plusieurs heures avec son ceinturon et son arme de service alors qu’il était mis en cause dans une affaire de vol. Comment ces faits ont-il pu se produire?

Comment ces faits ont-ils pu se produire alors que ces mêmes officiers de la section de recherche ont été avertis dès le matin qu’il était plus qu’inopportun de convoquer mon mari avec son arme de service? C’est même une des questions principales que se sont posés les enquêteurs de l’inspection Technique lors de leur venue à Belfort.

Quid des responsabilités ? Quid des sanctions ?

Cette grave faute professionnelle a conduit à ce que mon concubin tente de mettre fin à ses jours lorsqu’on lui a notifié son placement en garde à vue pour des faits qu’il a toujours niés après une après-midi d’audition.

Comment se fait-il que mon concubin soit, au vu du malaise de ces officiers de la Section de Recherches, accusé en plus du vol d’un flacon de parfum, de violences volontaires envers un agent dépositaire de l’autorité publique dans l’exercice de ses fonctions par un agent dépositaire de l’autorité publique dans l’exercice de ses fonction parce qu’il a tenté de mettre fin à ses jours avec son arme de service ?

C’était à priori plus important pour ces officiers de sauver leur carrière professionnelle que de reconnaître leurs erreurs plutôt que d’aider mon concubindans ce moment difficile ?

Une personne qui est désespérée et qui tente de mettre fin à ses jours ne mérite-t elle pas qu’on l’aide plutôt que de l’enfoncer ?

 Comment se fait-il que le compte-rendu de la gendarme adjoint volontaire HERNICOT (aidée par l’OAPJ dans sa rédaction, fait avéré), fasse que mon concubin soit rayé des cadres au bout de presque deux ans d’attente sans qu’une décision de justice ne soit encore à ce jour rendue ?

Marc a été mis au rebut pendant presque deux ans pour des faits qu’il a toujours nié et qui n’ont à ce jour toujours pas été prouvés.

Il a tenté de mettre fin à ses jours, on l’accuse de violences…

Qui l’accuse ? L’officier de la SR chargé de cette enquête et qui n’a pas voulu écouter ses pairs au sujet de son arme de service… Comble de tout, il se porte partie civile, cet officier, sensé être un homme d’honneur, peut-il encore se regarder dans une glace et se faire saluer ?

Interdit d’exercer son emploi, interdit d’exercer un autre emploi, dépouillé de la moitié de son salaire, il sert d’exemple en Franche-Comté. Pourquoi ? Pour que d’autres faits passent inaperçus ?

Mon concubin, le père de mon enfant, poussé à bout ne s ‘est pas pendu au fond d’une grange, il a voulu mettre fin à ses jours en laissant un message, en marquant les esprits sur ces injustices qui détruisent une famille et une vie, il s’est immolé devant le Tribunal correctionnel de Belfort, en expliquant les raisons de son geste à son avocat par SMS juste avant de passer à l’acte.

Il n’y a aucun problème familial dans notre cas, juste des injustices, des sournoiseries, des conflits d’intérêts et de graves dysfonctionnements.

Voilà Monsieur le Directeur, Messieurs les Ministres, les questions que je me pose depuis des mois, et auxquelles j’espère que vous saurez apporter des réponses.

Je vous remercie du temps que vous avez bien voulu me consacrer, veuillez agréer, Monsieur le Directeur de la Gendarmerie, Monsieur le Ministre de la Défense, Monsieur le Ministre de l’intérieur, mes salutations distinguées.

Karine HANTZBERG

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