«Un bicot ça ne nage pas» : deux policiers des Hauts-de-Seine suspendus après les propos racistes

Mis en cause lors d’une interpellation filmée par un habitant de l’Ile-Saint-Denis dans la nuit de samedi à dimanche, les deux fonctionnaires se sont dénoncés. Ils sont suspendus administrativement tandis qu’une enquête de l’IGPN se poursuit.

Il ne se sera pas écoulé 24 heures entre la mise en ligne d’ une vidéo révélant des propos racistes tenus lors d’une intervention policière, dans la nuit de samedi à dimanche à l’Île-Saint-Denis, et les aveux de deux fonctionnaires.

Ce lundi après-midi, le préfet de police de Paris Didier Lallement a demandé la suspension administrative de ces deux agents, rattachés à la direction de la sécurité publique territoriale des Hauts-de-Seine, après qu’ils ont reconnu un peu plus tôt les propos que l’on entend dans la vidéo.

Avec l’accord du Ministre de l’Intérieur, le préfet de Police Didier Lallement a demandé au Directeur Général de @PoliceNationale la suspension des deux policiers mis en cause dans la tenue de propos racistes entendus dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux le 26 avril. pic.twitter.com/nvyn5LrmzS

— Préfecture de Police (@prefpolice) April 27, 2020

Sur le film, qui dure un peu moins de 3 minutes, on voit l’un des policiers lancer : « Il ne sait pas nager, un bicot ça ne nage pas ». Un rire lui répond, puis un autre réplique : « Ça coule, tu aurais dû lui accrocher un boulet au pied. »

L’homme interpellé, dont on n’aperçoit que la silhouette, disparaît ensuite derrière un fourgon de police, encadré par plusieurs policiers. On peut supposer, au bruit des portières, qu’il monte à l’intérieur. Puis on entend des cris apeurés, des bruits sourds, ainsi que les rires des policiers.

Une enquête ouverte par le parquet de Nanterre

Dès dimanche soir, la préfecture de police de Paris avait réagi en saisissant l’IGPN pour faire toute la lumière « sur les circonstances dans lesquelles les policiers sont intervenus et déterminer l’identité des auteurs des propos entendus ». De son côté, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, dans un tweet posté dans la nuit, entendait rappeler que « le racisme n’a pas sa place dans la police républicaine ».

Une vidéo montrant une intervention de police dans le secteur de l’Île-Saint-Denis suscite une indignation légitime.
Toute la lumière sera faite. L’IGPN est saisie.
Le racisme n’a pas sa place dans la police républicaine.

— Christophe Castaner (@CCastaner) April 26, 2020

Et ce lundi, le parquet de Nanterre a également décidé de saisir l’IGPN « d’une enquête judiciaire pour injures à caractère raciste et violences par personne dépositaire de l’autorité publique ».

De son côté, SOS Racisme a annoncé le dépôt d’une plainte devant le parquet de Bobigny. Une autre plainte « contre X pour violences volontaires en réunion, par personnes dépositaires de l’autorité publique, à raison de l’appartenance ethnique ou religieuse de la victime » a également été déposée par l’avocat Arié Alimi pour le compte de la Ligue des droits de l’Homme.

Source : Le Parisien

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