Un ancien gendarme réserviste jugé pour les meurtres sordides de deux femmes

AbdelKader Amrani est jugé à partir de jeudi par les meurtres de Marina Campi et Henriette Bernardi

AbdelKader Amrani est jugé à partir de jeudi par les meurtres…
Photo Dominique Leriche

Un ancien gendarme réserviste est jugé à partir de jeudi par la cour d’assises d’Aix-en-Provence pour les meurtres de deux femmes, en 2006 et en 2012 à Marseille. Il avait été interpellé dans le Var, à son domicile de Rians.

Abdelkader Amrani, 45 ans, sera jugé à partir de jeudi aux assises d’Aix, pour un double meurtre commis à six ans d’intervalle à Marseille.

L’homme, fonctionnaire de la Ville de Marseille et réserviste de la gendarmerie, est incarcéré en détention préventive depuis quatre ans. Soupçonné du meurtre sordide d’une sexagénaire, il avait été interpellé en octobre 2012 à son domicile de Rians, où il menait a priori une vie rangée avec sa femme et ses deux enfants.

Elle rencontre “Cruchot” sur un site internet

L’affaire remonte au 29 juin 2012. Le corps de Marina Campi, 62 ans, est découvert dans son appartement de la cité phocéenne où elle vit seule.

La sexagénaire est nue, veines tailladées, un sac plastique sur la tête et le cordon de son sèche-cheveux autour du cou. L’autopsie révèle une mort par asphyxie, mais ne confirme pas l’existence d’un viol. A son domicile, un ordinateur et un téléphone portable ont disparu mais aucune trace d’effraction n’est relevée.

Les enquêteurs établissent qu’une dizaine de jours plus tôt, Marina Campi avait surfé sur un site de rencontres, où elle discutait avec un certain “Cruchot”. La conversation, tendancieuse, se concluait par un rendez-vous fixé quelques jours plus tard, jour de la mort de la victime.

C’est en fait Abdelkader Amrani, inconnu des services de police, qui se cache derrière ce pseudo.

Interpellé à Rians, l’homme est placé en garde à vue. Son ADN correspond à des traces relevées sur la culotte, le lit, et sous les ongles de la victime.

Son ADN “matche” avec une deuxième victime

Abdelkader Amrani, qui affirme que le rendez-vous avait été annulé et nie le meurtre, est mis en examen et incarcéré.

Quelques jours plus tard, son ADN permet de faire le lien avec une trace partielle retrouvée sous les ongles d’une autre victime, découverte à son domicile marseillais en avril 2006, six ans plus tôt. Une victime découverte deux mois après sa mort.

Elle aussi est une femme d’âge mûr (68 ans), morte par asphyxie, et aucune trace d’effraction n’est retrouvée à son domicile. Abdelkadel Amrani continue de nier et fournit une explication: il a rencontré Henriette Bernardi lorsqu’il effectuait une mission d’agent recenseur.

Son avocat invoque un concours de circonstances, rappelant que l’ADN du gendarme réserviste n’a pas été retrouvé sur le câble du sèche-cheveux, le sac plastique ou encore le câble de l’ordinateur volé chez Marina Campi, et qu’aucune trace de viol n’a été relevée. Alors que des milliers de recherches pornographiques figuraient sur l’ordinateur du mis en cause, sa défense met en avant les problèmes de couple du quadragénaire.

Sa femme, elle, le décrit comme un menteur pathologique qui peut se montrer violent.

Abdelkader Amrani risque 30 ans de réclusion criminelle.

Source : Var Matin

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